[VIDEO] Lutchmeenaraidoo: «La BAI est derrière moi, la MPCB est dans mon champ de tir»

Avec le soutien de
La Mauritius Post and Cooperative Bank aurait avancé des prêts de plusieurs milliards sur la base de garanties «douteuses» et parfois même sans garantie.

La Mauritius Post and Cooperative Bank aurait avancé des prêts de plusieurs milliards sur la base de garanties «douteuses» et parfois même sans garantie.

Le gouvernement s’attaque à un nouveau dossier. «La BAI est derrière moi, c’est la Mauritius Post and Cooperative Bank qui est dans mon champ de tir», a déclaré le ministre des Finances, ce jeudi 7 mai, lors d’un atelier de travail à Ebène. Selon Vishnu Lutchmeenaraidoo, des prêts de centaines de millions de roupies ont été accordés à des «petits copains», sans garantie.

Une enquête, diligentée depuis le début de l’année par le ministère des Finances, a en effet révélé que cet établissement a avancé des prêts de plusieurs milliards durant les deux derniers mandats du PTr. Et près de la moitié de ces loans ont été octroyés à des proches du parti et sont qualifiés de toxiques. Ils devront être written off  par l’établissement, les garanties offertes étant inférieures aux sommes avancées. Dans certains cas, des prêts ont été accordés sans garantie.

«Il y a des pertes colossales. Il y a des non-performing loans de Rs 1,7 milliard», a indiqué le grand argentier. Selon lui, «pour redonner un nouveau souffle à la banque, il faudra ‘retirer’ les toxic loans». Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui est en présence d’un rapport d’Ernst & Young, dit être «déterminé à mettre de l’ordre».

 Le ministre a annoncé que certains employés de la MPCB auront des comptes à rendre.

Interdiction de quitter le territoire contre Rajeev Beeharry

Soupçonnant Rajeev Beeharry, l’ex-Chief Executive Officer (CEO) de la MPCB de malversations, le ministère desFinances a réclamé au Passport and Immigration Office qu’une interdiction de quitter le territoire mauricien soit émise contre lui. Il ne veut surtout pas que Rajeev Beeharry-Panray disparaisse de la circulation, comme cela a été le cas en février. Alors que deux coffres-forts venaient d’être saisis chez Navin Ramgoolam, il s’était envolé pour la Grande-Bretagne. L’hôtel du gouvernement avait perdu tout espoir de remettre la main sur lui ,jusqu’à ce qu’il retourne au pays.

Aussitôt son enquête bouclée, le ministère des Finances transmettra le dossier à la police. Rajeev Beeharry-Panray devra s’expliquer sur le transfert allégué de Rs 600 millions vers la Grande-Bretagne afin qu’il puisse y obtenir un permis de résidence en tant qu’investisseur. Et il devra indiquer où il a trouvé les Rs 150 millions qui lui auraient été nécessaires pour la construction d’une luxueuse résidence à Floréal.

Terres de l’Etat

Enfin, il devra aussi démontrer que les terres de l’État accordées à la cousine de Navin Ramgoolam, Sandy Ramjoorawon, n’ont pas été bradées à des étrangers. Notamment les terres à Balaclava et à Palmar gérées par Kohinoor Investment Holdings et Lotus Resort.

Contacté, le mercredi 6 mai, Rajeev Beeharry-Panray a expliqué à l’express qu’il a appris, à travers les médias, qu’une objection to departure a été émise contre lui. Il a ajouté qu’il s’était rendu en Grande-Bretagne en février avec sa compagne Sandy Ramjoorawon pour être au chevet de leur enfant malade. Il a rejeté les allégations selon lesquelles il aurait transféré Rs 600 millions au pays de Sa Majesté. Une telle transaction, selon lui, n’aurait pu échapper à la Banque de Maurice et à la Financial Intelligence Unit.

L’ancien patron de la MPCB a aussi nié être responsable de l’octroi de prêts totalisant Rs 2,3 milliards. Il a fait ressortir que les loans dépassant les Rs 20 millions sont soumis à l’approbation du conseil d’administration de la MPCB et qu’il ne pouvait influencer la décision de ses membres.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires