Boxe : Jean-Claude Nagloo : « Grâce à ma famille, j’ai vécu ma passion à 100% »

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Jean-Claude Nagloo a été aux commandes de la sélection nationale de boxe de 1996 à 2013.

A 67 ans, Jean-Claude Nagloo est un retraité épanoui. Son contrat comme conseiller technique en boxe au ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) s’est terminé en mai. Pour le faiseur de champions, c’est une nouvelle page qui se tourne. Mais l’expert ne bat en retraite. Il est plus que jamais friand de nouvelles aventures. « D’ailleurs, dès dimanche 31 mai, on prend l’avion », lâche-t-il.  Destination : New-York. Jean-Claude Nagloo et son épouse, Liliane y retrouveront leur fils cadet, Ronnie et son épouse, Sharonne. « C’est un voyage qu’on avait planifié depuis longtemps », confie-t-il. 
 
Complices depuis 40 ans, Jean-Claude et Liliane Nagloo espèrent bien profiter de ce voyage. « Ce sera enfin les retrouvailles avec Ronnie », lâche Jean-Claude Nagloo avec les yeux qui pétillent.  Désormais, son temps c’est à sa femme âgée de 64 et ses deux fils, Kenny et Ronnie qu’il le consacrera. En effet, pendant une cinquantaine d’années, l’expert a toujours fait le grand écart pour vivre son amour pour la boxe. 
 
Aux commandes de la sélection nationale de boxe de 1996 à 2013, Jean-Claude Nagloo a été, souvent, absent du cocon familial. Aujourd’hui âgé de 33 ans, Kenny Nagloo se souvient encore des départs de son père. « J’étais toujours très triste de le voir partir. Je l’aidais à porter ses bagages jusqu’à la fourgonnette qui attendait à l'extérieur. En tant qu’aîné, je sentais que je devais m’occuper de maman et de mon petit frère. En quelque sorte, ça m’aidait à mûrir. Et avec le temps, ses voyages sont devenus une routine. Mais c’était toujours avec la même impatience que nous attendions son retour», se souvient-il. 
 
Kenny et Ronnie Nagloo ne peuvent pas imaginer la vie de leur père sans la boxe.  « Mon père a toujours été motivé par sa passion pour la boxe. Et nous aussi, nous voulions que la boxe mauricienne puisse briller », relate Ronnie Nagloo, 31 ans. Leur mère abonde dans ce sens : « En 1970, j’ai connu Jean-Claude alors qu’il était boxeur. Quand on s’est marié, je savais que la boxe allait toujours occuper une place importante dans notre vie », déclare-t-elle avec le sourire. 
 
Dans les propos des proches de l’ancien directeur technique, aucune once de regret. « C’est là le plus beau cadeau que la vie m’ait fait. J’ai eu la chance d’avoir une famille qui me comprenne et qui m’a aidé à vivre à 100% ma passion », dit Jean-Claude Nagloo. Au contraire les réussites de l’entraîneur sont une source de fierté indescriptible. « Son parcours est une inspiration pour moi. Il l’est aussi pour beaucoup d’autres », lâche Ronnie Nagloo. 
 
Son aîné estime avec raison qu’il a contribué à écrire les plus belles pages de l’histoire de la boxe mauricienne. « Il a un curriculum complet. Il a été brillant comme boxeur et comme entraîneur, il a aidé des boxeurs à s’affirmer à plusieurs niveaux sur la scène internationale. Et il a terminé sa carrière comme l’unique Mauricien à qui l’état a octroyé le titre de Directeur technique national. Il laisse derrière lui un héritage inestimable », commente Kenny, grand fan de Liverpool. 
 
Un héritage que Kenny Nagloo a peur de voir s’effriter. « La boxe mauricienne va mal. La fédération est dirigée par une bande d’amateurs qui manque de cohérence. Les plus expérimentés du comité, Rajiv Rajcoomar et Cassam Khadaroo sont aujourd’hui impuissants », commente-t-il. Pour Kenny Nagloo, son père avait encore à offrir à la boxe mauricienne. « Avec lui, la boxe mauricienne n’aurait pas eu besoin d’entraîneurs étrangers. C’est un entraîneur accompli et qualifié. Il a toujours servi son pays avec les honneurs », poursuit Kenny.
 
Ancien sergent au sein de la force policière, Jean-Claude Nagloo tire sa révérence avec le sentiment du devoir accompli. Pour certains de ses boxeurs comme Richarno Colin –médaillé d’or aux Jeux de la Francophonie en 2009 - il a été plus qu’un entraîneur. « Loin du ring, il a aussi été un guide pour moi. Il m’a formé en tant que boxeur et il m’a aussi aidé à me construire en tant qu’homme », lâche le boxeur. 
 
Et pour ses fils et son petit-fils, Jaylen Cais, c’est un héro. Généreux, affectueux, honnête, talentueux, bienveillant, laborieux sont les adjectifs qu’ils utilisent pour le décrire. « Il a toujours veillé à ce que nous manquions de rien », lâche Ronnie. Pour son épouse : « Jean-Claude est un vrai  papa-poule ».
 
Pour toute l’île Maurice, Jean-Claude Nagloo a été celui qui a révolutionné la boxe mauricienne. Après une quinzaine d’années à faire les beaux jours de la boxe sur le ring, c’est dans l’ombre au poste d’entraîneur qu’il a marqué l’histoire du sport national.  Pendant plus de trente ans, il a façonné nos champions. De Steeve Naraina à Kennedy St-Pierre en passant par Richard Sunee, Giovanni Frontin, Richarno Colin et Bruno Julie, tous ces grands champions ont été à l’école de Jean-Claude Nagloo. 
 
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