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Bramer Property Fund: Ramgoolam, Allock et Poorun cuisinés par les enquêteurs
8 mai 2015, 08:54
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Bramer Property Fund: Ramgoolam, Allock et Poorun cuisinés par les enquêteurs
Une troisième personne se trouve impliquée dans l'affaire BAI-Bramer Property Fund, éclaboussant Iqbal Mallam Hasham, l’ancien Managing Director de la State Investment Corporation (SIC). Il s’agit de Doreen Fong Weng-Poorun, ex-Private Secretary du Bureau du Premier ministre et actuelle CEO du ministère du Tourisme. Elle a été interrogée par les enquêteurs du CCID ce vendredi 8 mai et a été conduite au PMO sous escorte policière pour récupérer des documents.
Toute cette affaire porte sur l’achat du 11e étage et d’un espace bureau au rez-de-chaussée de la Bramer House auprès du Bramer Property Fund (BPF), une filiale de la British American Investment (BAI) par Iqbal Mallam Hasham. Outre Jaya Allock qui a été inquiétée dans cette affaire, ce vendredi, les enquêteurs se sont tournés vers Doreen Fong Weng-Poorun et Navin Ramgoolam. Ce dernier est, lui, arrivé aux Casernes aux alentours de 11 heures.
Doreen Fong Weng-Poorun devra notamment s’expliquer sur le document qui a permis à Bramer Property Fund de vendre les deux lots de la Bramer House à Ottoman Capital Ltd. Au sein de cette entreprise, l’on retrouve le Byzantium Trust, comme principal actionnaire.
Navin Ramgoolam devra de son côté s’expliquer sur ce document qu’il a signé. Car, en fait, la société Ottoman n’a été incorporée que trois semaines après qu’il a cautionné cette vente par le biais de ce document. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Chief Executive Officer du Bramer Property Fund a été arrêtée par le CCID hier. Jaya Allock est accusée de complot en vue d’arnaquer les clients de son employeur. Lors de son interrogatoire, elle a dû expliquer comment elle a pu dire, dans une lettre transmise au PMO, qu’OCL allait acheter ces deux lots alors que celle-ci n’avait pas encore été incorporée.
Autre flou sur ce dossier : la vente a été présentée comme une vente à des Mauriciens. Or, officiellement, derrière le Byzantium Trust, l’on retrouve la Croix-Rouge et Médecins sans Frontière.
L’affaire se corse lorsqu’Iqbal Mallam Hasham vient reconnaître qu’il est bien celui qui a fait l’acquisition de ces biens. «Sur les conseils de mon notaire, Ashvin Dwarka, j’ai effectué cet achat à travers un trust. J’ai voulu de cette façon m’assurer que ma famille ne soit pas de le besoin», avait-il confié à l’express.
Que reproche-t-on à Iqbal Mallam Hasham ?
Les enquêteurs soupçonnent qu’Iqbal Mallam-Hasham a usé de sa fonction pour obtenir des biens à titre personnel, c’est-à-dire l’achat de ces deux espaces bureaux. Ces derniers, du reste, ont été évalués à Rs 115 millions mais lui ont été vendus à Rs 105 millions…
Autre élément contre l’ex Managing Director de la SIC : il aurait placé près de Rs 150 millions de cet organisme au sein du Bramer Property Fund sans obtenir l’autorisation de son conseil d’administration.
Iqbal Mallam-Hasham a aussi contracté un prêt de Rs 85 millions auprès de l’ex-Bramer Bank, autre filiale de la BAI, pour conclure cette transaction. Alors qu’il a expliqué à l’ICAC, mercredi, qu’il rembourse ces prêts à hauteur de Rs 643 000 grâce à la location de ces deux espaces auprès du BPF à Rs 855 000 par mois, les enquêteurs ont découvert que tel n’est pas le cas.
Pire : d’après le contrat signé par Iqbal Mallam- Hasham, il pouvait revendre ces deux lots au BPF dans un délai de dix ans. Il pourrait ainsi revendre le 11e étage de la Bramer House et l’espace au rez-de-chaussée à un prix double en vertu de l’option Sale and Lease Back inscrite dans son contrat…
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