INTERVIEW, LOUIS SAHA (EX-MAN UTD) : « C’est un nouveau Manchester qui se construit…»

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Très disponible, Louis Saha a fait la joie de nos footballeurs en herbe samedi.

Très disponible, Louis Saha a fait la joie de nos footballeurs en herbe samedi.

Ex-attaquant de Manchester United, entre autres, Louis Saha (invité par la MPFL), s’est reconverti dans une cause qui lui tient à cœur : aider et encadrer les sportifs de haut niveau avec son organisation AXIS STARS. Un sens de l’altruisme qui se reflétait dans son discours et ses gestes samedi après-midi, lors des échanges qu’il a eu avec de jeunes footballeurs, sur le terrain de Plaisance. Une générosité à toute épreuve qu’il partagera aux Mauriciens qu’il va rencontrer pendant son séjour. L’occasion était trop tentante pour ne pas se pencher sur l’actu des Red Devils…
 
Louis Saha quel bon vent vous amène à Maurice ?
- Je suis là pour plein de choses. On m’a invité dans le cadre de la professionalisation du football chez vous, pour voir un peu les installations, la jeunesse, la passion, le désir d’évoluer dans le sport, car le football est un sport collectif avec un maximum de valeurs. Je sais que c’est une île qui avait beaucoup de talents avant et ça s’est un peu perdu, donc on va voir un peu avec nos petits moyens comment ramener un peut de 'boost'.
 
Vous êtes donc là pour aider.
- Aider oui, notamment en essayant de ramener cette émotion et ces souvenirs d’exploits collectifs, parler de ce que j’ai pu vivre dans mes périodes en Angleterre (Ndlr : il a évolué à Fulham, Newcastle et Manchester Utd entre autres) pendant ma carrière professionnelle. Et aussi avec mon projet, ma plateforme (AXIS STARS) qui permet de protéger un peu les sportifs de haut niveau en règle générale. Les amener à comprendre qu'il faut avoir énormément de responsabilités et de conscience de la rigueur qu’il faut avoir en sport.
 
Surtout que dans le football on a beaucoup de carrières éphémères, des blessures, de contrats qui se passent mal…
- Voilà c’est un peut tout ça. On s’occupe de A à Z de tous les éléments requis pour faire les bons choix. Avoir les bonnes personnes en face. Essayer de les protéger et de leurs donner des conseils non intéressés. On essaie de mettre les sportifs de haut niveau ensemble de façon à ce qu’ils se concertent et puissent éclaircir le chemin des plus jeunes.

« Schweinsteiger le nouveau Scholes »

Vous quittez la canicule niçoise pour le crachin mauricien. Bizarrement, il ne pleuvait pas avant votre arrivée ce matin…
- C’est typique ça de remettre la faute sur les autres ! (rires) C’est vrai qu’il faisait très chaud sur la Cote d’Azur mais j’étais déjà venu ici il y a 12 ans et même s’il ne fait pas très beau aujourd’hui c’est un pays exceptionnel.
 
Parlons du mercato, ça s’agitait plus à Liverpool qu’à Manchester Utd jusqu’à aujourd’hui…
- Je n’ai pas suivi exactement ce qui se passe. Ca bouge beaucoup. Il y a beaucoup de rumeurs dans ces périodes là. Ca accélère dans le mois d’août pour être prêt avant que la saison démarre. On va certainement voir beaucoup de mouvements dans les prochaines semaines. On entend beaucoup de choses. Il y a des clubs qui veulent se renforcer, d’autre qui veulent dégraisser. Normal…
 
Les fans de Manchester Utd disent que vous portez chance parce que Bastian Schweinsteiger a été annoncée quelques heures après votre arrivée ce samedi matin !
- Ce serait génial. C’est vraiment un super joueur. Avec beaucoup d’expérience, beaucoup de qualités mentales. Et c’est ce dont a besoin aujourd’hui le milieu de Manchester, d’avoir des repères au milieu et le lien entre la défense et l’attaque. Ce rôle là manquait. On retrouve un peu le rôle d’un Paul Scholes qui nous faisait un peu défaut. Ce serait une très belle signature (Ndlr : le champion du monde allemand n’avait pas encore signé à MU au moment de cet entretien samedi après-midi).
 
L’équipe de stars de Louis van Gaal n’a pas vraiment fonctionné la saison dernière. Qu’est-ce qui a cloché ?
- Je pense que c’était une saison de transition. On débutait avec un coach qui ne connaissait pas le championnat, qui ne connaissait pas trop les joueurs et ne commençait pas avec de bons résultats. Tous ces éléments là ont été difficiles à gérer, mais du moment ou on a la qualité dans un groupe et qu’on arrive à travailler des bases solides on a vu une équipe plus cohérente au fil des semaines. Peut être moins flamboyante qu’on l’a connu lors des précédentes saisons, mais c’est un Manchester qui se construit et qu’on espère voir la saison prochaine avec de la Champion’s League. C’est vrai que la saison écoulée était un petit peu compliquée car il n’y avait pas de matchs européens, et tout ça ce sont des repères qui manquent dans un grand club.
 
L’attaque de United va considérablement changer avec les départs de Falcao et Van Persie, et peut être aussi de Di Maria. Vous qui avez joué avec Wayne Rooney ou devrait-il être positionné au sein de l’équipe ?
- Ouai, selon le dispositif tactique de Louis van Gaal, Rooney a dû s’adapter. Il y avait des profils un petit peu particulier à gérer, entre un Van Persie qui n’est pas vraiment un n°9, Falcao qui a besoin d’une équipe qui va jouer pour lui et un Wayne Rooney qui est capable de faire un peut tout très bien : c’est compliqué. Le problème c’est que la passion de Rooney l’a emmené un peu partout sur le terrain, d’où la difficulté du coach, avec aussi un Di Maria un peu en recherche de sa forme vers la deuxième partie de championnat. Heureusement qu’on a eu un grand Fellaini, qui a été le point d’encrage et a permis à cette équipe d’être solide.

« A l’Euro 2016, la France reste fragile, sans grandes stars »

L’année prochaine l’Euro 2016 se déroulera en France. Est-ce que vous voyez les Bleus aller au bout de l’aventure ?
- J’espère ! Mais ça reste une équipe fragile, sans grandes stars qui sont des repères comme on avait pu en avoir dans les autres générations. Il y a la qualité. On est chez soi et on peut bénéficier de cet avantage on va dire…
 
A l’heure ou le football vit des heures sombres avec les scandales à la FIFA, on vous a vu échanger des sourires avec les enfants aujourd’hui. C’est ça le message que vous voulez transmettre ?
- Oui c’est exactement ça. Nous on essaye de les protéger, que ce soit la jeunesse, que ce soit les professionnels, afin qu’ils véhiculent les bons messages, les bonnes valeurs, et j’essaie de faire comprendre que les sportifs de haut niveau ont un énorme pouvoir, que ce soit politique ou social. On essaie de faire en sorte que ces joueurs professionnels donnent l’exemple du mieux possible et que la FIFA rectifie le tir.
 
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