En marge des municipales: des citadins heureux mais…

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Les villes sont, pour beaucoup, synonymes de pollution et d’embouteillage.

Les villes sont, pour beaucoup, synonymes de pollution et d’embouteillage.

À trois semaines des élections municipales, c’est le calme plat dans les villes. Aucune effervescence, pas même l’ombre d’un intérêt chez les citadins que nous avons approchés. Ils sont nombreux à penser que ces élections ne changeront rien à leur quotidien. D’autres n’ont qu’un intérêt infime pour la politique. Nous avons profité de l’imminence de ce rendez-vous civique pour leur demander s’ils sont heureux dans leur ville.
 
 
Pour certains, c’est un oui catégorique ; ils ont juré fidélité à leur ville et pour rien au monde ils ne la quitteront pour aller vivre ailleurs. D’autres avouent avoir songé à goûter au rythme de vie de la campagne et cela pour plusieurs raisons. Les plus téméraires, eux, ont déjà franchi le pas et ont tout quitté pour s’installer dans un village.
 

Manque de courtoisie des citadins

 
À Plaine-Verte, Port-Louis, incursion dans le salon de coiffure d’Ahmad Elaheebacus. Ce coiffeur de 77 ans a toujours vécu à Port- Louis. C’est simple : il en est amoureux ! Vêtu simplement, Ahmad Elaheebacus arbore une longue barbe blanche et des savates. Fort de ses 67 ans de métier, il laisse parler l’expérience. «J’ai appris le métier auprès de mon oncle;  à l’époque, Port-Louis était encore à l’état sauvage,ou presque, mais les gens vivaient en harmonie; ce n’est plus le cas à présent», soutient-il. Ce qu’il regrette le plus, c’est le manque de courtoisie des citadins.
 
 
Ahmad Elaheebacus reproche aussi aux Portlouisiens d’être beaucoup trop individualistes. Pour lui, la ville a perdu de son charme lorsque les habitants de la capitale ont commencé à se renfermer. «Pourtant, je suis heureux de vivre à Port-Louis, parce que j’ai vu la transformation de la ville. Et j’en suis fier», souligne le septuagénaire.
 
 
Quittons la chaleur de Port-Louis. Cap à présent sur Rose-Hill. Ici, l’hiver montre le bout de son nez. Dans l’après-midi, ce sont principalement des collégiens et étudiants qui sillonnent les arcades de Rose-Hill. Pour Alexandre Beeroo, 21 ans, c’est le manque de loisirs pour les jeunes qui explique que les collégiens sont si nombreux à se promener après les heures de classe. «Le nouveau maire devrait s’occuper de créer des activités pour permettre aux jeunes de se défouler. Auparavant, il y avait des clubs, des ateliers pour les jeunes et des concours en tous genres mais ce n’est plus le cas», affirme ce jeune passionné de musique. Ce qu’il souhaiterait pour sa ville ? Un gros changement aux villes soeurs, de la même ampleur que celui qui a suivi les dernières élections générales.
 
 
Que représente Rose-Hill pour un jeune de 21 ans ? «Je dirai que ma ville regorge de lieux historiques, comme le théâtre du Plaza qu’il faudrait restaurer et valoriser», déclare-t-il. Alexandre Beeroo aime sa ville mais il la quitterait bien pour s'installer à Moka. Il n’est d’ailleurs pas le seul à le souhaiter. Mukess Beetun, marchand de légumes au marché de Curepipe, confie que la seule raison pouvant le faire quitter la ville -lumière, c’est la possibilité de construire une maison à Moka. «Je suis né à Curepipe mais de plus en plus de gens de mon entourage ont quitté la ville pour aller dans les villages. Les villes présentent beaucoup d’inconvénients. à Curepipe par exemple nous avons un sérieux problème de parking», indique-t-il.
 
 
Nous avons aussi rencontré Parrisa Ramdoo. Cette employée d’une entreprise spécialisée dans la collecte d’ordures municipales, explique qu’elle n’est pas très fière de ce qu’elle voit dans les rues de la ville -lumière. «Je voudrais que la mairie puisse amener les gens à être plus civilisés. Ils jettent tout dans la rue et c’est ce qui finit par boucher les drains», déplore la jeune femme.
 
 

«Chaque ville est spéciale»

 
A Quatre-Bornes, dans le jardin de la mairie, Gian Baldev s’est arrêté un moment. Ce retraité sillonne les villes chaque jour. Il dit profiter de la beauté de chacune d’entre elles. «Chaque ville est spéciale. Avant j’étais tailleur et mes journées étaient bien remplies, je n’avais pas le temps d’aller me promener. Maintenant que je suis retraité et en bonne santé, j’essaie d’en profiter», soutient-il.
 
 
Pour ce retraité, il est hors de question de vivre ailleurs qu’à Quatre-Bornes. Même s’il reconnaît qu’il aime rendre visite à sa fille à Montagne-Blanche. «Je ne me vois pas y vivre. C’est une question d’habitude. Je suis habitué à avoir toutes les facilités à portée de main.»
 
 
Le vieil homme n’ira pas voter, il ne l’a jamais fait pour des élections municipales. Il n’est pas le seul à afficher ouvertement son désintérêt. De nombreux citadins maintiennent aussi qu’ils n’iront pas aux urnes le 14 juin.
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