Sham Mathura, directeur de Business Solutions Professionals Ltd: De «constable» à comptable !

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Certaines personnes obtiennent tout sur un plateau. D’autres, à l’instar de Sham Mathura, triment pour ne pas laisser passer leur chance. Son sens de l’exigence a permis à ce police constable de devenir comptable et directeur de Business Solutions Professionals Ltd.
 
Et de trois campus pour Sham Mathura, deux dans des locaux loués à Ébène et Curepipe, le dernier inauguré le 1er juillet et situé dans le bâtiment de six étages qu’il vient d’acquérir à la rue sir Virgil Naz à Port-Louis. «L’idée était de regrouper la firme comptable, l’audit, le journal des petites et moyennes Entreprises, l’agence d’assurance et le campus sous un seul toit», explique cet homme de 48 ans, originaire de Baie-du-Tombeau.
 
Sham Mathura connaît bien la signification du verbe «trimer. Ses parents aussi. Sa mère est femme de ménage et vend des gâteaux. Son père, orphelin dès l’âge de 12 ans, est laveur de voitures à la place d’Armes puis est recruté comme chauffeur de feu sir Harilall Vaghjee, ancien Speaker de l’Assemblée nationale.
 
Très tôt, Sham Mathura montre des dispositions pour les études. Alors qu’il est en Form V, son père meurt subitement. Sa mère n’ayant pas de grands moyens, il se sacrifie et va travailler les deux premiers trimestres. Lorsqu’il essaie de reprendre sa scolarité, on l’informe que son nom a été rayé du registre.
 
Il fréquente un collège privé de Montagne Longue. Ses résultats sont excellents et lui permettent d’entrer en FormVI au Collège Sharma Jugdambi de Goodlands. Trois mois avant de prendre part à l’examen final, il postule pour intégrer la police et est recruté comme Trainee. Il obtient une dérogation pour pouvoir étudier tous les jours jusqu’à minuit à condition qu’il soit debout comme les autres à cinq heures du matin. Ses résultats tombent et il décroche la distinction en comptabilité.
 
Il reste dans la police et s’applique, tout en suivant un cours d’informatique et en apprenant la comptabilité à partir de manuels de l’Association of Chartered Certified Accountants (ACCA) achetés à prix réduits. Il réussit les deux premiers papiers. «La police m’a inculqué la rigueur. Je suis toujours ponctuel, rasé de près. Mes chaussures sont toujours propres.»
 
Au bout de trois ans, il prend part à l’examen pour devenir sergent. Et là, il a le goût amer de l’échec. Qu’importe. Il démissionne et part terminer son ACCA à Londres. Débarquant avec seulement Rs 100 000 en poche, il se fait admettre au prestigieux Emile Woolf College of Accountancy. Pour pouvoir survivre à Londres, il exerce plusieurs petits boulots, ne regardant que la finalité des choses, c’est-à-dire devenir comptable. C’est le cas au bout de trois ans. La pratique, il l’acquiert chez RJ Parekh and Co.
 
De retour à Maurice en 1997, il travaille d’abord comme comptable dans le département des services à Happy World Marketing. Puis, il croit trouver son bonheur comme contrôleur financier à l’hôtel Merville. Son supérieur est un Ecossais qui se croit supérieur aux autres. Un congé de trois jours pour qu’il assiste à l’accouchement de son premier enfant lui est refusé et c’est sans appel. Il quitte l’établissement.
 
Persuadé il faut changer de domaine d’activité, il se fait embaucher successivement dans deux boîtes où il apprécie les responsabilités qui lui sont confiées, à savoir Dalais Building and Civil Engineering et Independant Spinning Mills. La crise dans le textile lui fait mettre les voiles et aller travailler pour le groupe Currimjee où il est le seul contrôleur financier à traiter directement avec le Managing Director. En 2011, il peut enfin voler de ses propres ailes et ouvre Business Solutions Professionals Ltd, firme comptable, dont le siège est dans son garage.
 
Les petites et moyennes entreprises (PME) l’intéressent car il a vu à quel point elles ont un savoir-faire mais pas la maîtrise de la gestion. Sa participation à une foire des PME lui apporte une vingtaine de clients. Son approche est celle de la proximité. Il se rend sur place, observe le fonctionnement de la petite entreprise et rédige un rapport sur la façon de réorienter le business. Au bout de six mois, il a une centaine de clients et peut ouvrir son premier bureau de comptabilité à Stratton Court à Port-Louis.
 
Les affaires prenant, il déménage à la rue Edith Cavell, puis au Cathedral Square. C’est le personnel qu’il a formé qui lui donne l’idée de proposer des cours d’ACCA. Et cela lui réussit. Aujourd’hui, il dispose désormais de trois campus. A ce jour, la BSP School a formé plus de 500 comptables.
 
Sham Mathura caresse plusieurs projets pour Maurice. Il projette de lancer un cours qui pourrait transformer les recalés de FormV et VI en éventuels comptables et entrepreneurs et de lancer un nouveau cours de l’Association of Accounting Technicians pour les petits entrepreneurs établis afin qu’ils puissent mettre leur business sur les rails. Et dans tout cela, Rodrigues n’a pas été oubliée. C’est ce qu’on appelle avoir le vent en poupe !
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