Confrontés aux "vols de bébés", l'Inde veut réformer son système d'adoption

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L'adoption illégale prospère en Inde et le pays veut endiguer ce fléau. Dans les locaux désormais clos de l'agence d'adoption "Fastrack International" en périphérie de New Delhi, un bébé ou un enfant était vendu environ 8.000 dollars et aucune question n'était posée aux parents.

Une fois versés les fonds, les parents potentiels pouvaient passer en revue les enfants désemparés et les emmener le jour même, selon la police, qui a débarqué dans l'agence le mois dernier.

"Vous vouliez un enfant? Vous en aviez un aussitôt sur les genoux", explique à l'AFP un haut responsable de la police de New Delhi, Dependra Pathak, dont les équipes ont démantelé le réseau.

Un registre saisi pendant le raid révèle que 23 enfants ont été vendus en quelques mois et que 76 "transactions" étaient en cours, certaines impliquant des bébés kidnappés dans des hôpitaux avec la complicité de médecins ou d'infirmières.

En Inde, plus de 100.000 enfants sont portés disparus chaque année, soit 15 par heure, selon des chiffres officiels jugés sous-évalués par les ONG.

Si nombre d'entre eux sont abandonnés par leurs parents pauvres dans l'espoir de leur offrir une vie meilleure, d'autres sont volés dans les hôpitaux, les gares et les grandes villes.

Selon les experts, les parents adoptifs se tournent vers ce marché illégal en raison des délais d'adoption interminables, d'une administration trop précautionneuse et d'une législation très complexe, dans un pays connu pour sa bureaucratie envahissante.

L'Inde compte une centaine d'agences d'adoption dûment enregistrées.

Mais "pourquoi attendre deux ans pour un bébé quand vous pouvez en obtenir un directement en versant de l'argent?", relève Lorraine Campos, directrice adjointe de Palna, l'une des plus anciennes agences d'adoption de Delhi, qui gère également un orphelinat.

"Les criminels ont vu qu'ils pouvaient profiter des émotions des gens. Et ils ont des complicités au sein de l'administration", dit-elle.

Elle dit avoir constaté une baisse du nombre de bébés abandonnés déposés chez Palna, qui s'occupe de 70 enfants et est reconnue par le gouvernement, et craint que les réseaux aient pu étendre leur emprise.

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