Une trentaine de blessés dans une collision entre un camion et un train

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8H46, un brusque coup de frein puis le choc: à hauteur d'un passage à niveau à Nangis (Seine-et-Marne), un train Intercités a percuté mardi matin un camion, faisant une trentaine de blessés et entraînant l'interruption du trafic entre Paris et Belfort.

A l'entrée de la gare de cette petite commune de Seine-et-Marne, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Paris, le choc entre un train Belfort-Paris transportant 350 passagers et un camion de convoi exceptionnel qui transportait des engins agricoles a fait dérailler plusieurs wagons mais le train ne s'est pas couché sur les voies.

A midi, le bilan était de trois blessés "graves", sept blessés "légers" et une vingtaine de personnes "choquées" prises en charge par la cellule psychologique sur place, a déclaré à l'AFP un porte-parole de la préfecture.

Parmi les trois personnes blessées figure une personne âgée qui "se trouvait sur le quai de la gare et qui a fait une chute lors d'un mouvement de foule", a précisé cette source. Elle a été héliportée dans un état jugé "sérieux" dans un hôpital parisien mais son pronostic vital n'est pas engagé.

Les deux autres, "le conducteur du train et celui du camion", ont été transportés en ambulance à l'hôpital de Provins, à proximité des lieux de l'accident.

Pris en charge par la SNCF, les passagers ont été acheminés dans la matinée par bus jusqu'à leur destination, a indiqué la compagnie ferroviaire.

La circulation a été coupée entre Paris-Est et Belfort dans les deux sens. Les voies et les quais de la gare étant "très endommagés", la circulation pourrait rester interrompue "au moins une semaine" dans les environs, selon le maire de la commune, Michel Billout (PCF).

Dans un tweet, le Premier ministre Manuel Valls a adressé dans la matinée "(son) soutien aux blessés et (sa) reconnaissance aux secours".

 

- 5.000 véhicules par jour -

Le secrétaire d?État aux Transports Alain Vidalies, qui s'est rendu sur place avec le président de la SNCF Guillaume Pépy, a salué "la réactivité" et le "professionnalisme" des secours, des pompiers et des cinquante gendarmes mobilisés, rapidement arrivés sur les lieux.

Décrivant des victimes "traumatisées", M. Vidalies s'est entretenu avec des voyageurs qui ont le "souvenir d'un choc d'une extrême violence", la plupart "projetés à l'intérieur du wagon".

Il a chargé le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEATT) "de mener une enquête pour établir les causes de cet accident".

En milieu de journée, le train et le camion étaient toujours sur place et un enquêteur pilotait un drone au-dessus de la scène de l'accident, a constaté une journaliste de l'AFP.

De part et d'autre du passage à niveau, on pouvait voir la cabine du camion et sa remorque, désolidarisées sous le choc. La barrière du passage à niveau était baissée, coincée sur la cabine du camion.

Les circonstances de l'accident ne sont pas encore connues mais selon la SNCF, le train aurait percuté l'arrière du camion immobilisé sur les voies. "Deux ou quatre essieux (du train) sont alors sortis des voies", a-t-elle précisé.

"Le convoi est passé au vert mais est resté prisonnier", a précisé M. Billout, ajoutant que ce passage à niveau n'était "pas particulièrement accidentogène". Selon le secrétaire d?État, ce passage à niveau, fréquenté par 5.000 véhicules par jour, n'avait pas "de difficulté particulière" et était "en bon état de service".

"Les premières constatations faites sur le passage à niveau à signalisation automatique avec quatre demi-barrières indiquent un fonctionnement normal", a ajouté la SNCF dans un communiqué de presse.

Pour Didier Le Reste, ex-patron de la CGT-Cheminots et vice-président de Convergence Rail, collectif de comités d'usagers, élus et syndicalistes, chaque accident à un passage à niveau "pose la question de l'humain", car "quand il y avait une gestion manuelle, il y avait moins d'accidents" selon lui.

Ce type d'accidents "toujours dramatiques" sont "des accidents de la route", a-t-il déclaré à l'AFP en marge d'une conférence de presse.

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