[Vidéo] Eleana retrouvée morte: «Pourquoi l'a-t-on tuée? »

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La police criminelle en est convaincue : Marie Eleana Eduarda Gentil, 11 ans, a été victime de violence sexuelle avant d’être sauvagement assassinée. Le corps sans vie de la malheureuse a été retrouvé hier, mercredi 15 avril, peu avant midi, dans une région boisée et peu fréquentée connue comme Lapeyre, à Nouvelle-France. Soit à quelque deux kilomètres du lieu de résidence de la fillette, à cité Anoska, 16e Mille.
 
Ce sont des membres de la Criminal Investigation Division (CID) de Curepipe lancés à la recherche de la fillette qui, attirés par une odeur de putréfaction, qui ont fait la macabre découverte. Le corps gisait à quelques mètres en bordure de la route, près d’une chasse privée, et était dans un état de décomposition avancée.
 
 
La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre, attirant les habitants de cité Anoska ainsi que la mère d’Eleana, Mirella. Celle-ci s’est effondrée sur la chaussée après avoir identifié son enfant, portée disparue depuis la soirée du dimanche 5 avril. Elle a dû être prise en charge par des proches et des policiers du poste de Nouvelle-France.

Absence de sous-vêtements

Mandé sur place, le chef du service médico-légal de la police, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, a relevé que la victime n’avait pas de sous-vêtements et que son short se trouvait non loin du corps, ce qui conforte la thèse de l’agression sexuelle. Vu l’état du cadavre, le médecin légiste n’a pu indiquer quelle était la cause de la mort. Sauf qu’Eleana a été violemment frappée à la tempe droite, vraisemblablement avec une pierre, ce qui explique la fracture du crâne.
 
Le Dr Gungadin a expliqué à la CID de Curepipe, menée par le chef inspecteur Sailesh Omrawoo, que la mort remonte à plus d’une semaine. Et que l’exposition en plein air en cette saison de forte chaleur explique l’absence de certaines parties du corps de la victime, qui auraient pu aider à faire avancer l’enquête.
 
Les enquêteurs tablent donc sur le rapport des experts du Forensic Science Laboratory pour voir plus clair dans cette affaire. Notamment en soumettant le short, le boxer et le t-shirt d’Eleana à un test ADN. Il faut espérer que les empreintes génétiques sur ces vêtements n’ont pas été altérées.

L’alibi du grand-père paternel d’Eleana

À hier soir, les enquêteurs s’intéressaient au grand-père paternel d’Eleana, car il habite à 500 mètres de l’endroit où le cadavre de celle-ci a été retrouvé. Pierre Gentil, 56 ans, a été interrogé sur son emploi du temps dans la nuit du dimanche de Pâques. Il a expliqué qu’il s’était rendu à cité Anoska car il espérait retrouver sa fille Séphora, âgée de 14 ans, portée disparue depuis plusieurs jours.
 
Le quinquagénaire dispose d’un alibi. Un chauffeur a confirmé qu’il l’a déposé chez lui. Ivre, il revenait alors, dans sa quête de Séphora, de la fête donnée par une proche et à laquelle participait Eleana. Peu après la découverte macabre, hier, il s’est confié à l’express. «Mardi, je suis venu ici pour les recherches, je n’ai rien vu. À quel moment, on l’a déposée?» se demande-t-il.
 
Cette question, les enquêteurs se la posent aussi. Tout laisse croire que celui qui a emmené Eleana à Nouvelle-France l’a embarquée dans un véhicule ou sur un deux-roues. La liste des personnes fréquentant cité Anoska est actuellement passée au crible. Les personnes présentes à la fête de dimanche soir ont déjà été entendues mais leurs versions sont contradictoires, indique une source proche de l’enquête.
 
Patrick Jummun, chez qui la fête a eu lieu, admet avoir refusé l’accès au grand-père d’Eleana. Kevin Jummun, le cousin d’Eleana, affirme avoir vu la fillette sortir pour rejoindre son grand-père paternel. «Elle est partie le voir à quelques mètres de la maison où avait lieu la fête. Je l’ai regardée pendant un instant après je suis rentré», relate celui-ci.

«Elle n’était pas du genre fugueuse»

L’absence d’Eleana n’a, semble-t-il, pas interpellé ses proches. Ce n’est que le lendemain que sa grand-mère s’est inquiétée de sa disparition. La police a alors été alertée et une première battue a été effectuée dans la nuit de vendredi, des proches ayant déclaré avoir entendu sa voix dans les bois.
 
Cris, pleurs, l’émotion était à son comble à cité Anoska hier. Les proches de la fillette sont catégoriques. «Si la police avait persisté et avait continué les recherches vendredi dernier, Eleana serait peut-être toujours en vie aujourd’hui», avancent-ils, très remontés.
 
Abandonnée par son père, celle-ci vivait chez Michel Perrine, son grand-père maternel, depuis sa naissance. Celui-ci confie que la petite l’appelait Pa. «Elle n’était pas du genre  fugueuse. Pourquoi tant de cruauté et de haine envers une enfant ?» pleure ce grand-père, meurtri par la douleur. «Pourquoi l’a-t-on tuée ? Pour qu’elle ne raconte pas ce qu’elle a vécu ?»
 
Les funérailles d’Elena auront lieu aujourd’hui.
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