A la tête du Kazakhstan depuis 1989, Nazarbaïev fête ses 75 ans

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Surnommé "papa" et officiellement appelé "Dirigeant de la nation", Nazarbaïev, qui était déjà aux commandes à la fin de l'ère soviétique, a prorogé en avril de cinq nouvelles années son règne entamé en 1989, "s'excusant" auprès de ses détracteurs d'avoir obtenu 97,7% des voix à une élection anticipée qui, selon les observateurs occidentaux, ne proposait aucune alternative réelle.
 
Cet ancien sidérurgiste, que la fonction présidentielle dote de pouvoirs étendus lui permettant de museler toute dissidence, se targue de maintenir la discipline et la stabilité dans son pays de 17,5 millions d'habitants, tout en mettant en oeuvre des réformes économiques.
 
Il justifie son autoritarisme en disant préserver l'intégrité d'un pays qui compte non seulement des Kazakhs mais une bonne proportion de Russes, sans oublier des Allemands de souche et des Tatars.
 
"Dites-moi, est-ce que quelqu'un, ici au Kazakhstan, souhaite voir se produire ce qui s'est passé en Ukraine ou en Géorgie, ou en Moldavie? Est-ce que quelqu'un veut de ça ici?", répondait-il à une question, dans un documentaire réalisé spécialement pour son anniversaire et diffusé le 1er juillet.
 
"Tous ces pays sont des républiques parlementaires", soulignait-il à propos des troubles qu'ils avaient connus.
 
La majeure partie des opposants sont derrière les barreaux ou ont fui à l'étranger, mais Nazarbaïev n'accorde guère d'attention aux ONG des droits de l'homme qui lui reprochent la répression et les atteintes à la liberté d'expression et de réunion.
 
Autorisé par la Constitution à se représenter autant de fois qu'il le souhaite, Nazarbaïev a dit qu'il formerait lui-même son successeur. Il n'a cependant pas indiqué de qui il pourrait s'agir, ce qui rend nerveux le monde des affaires, qui a investi plus de 200 milliards de dollars dans l'économie du pays, riche en pétrole, depuis l'indépendance.
 
Même s'il quitte officiellement un jour le devant de la scène, son statut de "Dirigeant de la nation" lui permettra quand même de jouer un rôle notable en coulisse.
 
"Nombreux sont ceux, dont des investisseurs, qui se disent: pourvu que ce système n'empire pas! Ils voient bien que ce système n'a rien d'idéal, mais au moins, il est stable", analyse un politologue kazakh, Dossim Satpaïev. 
 
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