Nouveaux règlements pour les bus scolaires: l’indiscipline des jeunes montrée du doigt

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L’indiscipline de certains élèves aurait rendu la vie dure aux receveurs et chauffeurs d’autobus ce lundi 20 avril.

L’indiscipline de certains élèves aurait rendu la vie dure aux receveurs et chauffeurs d’autobus ce lundi 20 avril.

Il est 13h45 au collège SSS Terre-Rouge. Rajen Soomien, superviseur du Mauritian Bus Transport (MBT), fait sa tournée. C’est en effet ce lundi 20 avril que les nouveaux règlements du ministère des Infrastructures publiques sont entrés en vigueur en ce qui concerne les bus scolaires.

Parmi les nouvelles conditions pour le transport des élèves : pas plus de 65 passagers assis, et un relevé du nombre d’élèves transporté à chaque voyage. Cette initiative fait suite à l’accident qui a coûté la vie à Keshnee Purmasing, une collégienne de 17 ans.

La mise en application pas au point

Ce changement, Rajen Soomien l’accueille favorablement. Toutefois, il estime que certaines choses ne sont pas au point. «Je me demande comment on va s’y prendre pour faire les élèves entrer dans le bus tout en s’assurant qu’on ne dépasse pas la limite. Je pense qu’on devrait les faire s’aligner», explique le superviseur du MBT.

Ce dernier ne manque pas de faire ressortir qu’il y a une différence entre les règlements et leur mise en pratique. La faute, selon certains, à des élèves indisciplinés, dont le contrôle s’avère être une tâche difficile quand ils sont en groupe.

«Certains élèves n’hésitent pas à arracher les sièges d’autobus»

Uday Raj Gujadhur, manager du MBT, s’est déplacé spécialement pour ce premier jour. Il est rejoint par le superviseur. «Nous essayons au maximum de respecter les nouvelles directives, mais c’est difficile de contrôler les élèves en cours de route. Dès qu’on est loin des postes de police, certains n’hésitent pas à arracher les sièges des autobus. Cela nous arrive souvent quand nous sommes à proximité du Camp Kadhafi, à Plaine-Verte», dit le manager.

Il ajoute avoir prévu plus d’effectifs ce lundi pour assurer l’ordre dans les véhicules de la flotte. Pendant ce temps, Rajen Soomien s’approche des receveurs pour voir s’ils ont respecté le nouveau quota. 

Bus supplémentaires

A ce sujet, Raj Gujadhur explique avoir pris les mesures nécessaires pour ceux qui n’auront pas de place dans les bus. «On aura des bus normaux qui passeront les récupérer», soutient-il. A 14h47, le premier bus s’en va avec des élèves impatients qui frappent sur les sièges.

Si tout semble s’être bien passé à SSS Terre-Rouge, c’est un autre son de cloche du côté de l’Association des recteurs. Madoo Ramjee, président de l’association, pense que l’application de ce nouveau règlement n’a pas été de tout repos. Le recteur du Dr Régis Chaperon montre du doigt une circulaire du ministère des Infrastructures publiques envoyée ce lundi. «On nous demande de prendre le nom du chauffeur et du receveur. De plus, on nous a dit de trouver quelqu’un parmi le staff pour veiller à ce que le règlement soit respecté. Or, on ne m’a même pas informé des conditions qui sont imposées à cette personne et l’allowance qui lui sera accordé. Ce système est toujours en rodage», déplore-t-il.

«Les parents s’en prennent aux receveurs et au recteur»

Pour Madoo Ramjee, ces nouveaux règlements ont causé un problème de taille : beaucoup d’élèves n’ont pas eu de bus le matin. Ce qui  n’a pas manqué d’énerver les parents, qui s’en sont pris au recteur. Le président de l’Association des recteurs se demande également où se trouve l’assistance policière promise par le ministère pour mettre en pratique ces nouvelles règles. «Si l’élève qui n’a pas eu de bus d’école a un accident, la faute reviendra au collège», fait-il ressortir.

Même son de cloche du  côté d’Alain Kistnen, porte-parole de l’Union of Bus Industry Workers (UBIW). Si selon ses renseignements tous les règlements ont été respectés, il déplore le fait qu’il n’y a pas assez de bus scolaires. Notre interlocuteur souhaite une table ronde avec le ministre des Infrastructures publiques, les parents, les syndicats et les travailleurs du transport.

Indiscipline

En ce qui concerne les retards le matin, Alain Kistnen estime que c’est aux recteurs de faire les arrangements nécessaires avec la National Transport Authority (NTA). Il souligne également que bon nombre d’élèves ne respecte pas les nouvelles consignes et se mettent debout malgré les protestations des receveurs. «Ce matin, un receveur a prié un élève de s’asseoir et ce dernier a répliqué», raconte le syndicaliste. 

A savoir que 450 bus scolaires sont déployés à travers l’île le matin, et 600 l’après-midi. Cyril Appajala, Transport Controller à la NTA, soutient lui que tout s’est bien passé malgré «quelques petites confusions». «Pour l’instant, on n’a rien constaté de très grave. A l’exception d’un bus qui transportait 93 passagers. C’était bien trop excessif», fait ressortir notre interlocuteur.

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