La Turquie dans l'incertitude après les législatives

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La Turquie pourrait retourner aux urnes dès cette année après le revers infligé au Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdogan, qui a perdu dimanche sa majorité absolue au Parlement et voit s'estomper ses ambitions de présidentialisation des institutions.

Le parti islamo-conservateur, au pouvoir depuis treize ans, est certes arrivé en tête, mais avec 40,9% des voix, selon les projections diffusées par la chaîne CNN Türk, il ne remporte que 258 des 550 sièges du Parlement, loin des 326 sièges de députés dont il disposait dans le Parlement sortant.

Ce résultat est un revers majeur pour Erdogan, qui s'était fortement impliqué dans la campagne pour tenter d'obtenir une majorité qualifiée d'au moins trois cinquièmes (330 élus) rendant possible la tenue d'un référendum constitutionnel - avec une majorité des deux tiers (367 élus), il aurait pu réformer les institutions sans consulter les électeurs.

Dans un communiqué, il a déclaré lundi qu'aucun parti n'avait remporté de mandat pour gouverner seul et a exhorté toutes les formations politiques à oeuvrer pour préserver la confiance et la stabilité de la Turquie.

"Je pense que ces résultats, qui ne donnent à aucun parti l'occasion de former un gouvernement de parti unique, seront évalués sainement et raisonnablement par tous les partis", dit-il.

"Dans la nouvelle période qui s'ouvre après ces élections, il est extrêmement important que les partis politiques fassent montre de la sensibilité et de la responsabilité nécessaires pour préserver l'environnement de stabilité et de confiance de notre nation et protéger nos acquis", ajoute-t-il.

Elu l'an dernier à la présidence après onze années passées à la tête du gouvernement, le chef de l'Etat, premier président turc élu au suffrage universel direct, entendait réformer les institutions pour renforcer ses prérogatives.

Son échec, qu'explique en grande partie l'émergence du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), a ébranlé les marchés financiers: la livre turque est tombée à un plus bas historique de 2,8 pour un dollar tandis que l'indice de la Bourse d'Istanbul a ouvert en recul de 8% et que les taux d'intérêt des emprunts à dix ans sont venus frôler les 10%.

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