Affaire BAI: Xavier-Luc Duval mis à mal par sa réponse à une PNQ

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Une explication de Xavier-Luc Duval, ancien ministre des Finances, est attendue concernant le cas de la BAI.

Une explication de Xavier-Luc Duval, ancien ministre des Finances, est attendue concernant le cas de la BAI.

«Xavier-Luc Duval n’a pas pris en compte l’avertissement.» Le leader de l’opposition a, le samedi 4 avril, affirmé avoir prévenu les autorités quant au risque que représentait le groupe British American Investment (BAI) dès 2013. Il avait adressé une Private Notice Question (PNQ) au ministre des Finances de l’époque Xavier-Luc Duval sur ce sujet. Qu’a-t-il fait concernant le cas de la BAI ? Il prévoit de tenir une conférence de presse dans le courant de cette semaine dans le but de s’expliquer.
 
Le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, croit savoir, lui, que la réponse de Xavier-Luc Duval à la PNQ était dictée par l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam. «Xavier-Luc Duval m’a dit que la réponse de sa PNQ has been worked out by the Prime Minister, c’est-à-dire Navin Ramgoolam», a soutenu le grand argentier, le dimanche 5 avril.
 
> Vishnu Lutchmeenaraidoo commentant la réponse de Xavier-Luc Duval lors de la PNQ de Paul Bérenger sur l’affaire BAI.
 
Au Parlement, le 21 novembre 2013, l’ancien ministre des Finances avait indiqué que le Fonds monétaire international (FMI) avait alerté les autorités locales sur les agissements du conglomérat et que depuis, la Financial Services Commission (FSC) suivait les choses de près. Le groupe financier était montré du doigt depuis 2012. Le FMI avait fait ressortir qu’il ne respectait pas les normes financières exigeant qu’un groupe ne dépasse pas le seuil de 10 % de profits réinjectés dans ses compagnies sœurs. Et c’était justement le cas de la BAI. C’est ce qu’avait concédé Xavier-Luc Duval au Parlement.
 
«J’avais souligné qu’en 1999 ou 2000, la même chose s’était produite aux Caraïbes. Xavier-Luc Duval avait répondu qu’il n’était pas au courant de la situation et n’a pas pris en compte l’avertissement», a expliqué le leader de l’opposition samedi. Paul Bérenger a avancé qu’aux Caraïbes, ce sont les fonds publics qui ont servi à rembourser ceux qui y avaient placé leur argent.

La BAI aussi épinglée à la Barbade

La branche de la BAI Co. Ltd, à la Barbade, une île des Caraïbes, avait été mise en insolvabilité en 2013. Et la crise de liquidités a poussé l’institution à fermer ses portes. Les clients s’étaient rués vers la compagnie d’assurances, réclamant le remboursement de leurs cotisations. Sauf que la firme avait affirmé ne pouvoir le faire.
 
Or, la Cour suprême de la Barbade avait décidé que le conservateur de la société de comptables KPMG devait se charger des remboursements, qui se chiffraient à des millions de dollars. Les détenteurs de polices d’assurance disent avoir été bernés dans ce scandale financier qui a éclaté en 2010. Ils ont obtenu leurs chèques, mais trois ans plus tard. Cela représentait des «premiums» qui n’avaient pas été payés aux clients depuis la nomination du conservator.
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Le coup de grâce a été donné à 00 h 45, vendredi 3 avril. Dans un communiqué, la Banque de Maurice  indique que le permis d’opération de la Bramer Bank est suspendu pour non-respect des pratiques bancaires, entre autres. Depuis, les conférences de presse se sont enchaînées et les questions n'ont cessé de surgir. Zoom sur cette affaire présentée comme une crise sans précédent pour le pays par le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo.

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