Municipales: les raisons du désintérêt

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Un bureau de vote à Quatre-Bornes en 2012. Le taux d’abstention dans cette ville était en deçà de 50%.

Un bureau de vote à Quatre-Bornes en 2012. Le taux d’abstention dans cette ville était en deçà de 50%.

Abstention. Ce mot est sur les lèvres des politiciens depuis l’annonce de la date des élections municipales fixées au 14 juin. Dans la dernière édition de l’express-dimanche, le ministre de l’Energie et leader du Muvman Liberater, Ivan Collendavelloo, a affirmé que l’abstention est un des dangers qui pourrait contrecarrer un raz-de-marée orange-bleu-blanc dans les cinq villes. Quatre jours plus tard, le ministre de la Technologie, de la communication et de l’innovation et leader du MSM Pravind Jugnauth a remis ça.

Lors du lancement de la campagne pour les municipales, il est venu confirmer les propos de son camarade de parti, déclarant que l’adversaire de l’alliance Lepep pour ces élections municipales est l’abstention. Allant jusqu’à encourager les habitants des villes à aller voter.

«Il n’y aura pas de changement dans leur vie»

Ali Dahoo, consultant à la commission électorale, parle, lui, de «tendance». Lors des dernières élections générales, rappelle-t-il, le taux de participation a été le plus faible enregistré depuis les législatives de 1967. En effet, sur les 936 975 électeurs recensés, 242 615 ne sont pas allés voter. «Si la tendance se poursuit, on devra s’attendre à un fort taux d’abstention aux prochaines élections municipales.»

Qu’est-ce qui explique ce désintérêt pour les municipales? Pour Kugan Parapen, candidat de Rezistans ek Alternativ à Belle-Rose–Quatre-Bornes pour les dernières législatives, les raisons sont multiples. Pour commencer, il fait valoir que les citadins sont conscients que les municipalités n’ont pas de marge de manœuvre par comparaison au gouvernement central. «Ils savent qu’il n’y aura pas de changement dans leur vie.»

Les mairies pas valorisées

Sans compter, poursuit-il, que les mairies ne sont pas suffisamment valorisées avec «la plupart du temps des seconds, voire des troisièmes couteaux» qui se présentent comme candidats. Alors que, dit-il, «les maires et lord-maires ont beaucoup plus d’importance qu’un député».

Pour cet ancien lauréat exerçant comme Senior Portfolio Manager pour le groupe Axys et résidant à Vacoas, la troisième raison a trait au manque de moyens financiers investis par les partis politiques dans les municipales par rapport aux élections générales: «Sa operation grataz ki nou trouve dan eleksyon zeneral li absent pou ban municipales.»

Mais par-dessus tout, Kugan Parapen affirme que ce qui décourage en particulier les sympathisants des partis politiques battus aux dernières législatives à aller voter, c’est le résultat couru d’avance lorsque les municipales se tiennent à quelques mois des élections générales.

«Guerre de leadership»

Bhawna Atmaram, autre jeune qui s’intéresse de près à la politique ira, elle, voter. Mais cette enseignante d’anglais au collège St-Andrews avance pour sa part d’autres arguments qui feront que bon nombre de personnes n’iront pas voter. À commencer principalement par un ras-de-bol des partis politiques mainstream. «La guerre de leadership en sus de l’humiliation publique que subissent des membres des principaux partis contribueront à l’abstention des sympathisants de la base.»

L’enseignante est aussi d’avis que la population est dégoûtée par certains agissements du gouvernement. «Elle a voté pour le changement alors que depuis l’installation du nouveau pouvoir, la population est plutôt témoin d’une vendetta politique aux dépens des développements économiques tant espérés», soutient celle qui dit attendre plus de proximité des élus de sa ville,Vacoas–Phœnix.

Le tableau ci-dessous démontre que la situation n’était guère mieux à Port-Louis.

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