Abus sexuels sur mineurs: La Sentinelle lance une campagne pour la protection des enfants

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445 cas d’agressions sexuelles contre des enfants ont été rapportés l’année dernière.

445 cas d’agressions sexuelles contre des enfants ont été rapportés l’année dernière.

Sujet tabou, les agressions sexuelles sur des mineurs gangrènent pourtant la société mauricienne depuis des années. Pour lutter contre ces atrocités, La Sentinelle, en collaboration avec le ministère de l’Egalité des genres, lancera, à partir du 25 juin, une vaste campagne contre la violence sexuelle faite aux enfants.

Celle-ci comprendra trois volets, a expliqué Denis Ithier, directeur général de La Sentinelle, lors d’une rencontre avec la presse à ce sujet le vendredi 19 juin. Il s’agira de sensibiliser le public à travers des panneaux publicitaires, les médias et Internet. Les journalistes seront ensuite formés au traitement des faits divers relatant des cas de pédophilie. Enfin, des brochures informatives seront circulées sur l’éducation sexuelle, entre autres.

Tous les milieux sociaux sont touchés

La formation des journalistes sera assurée par Mélanie Vigier de la Tour-Bérenger, psychosociologue et directrice de l’association Pédostop. Le but sera, entre autres, d’éviter de faire souffrir davantage les familles touchées en relayant avec force détails les circonstances des agressions.

Présente à la conférence de presse, Mélanie Vigier de La Tour-Bérenger a rappelé que tous les milieux sociaux sont concernés par ce problème. «Dans plus de 90% des cas, c’est un proche de la famille qui est l’agresseur», a-t-elle souligné. De plus, a précisé la psychosociologue, un grand nombre de cas ne sont jamais rapportés à cause de tabous, de la pression sociale ou familiale, voire de menaces de la part de l’agresseur.

«Décoder les signes»

Cependant, certains signes permettent de reconnaître un enfant qui a été victime de violences sexuelles. C’est d’ailleurs là un des principaux volets de la campagne de sensibilisation. Par exemple, les victimes peuvent se mettre à agresser d’autres enfants, à se comporter de manière inhabituelle ou encore à dessiner des scènes d’agressions.

«L’année dernière, 445 cas ont été rapportés», a indiqué Mélanie Vigier de La Tour-Bérenger. Celle-ci a affirmé qu’il ne faut jamais mettre en doute la parole d’un enfant qui rapporte avoir été agressé. Les enfants n’ont pas suffisamment de maturité pour inventer de telles histoires, a avancé la psychosociologue.

«Il est très important de décoder les signes de détresse», a confirmé Aurore Perraud, ministre de l’Egalité des genres. Selon elle, il ne faut pas «isoler cette campagne du reste des actions du ministère» dans ce domaine. «Tout ce qui concerne les enfants, c’est l’affaire de tous», a fait valoir la ministre.


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