Au Parlement: La contre-attaque de SAJ

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Le campement des Rawat à La Preneuse. Selon le PM, l’argent a aussi servi à l’achat de biens immobiliers à l’étranger pour l’usage personnel de la famille. © FLYING FREAKS

Le campement des Rawat à La Preneuse. Selon le PM, l’argent a aussi servi à l’achat de biens immobiliers à l’étranger à l’usage personnel de la famille. © FLYING FREAKS

Mercredi au Parlement, c’est un SAJ des grands jours qui s’est adressé à la Chambre juste avant que Vishnu Lutchmeenaraidoo ne clôture les débats budgétaires. Délaissant l’art de l’improvisation qu’on lui connaît bien, le PM a prononcé un cinglant discours pour rendre la monnaie de sa pièce à ses détracteurs, que ceux-ci soient de l’opposition parlementaire ou d’ailleurs. Bien entendu, le scandale BAI en a occupé une grande partie. Mais pas que...

 

Scandale BA Investment 

«La complexité de la structure, le modus operandi et le mouvement d’argent parlent d’eux-mêmes.» Le Premier ministre maintient fermement ses premières déclarations sur toute l’affaire. Le scandale BAI«pas moins de Rs 10 milliards de l’argent public ont été puisées à travers un système bien réfléchi et planifié d’avance aux bénéfices de l’ultime bénéficiaire du groupe, de sa famille et de ses amis» est bel et bien une chaîne de Ponzi. Telle que, dit-il, définie par l’US Securities and Exchange Commission. Il a réaffirmé que le gouvernement veillera à ce que tous ceux qui sont impliqués dans ce scandale répondent de leurs actes.
 
Pour la première fois, le chef du gouvernement a révélé comment l’argent des souscripteurs aux différentes polices d’assurance de BA Insurance a été puisé «frauduleusement» pour diverses transactions ciblées, au lieu d’être investi pour générer des retours sur investissement comme promis. Sir Anerood Jugnauth a cité notamment la construction de Diplomat Gardens, résidences chics à Floréal où habitent les filles de Dawood Rawat. La femme d’affaires Nandanee Soornack y avait également ses quartiers avant de quitter Maurice pour l’Italie. L’argent a aussi servi comme garantie pour l’emprunt de l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam pour l’acquisition de son campement à Roches-Noires. Un emprunt qui n’a à ce jour pas été remboursé.
 
Puis, pour le transfert de Rs 6 milliards à BA Investment qui a pour ultime bénéficiaire et propriétaire Dawood Rawat. Sans compter l’acquisition au coût de Rs 400 millions d’un château en Italie, mais qui a fait des pertes de quelque Rs 120 millions et qui ne rapporte pas de retour tangible aux détenteurs des polices
d’assurance.
 
L’argent a aussi servi à l’achat de biens immobiliers en Roumanie, à Londres et aux États-Unis pour l’usage personnel de Dawood Rawat, de sa famille et de ses amis. Enfin, pour le paiement de frais colossaux atteignant Rs 1 milliard avant 2011 et pas moins de Rs 1 milliard entre 2011 et 2015.
 

Lutte contre la pauvreté

Le Premier ministre a également donné la réplique à ceux qui accusent le gouvernement de ne pas assumer ses responsabilités dans le combat contre la pauvreté. En particulier la flexibilité apportée au plan Corporate Social Responsibility permettant au secteur privé de gérer à sa guise ce mécanisme. «Je peux assurer à la Chambre et à la population que l’introduction de cette mesure sera suivie de près et au cas où elle ne produirait pas les résultats escomptés, elle sera révisée», a révélé Sir Anerood Jugnauth.
 

Création d’un National Advisory Council

Face aux goulets d’étranglement bureaucratiques, le Premier ministre annonce qu’un High-Powered Committee a été mis sur pied sous l’égide du bureau du Premier ministre et présidé par lui-même. Ce comité siégera pour la première fois prochainement. Son rôle est de veiller à l’accélération des procédures pour débloquer des projets impliquant des milliards d’investissements. Un National Advisory Council sera mis sur pied sous la présidence du secrétaire au cabinet pour agir comme un think tank. Il comprendra des experts du public et du privé et assistera à l’élaboration d’un Vision 2030 Blue Print d’ici les six prochains mois.
 

Connectivité aérienne

Il est question d’accroître la connectivité avec l’Autriche, l’Allemagne et l’Australie dans un premier temps. Ensuite, il s’agira d’augmenter les liaisons aériennes avec l’Europe de l’Est et l’Asie centrale, entre autres destinations dans le cadre d’une nouvelle politique d’accès aérien.
 

Legacy Sovereign Fund

Le Premier ministre a apporté un soupçon d’éclairage au Legacy Sovereign Fund, annoncé dans le Budget.Ce fonds, dit-il, veillera à ce que l’argent obtenu de la vente des actifs du gouvernement soit investi dans des portefeuilles sécurisés à long terme et à faible risque. Cela permettra de garantir des avantages durables et des rendements sur les actifs existants du pays.
 

Opération nettoyage

De Betamax à Neotown, en passant par Jin Fei pour finir par la saga des terres de l’État, le Premier ministre a soutenu que l’opération nettoyage enclenchée par le gouvernement se poursuivra jusqu’à ce qu’il soit entièrement satisfait. Son objectif : «fush out» tous les «maux et fléaux sociaux qui ont rongé le pays» durant toutes ces années. «Personne, aucun lobby, aucune force ne freinera mon gouvernement dans l’accomplissement de cette mission. À mesure que nous avançons, nous sommes encore plus déterminés à exposer les maldonnes de ces politiciens de l’ancien gouvernement et leurs chamchas qui ont pillé ce pays pour remplir leurs propres coffres», a fait valoir sir Anerood Jugnauth. Avant de donner l’assurance que le gouvernement trouvera ces coffres peu importe où ils se trouvent. Le Premier ministre cite même, et non par pur hasard, la Suisse, les Bahamas, Malte et Gibraltar. 
 

Investissements publics

«Il n’est pas exact de dire que le capital budget a été sacrifié et qu’il ne totalise que Rs 12,5 milliards.» Sir Anerood Jugnauth donne ici la réplique au leader de l’opposition Paul Bérenger et au député mauve Reza Uteem notamment. Ces derniers se sont attardés sur le capital budget durant leurs interventions respectives sur le Budget, en s’appuyant sur le Public Sector Investment Programme. Le Premier ministre parle, lui, d’une majoration de 5,2 % du budget d’investissement du secteur public rien que de janvier à juin 2015, en comparaison de la même période l’année précédente. Pour l’année financière 2015-2016, le Public Sector Investment est, dit-il, estimé àRs 27,1 milliards, soit une augmentation annuelle de 6,2 %.
 
L’investissement total du secteur public sera, affirme le PM, plus élevé non seulement en termes nominaux mais aussi en termes réels «car nous nous attendons à ce que l’inflation reste modérée». En fait, la Banque de Maurice vient d’annoncer, à la suite de la réunion du comité de politique monétaire, qu’elle s’attend à un taux d’inflation de 3 % pour l’année.
 

L’appel au secteur privé

«Oui, nous comptons sur le secteur privé pour accroître les investissements et non seulement dans des entreprises privées mais aussi dans les infrastructures publiques. Le montant qu’on devra investir dans ces infrastructures est énorme et la Chambre est parfaitement au courant qu’avec la dette publique qu’on a héritée, ce sera un défi de taille pour le gouvernement sans la participation du privé», a fait savoir le Premier ministre. Les autorités, ajoute-t-il, sont en train d’ouvrir les opportunités pour attirer l’investissement privé dans le secteur public.
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