Fayzal Bundhun : « La communauté locale du volley-ball attend beaucoup de moi et je ne la laisserai pas tomber »

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Fayzal Bundhun ,Président de l'association mauricienne de volley-ball.

Fayzal Bundhun ,Président de l'association mauricienne de volley-ball.

Fayzal Bundhun était conscient du défi qui se présentait à lui quand il a accepté d’assumer la présidence de l’Association mauricienne de Volley-Ball (AMVB) en décembre dernier suite à la démission de Bharun Teeroovengadum. L’homme qui a tout connu dans le volley-ball est déterminé à mener à bien sa mission. Pour cela, il compte investir dans la formation des jeunes et des cadres. Il souhaite voir les sélections nationales faire bonne figure aux Jeux des iles de l’océan Indien en aout et accordera aussi une attention particulière au développement du beach volley. Fayzal Bundhun ne souhaite pas perdre son temps dans des polémiques et demande qu’on lui fasse confiance et qu’on le laisse travailler tranquillement…
 
Comment le volley-ball mauricien se porte-t-il ?
Jusqu’à présent, nous avons pu respecter notre calendrier. Nous avons organisé un tournoi de sélection de beach volley, envoyé des équipes mauriciennes aux Seychelles pour participer à la première manche qualificative pour les Jeux Olympiques de 2016. On a enchainé avec l’ouverture de la saison en salle avec la Charity Cup et la Republic Cup. Nous avons aussi délégué des représentants à un séminaire technique en Egypte. Tout cela en prenant en ligne de compte que le ministère des Sports avait suspendu nos subventions. Nous ne sommes pas restés les bras croisés. Donc, je dirai que le volley mauricien continue à avancer.
 
Vous conviendrez quand même que le niveau a bien régressé ces dernières années…
Oui, le volley-ball local a régressé. Mais cela fait un bon moment déjà que cette régression a commencé. Nous essayons de redresser la barre. En 2010, une dizaine d’écoles de volley avaient commencé à fonctionner sous la responsabilité de François de Grivel. Pas moins de 200 enfants, garçons et filles confondus, étaient concernés. Mais en janvier 2013, l’une des premières décisions prises par le président fraichement élu à la tête de la fédération, Bharun Teeroovengadum, a été de remercier M. de Grivel d’une façon inélégante. Si ce travail avait continué, il y aurait eu davantage de jeunes qui pratiqueraient le volley à l’heure actuelle. Et nous aurions assisté à l’éclosion de nouveaux talents.
 
La formation figure-t-elle parmi vos priorités ? La relance du centre de formation est à l’ordre du jour ?
Oui, nous voulons relancer le centre de formation. Du 11 au 15 avril, grâce au soutien de la Fédération  internationale de Volley-Ball (FIVB), sera organisé chez nous un stage de formation à l’intention des jeunes âgés de 14 et 18 ans sous la férule de l’expert international, André Glaive. Ce sera un tremplin pour préparer les Jeux des iles de l’océan Indien de 2019. A plus long terme, nous allons mettre en place l’African Dream Project qui est un programme qui va toucher ceux âgés de 8 à 10 ans. Nous avons encore quelques détails à régler avant de lancer cette action qui, dans un premier temps, s’échelonnera sur quatre années. Nous verrons ensuite comment les choses vont évoluer.
 
Votre prédécesseur, Bharun Teeroovengadum, avait fait de l’embauche d’un Directeur Technique National (DTN) étranger l’une de ses priorités mais le projet ne s’était pas concrétisé. Souhaitez-vous aller dans la même direction ?
Si nous pouvons bénéficier du financement nécessaire, certainement. Pour qu’un tel projet se concrétise, il faut l’accord et le soutien du ministère des Sports. Mais je ne veux pas d’un DTN pour une durée de 6 mois ou une année. Je veux que ce soit sur la durée, au moins 3 ou 4 ans minimum comme cela a été le cas avec Christian Marty dans le passé. Mais valeur du jour, nous n’avons pas les moyens financiers pour recruter un DTN étranger…
 
Ou alors songez-vous à faire confiance à un technicien mauricien pour assumer cette fonction ?
En 2003, quand l’ile Maurice avait accueilli les JIOI, le ministre des Sports d’alors (ndlr : Ravi Yerrigadoo) avait dit que les entraineurs mauriciens étaient compétents. Il avait cité Akbar Patel qui avait mené la sélection nationale de football à la médaille d’or et moi qui en avait fait de même avec la sélection masculine de volley-ball. Ce qui veut dire que les entraineurs mauriciens ont des qualités. Mais il leur faut suivre des cours de recyclage. D’ailleurs, nous allons profiter du passage d’André Glaive chez nous pour tenir un cours de ce type. Il faudrait aussi que les entraineurs mauriciens les plus méritants aient la possibilité de poursuivre leur formation à l’étranger. Pour qu’un Mauricien puisse occuper la fonction de DTN, il faut qu’il ait la formation voulue et qu’il puisse faire son travail dans les meilleures conditions possibles. Mais il est aussi vrai de dire qu’un étranger apportera de nouvelles techniques. Je crois dans les compétences locales mais aussi dans l’apport des entraineurs étrangers.
 
Les JIOI qui auront lieu du 1er au 9 aout à La Réunion sont l’événement majeur de la saison. Etes-vous satisfait de la façon dont se déroule la préparation des deux présélections nationales ?
Je suis plus ou moins satisfait de la manière dont la préparation se déroule. Il y a des moments ou tout va bien et d’autres ou c’est plus difficile. Je constate que les présélectionnés sont motivés. Ils progressent tranquillement. On a vu, lors des matches de la Republic Cup, la différence entre ceux qui font partie des présélectionnés et les autres. 
 
Qu’est-ce qui est prévu pour permettre aux présélectionnés de monter en puissance d’ici l’échéance dans cinq mois ?
Le volume d’entrainement ira en augmentant. Il est aussi programmé que les deux sélections prennent part à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Pour les filles, ce sera en juin (du 10 au 20) au Kenya et pour les garçons en juillet (du 12 au 22) en Egypte. Pour la sélection masculine, cela tombe à point nommé parce que la compétition se tiendra juste avant les JIOI. Elle aura ensuite quelques jours pour apporter les derniers réglages. Ce seront des tournois relevés et donc un bon tremplin pour nos sélections.
 
Quelle performance attendez-vous de la part des deux sélections mauriciennes à ces Jeux prenant en considération le fait qu’elles n’ont pas figuré sur le podium lors des deux dernières éditions ?
Pour le moment, nous sommes au pied du podium…comme toutes les autres iles participantes. J’ai dit aux présélectionnés de prendre plaisir à jouer au volley, et si l’occasion se présente d’être sur le podium. Peu importe la couleur de la médaille. Maintenant, cela dépend aussi de l’investissement. S’il est grand, il est logique qu’il faudra un retour sur investissement.
 
L’AMVB accorde aussi de l’importance au beach volley. Les sélections nationales ont débuté leur quête d’une qualification olympique pour 2016. Comment évaluez-vous leurs chances d’atteindre cet objectif ?
Les données actuelles ne sont pas du tout les mêmes que celles de la précédente olympiade en 2012. Nous donnerons les moyens à nos équipes pour aller le plus loin possible. Il y a aussi les Jeux d’Afrique prévus en septembre que nous préparons. Le souci c’est que les Jeux d’Afrique et la deuxième phase qualificative pour les JO (tournoi zonal) arrivent juste après les Jeux des iles de l’océan Indien. La plupart des joueurs qui font partie des équipes de beach volley sont aussi membres des sélections de volley en salle. Mais si les moyens nous le permettent, nous enverrons nos beach volleyeurs se préparer à l’étranger. Nous avons déjà établi des contacts avec des centres spécialisés en Autriche, en Hollande et en Espagne dans cette optique.
 
I Qu’est-ce que l’AMVB compte mettre en place pour promouvoir davantage cette discipline à Maurice ?
Lors de la tenue de la compétition de beach volley à Flic en Flac le 18 janvier dernier, nous avons réalisé que beaucoup de personnes voulaient pratiquer cette discipline, aussi bien des adultes que des enfants. Donc, nous n’allons seulement nous concentrer sur l’aspect compétition mais aussi sur l’aspect loisir. Nous ferons en sorte d’emmener le beach volley dans plusieurs régions à travers l’ile dont Mon Choisy, Riambel ou Belle Mare. Nous espérons avoir la collaboration de la Beach Authority.
 
Le Budget 2015 a été présenté le 30 mars à l’Assemblée nationale par le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo. Pensez-vous que suffisamment d’attention a été accordée au sport ? Quelles sont les mesures qui vous auriez souhaitées personnellement ?
Chaque discipline sportive a ses spécificités et évolue selon ses capacités. Il faut des moyens pour avancer. Nous aurions tous voulu avoir plus de moyens à notre disposition. Il faut aussi savoir ou on veut emmener notre sport. Depuis 1999 et l’abolition du football communal, l’Etat investit beaucoup dans ce sport mais pour quel retour sur investissement ? Je pense que d’autres sports doivent être mieux considérés. Je maintiens que pour que le volley-ball progresse, l’investissement dans les jeunes et dans la formation des cadres va de pair. Rome n’a pas été bâtie en un jour !
 
L’AMVB a récemment été secouée par des démissions notamment celle de l’ancien président Bharun Teeroovengadum. Celui-ci a affirmé que l’une des raisons qui ont motivé sa décision est qu’il ne voulait pas faire partie d’un comité ou siège un membre dont le club serait dans l’illégalité, en l’occurrence Soogam Ramkalawon, président de Faucon Flacq Camp Ithier VBC. Ses affirmations sont-elles fondées ?
Ce monsieur qui a affirmé cela, comment l’a-t-il su ? Et quand il a su qu’une chose illégale avait été faite, il aurait pu prendre des actions comme contacter le Registrar of Associations par exemple. Nous faisons beaucoup d’efforts pour relancer le volley-ball. Personnellement, je n’ai rien à gagner ou à prouver dans le volley-ball. Mais quand j’ai accédé à la présidence, j’ai senti que je recevais un message de la communauté locale du volley-ball. Elle attend beaucoup de moi et je ne la laisserai pas tomber. Je demande qu’on me fasse confiance et qu’on me laisse travailler tranquillement.
 
Vos détracteurs affirment aussi que les procédures n’ont pas été respectées lors de votre élection comme président de l’AMVB. Que leur répondez-vous ?
L’opinion d’une personne ne peut être interprétée comme un règlement. Si quiconque estime que les procédures n’ont pas été respectées, il est libre de faire appel aux instances appropriées telles que le ministère de la Jeunesse et des Sports, le Comité Olympique Mauricien ou le Registrar of Associations. Cela afin que ces instances mènent une enquête. Personnellement, je suis un citoyen qui respecte les lois et je ne permettrais à personne d’agir d’une manière qui est contraire aux lois. 
 
La famille du volley-ball mauricien est plus que jamais divisée. Qu’allez-vous mettre en œuvre pour ramener l’unité en son sein ?
Je ne dirais pas que la famille du volley-ball est divisée. Mais comme dans toute démocratie, chacun est libre de ses opinions. Mais l’essentiel est que tous les athlètes puissent participer à nos activités même si nous avons des désaccords avec leurs dirigeants. 
 
Y a-t-il un message que vous voulez faire passer avant de conclure cet entretien ?
Ce que je veux c’est donner un encadrement adéquat à nos jeunes volleyeurs. Personne n’est parfait sur Terre mais chacun a des qualités pour faire avances des causes. Utilisons nos qualités et essayons de contrôler nos défauts.
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