Sambo: une française d’origine mauricienne aux jeux européens à Bakou

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Estelle Friquin affirme qu’elle combattra pour son petit-ami, Valentin Jourdan. Habitué de l’équipe de France, ce dernier n’a pas été sélectionné pour cette compétition.

Estelle Friquin affirme qu’elle combattra pour son petit-ami, Valentin Jourdan. Habitué de l’équipe de France, ce dernier n’a pas été sélectionné pour cette compétition. 

Avec ses copines de l’équipe de France, Titi Sicré et Sarah Loko, Estelle Friquin est comme une lionne en cage, pressée d’entrer en compétition. Rivée sur son objectif : briller aux premiers Jeux d’Europe et tenter de ramener une médaille pour la France et son pays d’origine, l’île Maurice.
 
Même si Bakou (en Azerbaïdjan), qui organise ces «Jeux olympiques version européenne», est une destination insolite, Estelle et ses amies ne sont pas là pour faire du tourisme. Après des mois de préparation, cette compétition peut être le sommet de leur carrière.

Faire connaître le sambo

C’est aussi l’occasion de faire connaître leur sport : le sambo. Cet art martial russe, créé dans les années 1920, est avant tout une technique d’autodéfense. Il s’agit en quelque sorte d’un mélange de judo et de lutte. 
 
 
Dans ces Jeux européens, qui sont une version mini-format des JO réunissant 20 disciplines, le sambo n’est évidemment pas le plus connu des sports. Mais si ses représentants font briller la France, ils auront réussi leur pari.

Le judo à 4 ans

Et à ce titre, Estelle Friquin, qui vient d’avoir 25 ans, est déjà une bonne ambassadrice. Elle a terminé 3e au tournoi international de Moscou en mars dernier, apportant sa première médaille à la France dans un tournoi de niveau mondial.
 
D’où son enthousiasme lorsque nous l’avons contactée cette semaine avant son départ pour Bakou : «Pour moi, cette première édition des Jeux européens est l’événement sportif le plus important de ma carrière. Remporter une médaille est mon objectif, écrire une page dans l’histoire du sport pour cette première édition est un rêve.»
 
 
Née à Vienne, dans l’Isère, ou elle a vécu avec sa maman Jocelyne jusqu’à ses 18 ans, Estelle Friquin a débuté le judo à 4 ans pour faire comme son frère aîné, Olivier, au début. Et à force de visiter les tatamis, elle s’est prise au jeu. Puis, elle a opté pour le sambo sportif qui est plus spectaculaire et lui correspond mieux. 

Préparation physique de haut niveau

En 10 ans de carrière, Estelle, qui vit à Villeurbanne (près de Lyon), a acquis un joli palmarès : championne de France seniors en 2011, 2014 et 2015, vice-championne de France en 2012, médaille de bronze aux championnats d’Europe à Bucarest en 2014 (le jour de son anniversaire) et, enfin, le bronze obtenu à la World Cup Kharlampiev en Russie, il y a trois mois. Après avoir dominé la scène nationale, la consécration internationale l’attend-elle à Bakou ?
 
Il faut dire qu’elle a mis les petits plats dans les grands pour être prête ce lundi 22 juin, grâce à son préparateur physique, Ludovic Perge. Ce dernier a posté cette semaine sur Facebook une photo d’Estelle en mode guerrière, à la musculature impressionnante.
 
«J’ai tout mis en œuvre pour tenter d’atteindre mon plus haut niveau : entraînement quotidien. Préparation physique et mentale, diététique, kinésithérapie, etc., étaient de rigueur», relate-t-elle. «Hâte d’être au Jour J pour essayer de représenter au mieux ma famille, mon club, la France et mon île !»

Estelle se battra pour Valentin

Sa famille, justement, la soutient à fond, de sa cousine Véronique à maman Jocelyne, en passant par tous les proches de la famille Friquin. Le tout sous l’oeil de son petit ami, Valentin Jourdan, qui est également en équipe de France (-90 kg), et dont elle partage la vie depuis 7 ans. 
 
«On partage la même passion pour le judo et le Sambo», explique Estelle. «On partage la plupart des sélections internationales ensemble mais malheureusement, il n’a pas eu la sienne sur cet événement.» Une motivation supplémentaire pour notre compatriote, qui dit qu’elle combattra pour deux à Bakou…
 
Et que compte-elle faire après les Jeux ? Figurez-vous qu’Estelle est aussi une élève studieuse. En dernière année d’école d’ingénieur par alternance à l’Institut Textile et Chimique de Lyon (ITECH) elle travaille en tant qu’apprentie ingénieure à Toray Films Europe et doit être diplômée en septembre de cette année. 
 
On ne peut que souhaiter bon vent à cette jeune sportive épanouie qui a toujours une petite pensée pour son île lointaine. Les combats sont à suivre sur L’Equipe21 ce lundi 22 juin…
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