Arvin Boolell, porte-parole du Parti travailliste (PTr): «Moi, leader, je vous surprendrai»

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Il vous en aura fallu du temps pour indiquer la porte de sortie à Navin Ramgoolam…

Je l’ai fait pour le bien du Parti travailliste, pas pour ma petite personne. Nous sommes empêtrés dans un imbroglio politico-judiciaire. Plus le temps passe, plus c’est compliqué. L’enquête sur Navin Ramgoolam risque de durer. On ne peut attendre un leader des années.

Seriez-vous un porte-parole impatient ?

Je ne peux pas être un porte-parole à vie. Un porte-parole n’a ni l’autorité morale, ni la légitimité politique. Sa voix ne porte pas.

 «Navin, step down, laisse-nous travailler !» Elle vous a coûté, cette phrase ?

Énormément… C’est difficile de demander à un leader de se retirer. A fortiori quand il passe par des moments difficiles.

Il a réagi comment quand vous le lui avez dit en face?

Ça restera entre lui et moi. Il y a des choses qui ne se disent pas en public.

Vous êtes fâchés ?

Je ne sais pas… Navin Ramgoolam a ses idées et j’ai les miennes. Moi, je place le parti au-dessus de tout.

Il y a trois semaines, Shakeel Mohamed a été le premier à réclamer publiquement le départ du leader. Et de façon plus virulente.

Shakeel aurait pu le dire autrement, et en interne. Il y a des façons de dire les choses. Moi aussi je sais être intempestif, mais avec mes adversaires seulement.

Vous demandez la tenue d’un congrès au plus vite. Pour quoi faire ?

Pour élire un leader, un deputy leader et un président. Et aussi pour revoir la constitution du parti. Le comité Faugoo a presque terminé son travail. Je souhaite que l’on débatte des amendements, d’abord au sein du parti, puis lors du congrès.

Quand ?

Les élections municipales chamboulent le calendrier. Personnellement, je suis pour tenir le congrès dans la foulée. Ce sera au bureau politique et au comité exécutif de trancher.

Qui va voter à ce congrès ?

Les compliant members : l’exécutif, le bureau politique, les membres souscripteurs, les conseillers municipaux et les parlementaires. Cela doit faire un millier de votants environ.

Êtes-vous déjà dans la peau d’un leader ?

Je suis dans la peau d’un éventuel leader.

Aurez-vous des challengers ? 

À ce jour, je pense être le seul candidat. En tout cas, personne ne m’a dit ouvertement qu’il souhaitait l’être. 

Un leader, c’est un «premier ministrable»…

Le chemin sera long mais je suis prêt. Si je suis élu, je constituerai très vite une équipe en vue des prochaines élections générales. C’est maintenant qu’elles commencent à se gagner.

«Moi, leader,…» Terminez cette phrase.

Moi leader, je vous surprendrai. Ce ne sera plus le même parti. Je raviverai la flamme, je reconstruirai la confiance. C’est ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui.

Inspirer confiance, c’est votre atout numéro un ?

Je crois. Avec la proximité et l’écoute.

Vous décrivez l’anti-portrait de M. Ramgoolam !

Chacun son style… Le culte de la personnalité, c’est terminé. Je crois à la responsabilité collective.

Le PTr est-il sûr de participer aux municipales ?

Je pense qu’il faut y aller mais tout le monde n’est pas de cet avis. Leur argument, c’est notamment l’argent. Il va falloir décaisser des moyens que nous n’avons pas. Lundi ou mardi, le bureau politique se réunira pour décider.

La chute de BAI a coupé les vivres ?

C’est un problème, je ne vous le cache pas.

Du coup, avec quel argent reconquérir le pouvoir ?

Avec l’argent du peuple.

Il va être ravi, le peuple !

Je veux dire qu’il est impératif de réguler le financement des partis. Il n’y a même pas une loi-cadre ! Si ce débat n’a pas lieu, la politique va devenir de plus en plus polluante. On ne peut plus continuer à faire de la politique avec de l’argent malpropre, impropre ou plus sale.

À hauteur de combien M. Rawat vous a-t-il financé ?

J’ai eu des financements d’autres personnes.

Des noms…

(Silence)

Des noms…

My lips are sealed… (sourire)

Avez-vous des contacts avec les dissidents du MMM ?

J’observe ce qui se passe mais j’ai peu de contacts. Sauf avec Ajay Gunness, on fréquente le même club de gym à Curepipe.

Qui est le plus «fit» ?

Moi, évidemment ! (éclat de rire)

Faire perdre à Paul Bérenger son poste de leader de l’opposition, est-ce un objectif ?

Ce n’est pas le mien en tout cas. Cela ne servirait à rien. Laissons M. Bérenger faire son job et travaillons de façon plus concertée. Pour l’instant, l’opposition n’a aucune synergie, c’est regrettable. 

Qui, de Navin Ramgoolam ou Dawood Rawat, est la plus grande perte pour le PTr ?

(Long silence) Pourquoi cette question ?

Pourquoi pas ?

C’est tellement sensible…

Votre réponse ?

Un leader en devenir ne doit froisser personne.

 
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