«Licence» décentralisée: Les auto-écoles marronnes envahissent Curepipe

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Une voiture d’auto-école à Port-Louis. Des moniteurs affirment que de nombreuses personnes se sont lancées dans ce business sans posséder de permis.

Une voiture d’auto-école à Port-Louis. Des moniteurs affirment que de nombreuses personnes se sont lancées dans ce business sans posséder de permis.

Elles ont quitté la capitale pour les hauts plateaux de Curepipe. Depuis qu’il est possible de passer des épreuves de conduite aux Casernes à Curepipe, plus d’une dizaine d’auto-écoles marronnes ont envahi la ville lumière.

Qui sont ces gens et comment opèrent-ils ? Selon une source policière, aussi bien des hommes que des femmes se lancent dans cette activité illégale. «Ils n’ont qu’à faire installer un dual control system dans leur voiture, et s’autoproclament moniteurs d’auto-école», indique notre source. Elle ajoute que «n’importe quel mécanicien» peut installer ce système de pédales, vu que la loi ne dit rien à ce sujet.

«Je connais même des gens qui ont mis un terme à leur carrière pour se lancer dans ce business. Cela rapporte beaucoup, car les tarifs que les faux moniteurs demandent sont identiques à ceux demandés par les vraies auto-écoles», ajoute cette même source. Femmes au foyer, policiers à la retraite ou encore jeunes au chômage…

Autant de gens qui donnent des cours de conduite sans pour autant posséder un permis pour le faire. Et à Curepipe, ils empruntent le même trajet que les vraies auto-écoles,c’est-à-dire celui défini par la Traffic Branch Unit pour les candidats.

Comment les reconnaître ? Manoj Rajkoomar, secrétaire de l’Association des moniteurs d’auto-école, laisse entendre qu’il est facile pour les professionnels du métier de reconnaître les «fraudeurs», mais cela risque d’être compliqué pour les autres. «Les fraudeurs collent un L à l’arrière de leur voiture comme le font les vraies auto-écoles, mais ils ne possèdent pas la vignette octroyée aux vraies auto-écoles», laisse-t-il entendre.

Il affirme que souvent, les vraies auto-écoles sont complices dans ce business illégal. «Pour passer l’épreuve de conduite, les auto-écoles marronnes s’arrangent avec les genuine. Elles agissent un peu comme des Feeder Schools. En retour, elles obtiennent une commission», fait valoir Manoj Rajkoomar.

Selon le secrétaire de l’Association des moniteurs d’auto-école, les autorités peuvent stopper les auto-écoles marronnes de plusieurs façons. «Un moyen serait de rendre illégale l’installation d’un dual control system dans la voiture. Ensuite, l’État aurait pu retourner à l’ancien système, qui consiste à octroyer des plaques minéralogiques de couleur marron aux auto-écoles détenant un permis d’opération», dit-il. Du côté des autorités, on indique qu’une équipe de policiers commencera bientôt à traquer les auto-écoles marronnes à Curepipe.

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