Pertes financières à Air Mauritius : Airmate Ltd en zone de turbulence

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C’est à la Cybertower 1, à Ébène, que se trouvent les bureaux d’Airmate. Cette filiale d’Air Mauritius emploie près de 750 personnes.

C’est à la Cybertower 1, à Ébène, que se trouvent les bureaux d’Airmate. Cette filiale d’Air Mauritius emploie près de 750 personnes.

Elle se retrouve au cœur du gouffre financier du groupe Air Mauritius. Airmate Ltd, filiale de la compagnie nationale d’aviation, est en effet l’entreprise qui risque le plus de subir des dommages collatéraux en cas de faillite, soit des licenciements.

Créée en 2006, Airmate Ltd et l’une des huit filiales du groupe Air Mauritius Ltd, tout en étant celle qui compte le plus d’employés – entre 750 et 800. Elle avait pour fonction première de fournir des services de centre d’appels à Air Mauritius.

Activités diversifiées

Mais ses activités se sont vite diversifiées, avec l’arrivée d’environ 500 employés de l’Airport Terminal de Plaisance en 2007. Airmate se met alors à offrir des services de transport de bagages, ou encore des services en informatique. La filiale travaille avec la clientèle, notamment dans la vente de billets, et en procédant au check-in. Elle sert aussi de back-office pour toutes les opérations d’Air Mauritius.

Toutefois, malgré toute cette diversification, l’entreprise a toujours eu du plomb dans l’aile. Et pour cause, fin 2013, les employés d’Airmate créent leur syndicat pour revendiquer le droit d’avoir la même grille de salaire ainsi que les mêmes conditions de travail que leurs collègues d’Air Mauritius.

 

«750 familles vivent en ce moment dans l’angoisse»

En 2014, le syndicat entame les négociations avec le management à ce sujet. Négociations qui se poursuivent tout au long de l’année et, ce par le biais du Private Enterprises Employees Union, à travers la Confédération des syndicats des travailleurs du secteur privé. Revendications qui n’ont toujours pas abouti.

La menace de faillite de la compagnie d’aviation vient changer la donne. Plus grave que les revendications salariales, c’est à présent l’emploi qui est en jeu. Et comme le fait ressortir un employé d’Airmate sous le couvert de l’anonymat, «il ne faut pas oublier que 750 employés, c’est aussi 750 familles, qui vivent en ce moment dans l’angoisse. Jusqu’à quel extrême ira la compagnie pour éponger ses dettes?» fustige cet employé.

Notre interlocuteur explique n’avoir rien vu venir. Parlant de son expérience au sein d’Airmate, il souligne que personne n’imaginait qu’un tel scandale frapperait une fois de plus Air Mauritius, après celui du hedging en 2009.

Une réunion devrait avoir lieu ce samedi 9 mai entre les représentants syndicaux d’Airmate et la Confédération des syndicats des travailleurs du secteur privé afin de décider de la marche à suivre. Pour l’heure ils attendent toujours d’y voir plus clair.

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