Santé : La cigarette, tueuse silencieuse

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Dans le cadre de la journée mondiale sans tabac célébrée le 31 mai nous faisons le point sur les méfaits du tabac. Des cliniques de sevrage, mises en place par le ministère de la Santé, proposent des traitements médicamenteux et du «counselling».

«Selon des études, la prévalence de la consommation de cigarette est très forte à Maurice et ce, autant parmi les adultes que parmi les jeunes.» Vijay Mohee,président de l’association ViSa etdirecteur de l’African Tobacco ControlAlliance, organisme réunissant plus de140 ONG, a de quoi s’inquiéter.

D’ailleurs, une comparaison entre, d’une part, le sondage sur les Non-Communicable Diseases (NCD) entrepris par le ministère de la Santé en 2009 auprès des fumeurs réguliers adultes et d’autre part des chiffres du Global Youth Tobacco Survey (GYTS) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 2008 autour des adolescents âgés entre 13 et 15 ans démontre que les jeunes filles ont tendance à fumer davantage.

«Le NCD indique que sur 21,7% des adultes fumeurs réguliers, 3,7 % sont des femmes alors que le GYTS montre que sur 13,7% des adolescents fumeurs réguliers, 7,7 % sont des jeunes filles. Une tendance qu’il convient de surveiller. Nous devons ainsi accentuer les campagnes à destination des femmes», explique Vijay Mohee avant d’ajouter quel’industrie du tabac «cible la femme à travers des publicités mais également en fabriquant des produits qui leur sont spécialement destinés».

Pourtant, les méfaits de la cigarette sont multiples. «50 % des fumeurs meurent des effets du tabac. C’est le seul produit en vente qui tue 50 % des consommateurs», note le président de ViSa. La cigarette contient ainsi plusieurs produits dangereux dont la nicotine est la plus connue. Cette dernière est responsable de la dépendance. Elle resserre aussi les vaisseaux sanguins, ce qui peut générer de l’hypertension artérielle, des infarctus cérébraux ou cardiaques et causer des problèmes rénaux et osseux.

Les conséquences sont désastreuses chez la femme enceinte. La nicotine resserre les vaisseaux placentaires, ce qui fait que le foetus est mal oxygéné et mal nourri. La perte du bébé, ou encore une naissance prématurée avec des séquelles telles qu’un retard mental ou de l’hypotrophie sont remarqués. La combustion de la cigarette dégage de la chaleur et des goudrons qui sont toxiques et cancérigènes. Les effets négatifs de la cigarette sont encore plus marqués chez les asthmatiques ou ceux qui ont eu dans leur famille des cas de cancer.

Pour Vijay Mohee, éradiquer les méfaits de la cigarette nécessite une approche globale. «Il faut faire l’éducation des gens, augmenter la taxe sur le tabac et limiter l’importation de la cigarette. Le thème de la journée antitabac cette année est ‘Éliminer le commerce illicite’.»

Notre interlocuteur souhaiterait que le gouvernement signe la convention autour du commerce illicite des produits du tabac proposée par l’OMS et qu’il y ait à l’avenir une plus grande volonté politique d’agir contre les effets du tabac. «Nous avons placé des illustrations sur les boîtes de cigarette pour décourager les fumeurs en 2009. Elles auraient dû être changées après trois ans mais rien n’a été fait jusqu’ici. Il en va de même des Shisha Bars qui selon notre loi antitabac, sont illégaux. La loi interdit de fumer dans des endroits publics.»

En ce qui concerne les services offerts à ceux qui souhaiteraient arrêter de fumer, l’association ViSa travaille en étroite collaboration avec les cliniques de sevrage, les Smoke Cessation Clinics mises en place par le ministère de la Santé en 2008. Il existe à ce jour sept cliniques dans les hôpitaux et les Community Health Centres. Ils se trouvent à l’Odette Leal Community Health Centre à Beau-Bassin, à l’hôpital Jeetoo à Port-Louis, l’hôpital du Nord, à l’hôpital Victoria, à Candos, et aux hôpitaux de Flacq, à Rose-Belle et Souillac.

Le traitement est composé de counselling et d’un traitement médicamenteux qui dure entre deux et trois mois. «Après le traitement médicamenteux, le patient est suivi pendant deux ans pour éviter toute rechute», dit un consultant des Smoke Cessation Clinics. Le pourcentage de réussite de ces cliniques de sevrage est de plus de 20 %.

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