Purryag démissionne: «C’était convenu avec SAJ depuis janvier…»

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(Photo d’archives) Kailash Purryag a officiellement annoncé sa démission comme président de la République, le vendredi 29 mai.

(Photo d’archives) Kailash Purryag a officiellement annoncé sa démission comme président de la République, le vendredi 29 mai.

Le départ du locataire du Réduit était dans l’air depuis plusieurs semaines. Kailash Purryag a officiellement annoncé sa démission comme président de la République dans un communiqué émis par la State House cet après-midi, vendredi 29 mai.

Il y est indiqué qu’un «accord a été convenu le 29 janvier 2015 entre lui-même (NdlR Kailash Purryag) et le Premier ministre qu’il démissionnerait de son poste fin mai. Le président a honoré son engagement». Kailash Purryag a remis sa lettre à la Speaker de l’Assemblée nationale cet après-midi.

Attaques virulentes

Plusieurs ministres l’avaient publiquement invité à céder sa place à Ameenah Gurib-Fakim. Le n°4 du gouvernement, Ivan Collendavelloo – qui avait choisi la scientifique pour occuper le fauteuil présidentiel – a été celui qui a lancé les attaques les plus virulentes contre le président sortant.

Le leader du Muvman Liberater a notamment qualifié Kailash Purryag «d’appendice travailliste». Il a aussi souligné que l’alliance Lepep a la majorité nécessaire pour «faire partir» ce fidèle du PTr et de son leader, Navin Ramgoolam.

Renverser la vapeur

Il y a trois ans, en juillet 2012, Kailash Purryag était le Speaker de l’Assemblée nationale lorsque Navin Ramgoolam l’a invité à remplacer sir Anerood Jugnauth au château du Réduit. Trois mois plus tôt, celui-ci avait décidé de redescendre dans l’arène politique sur les conseils de Paul Bérenger : les deux s’étaient donné pour mission de «sauver le pays».

Aujourd’hui, certains voient dans la démission de Kailash Purryag une manœuvre de l’alliance Lepep en cette période de campagne pour les élections municipales. Alors que le gouvernement craignait de laisser des plumes dans deux des cinq villes à cause du mécontentement causé par la chute de la British American Investment, la nomination d’Ameenah Gurib-Fakim pourrait renverser la vapeur, de l’aveu même de l’opposition. Par la même occasion, l’alliance Lepep concrétisera une des promesses électorales faites pendant la campagne des législatives.

Quel avenir pour Kailash Purryag ?

Kailash Purryag redevenu un citoyen ordinaire, les spéculations vont bon train quant à son avenir. Il pourrait éventuellement reprendre les rênes du PTr. C’est en tout cas un scénario qui avait été envisagé en février, après que Navin Ramgoolam avait été arrêté pour blanchiment et entrave à la justice.

Homme de confiance du leader des rouges, le président sortant pourrait le remplacer. Il rendrait ensuite son fauteuil à Navin Ramgoolam quand l’ex-Premier ministre se serait refait une virginité. Cette tactique ferait taire certains lobbys qui sont montés au créneau lorsqu’Arvin Boolell a voulu accéder à ce poste.

Kailash Purryag pourrait également se retrouver aux Casernes centrales dans les semaines à venir. Il a un compte joint avec Navin Ramgoolam, d’après l’enquête du Central Criminal Investigation Department. Puisqu’il ne bénéficiera plus de l’immunité, il devrait être invité à s’expliquer dans le cadre de l’enquête contre l’ex-Premier ministre pour blanchiment.

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