Le MSM craint-il une montée en force du PMSD ?

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Les leaders de l’alliance Lepep. C’est l’effervescence au sein de la coalition avec la démission de Pravind Jugnauth en tant que ministre des TIC.

Les leaders de l’alliance Lepep. C’est l’effervescence au sein de la coalition avec la démission de Pravind Jugnauth en tant que ministre des TIC.

«Au sein du cabinet, le MSM perd une voix. D’où la pression de certains pour que SAJ nomme un autre député du parti soleil pour remplacer, ne serait-ce que temporairement, Pravind Jugnauth.» C’est là une confidence faite par un ministre du gouvernement. Avec la condamnation du leader du MSM dans l’affaire Medpoint et la démission de ce dernier en tant que ministre de la Technologie, est-ce à dire que les différents partis au sein de l’alliance Lepep se livrent à une petite guéguerre de pouvoirs ?

Ils sont nombreux les autres ministres qui mettent surtout en avant «la cohésion de l’équipe gouvernementale. L’affaire Pravind Jugnauth est venue solidier davantage les liens entre les trois partenaires de l’alliance Lepep. D’ailleurs les dirigeants du PMSD et du ML ont été prompts à afcher leur solidarité vis-à-vis du leader du MSM». Mais, à vrai dire, la crainte, non affichée au Sun Trust, est une éventuelle montée en force du PMSD dont le leader pourrait profiter de l’absence de Pravind Jugnauth pour réclamer plus d’espace pour les Bleus.

C’est d’ailleurs dans cette optique que le PMSD a essayé (en vain) d’obtenir deux mairies après le 120-0 de l’alliance Lepep aux municipales. «On a vu venir le PMSD qui veut se distinguer du ML de Collendavelloo pour devenir le Senior Partner de l’alliance. Mais le MSM, qui compte 34 députés, n’est pas prêt à avoir un Senior Partner au sein de l’alliance», explique un proche du parti.

Du reste, c’est pour garder le PMSD et le ML sur un pied d’égalité que les dirigeants du MSM ont choisi d’accorder une mairie à chacun. Au cabinet, le parti de Duval a quatre ministres et celui de Collendavelloo trois, contre 17 pour le MSM. Si le PMSD est condamné à rester au sein de l’alliance Lepep, il devrait ne pas finir comme la grenouille qui essaie d’être aussi grosse que le bœuf – sinon c’est le parti lui-même qui va exploser, note un attaché de presse, qui a une longue pratique de la chose politique à Maurice.

En attendant, c’est le ML de Collendavelloo qui pourrait prendre le PMSD de vitesse. Le ML n’a jamais caché son ambition de recréer le MMM sans Paul Bérenger. Avec le Mouvement patriotique (MP) d’Alan Ganoo, qui compte cinq députés, Collendavelloo y voit la possibilité de rassembler, du moins en partie, les militants. Avec Ganoo, Collendavelloo peut être numériquement plus fort que le MMM du tandem Bérenger-Gunness (qui n’arrive pas à décoller) ainsi que le PMSD. Avec 12 députés, un hypothétique bloc ML-MP pourrait mieux négocier avec le MSM. Collendavelloo pourrait réclamer plus que le PMSD qui est connu pour son appétit pour les corps parapublics et les ambassades.

Le scénario le plus probable serait que le tandem Collendavelloo-Ganoo vienne épauler SAJ pour pallier l’absence de Pravind Jugnauth ; et du coup le PMSD sera relégué comme «petit parti» – une appellation qui n’est pas usurpée. Et bien évidemment, Xavier-Luc Duval émettra encore un communiqué pour dire qu’il se sent bien au sein du gouvernement. Ayant fait le va-et-vient entre Ramgoolam et Jugnauth, Duval est obligé de danser «to their tune».

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