Robin Appaya : un homme de terrain

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L’évolution est le propre de l’homme. Cette rhétorique, Robin Appaya semble l’avoir nourrie tout au long de sa vie. Originaire de la rue Motais, à La Butte, ce benjamin d’une fratrie de neuf enfants a grandi dans l’atmosphère conviviale du Port-Louis d’antan où les barrières ethniques et sociales sont inexistantes.

Une époque où les voisins sont des membres à part entière de la famille. Où la valeur d’un ami est davantage jaugée par sa gentillesse que par la taille de son portefeuille. Son enfance est aussi bercée par le sens du partage et de l’effort. Et la conviction qu’il vaut mieux s’aider soi-même plutôt que d’attendre un geste d’autrui.

Durant ses années passées sur les bancs de l’école Notre-Dame du Bon Secours, à la rue Edith Cavell, Robin Appaya caresse un rêve. Celui d’être médecin. Il espère se mettre au service des plus démunis. Son père, un salarié du Central Electricity Board (CEB), parvient à le convaincre de choisir une autre voie : ingénieur. Surtout que cet organisme privilégie l’embauche des enfants de ses employés.

Il troque l’uniforme contre une robe

Il étudie donc la physique lorsqu’il prépare ses examens du Higher School Certificate au collège St-Mary’s. Mais les centrales électriques ne parvenant pas à le séduire, il décide, à l’âge de 20 ans, de devenir pilote de ligne. Ses parents, deux de ses soeurs et lui-même ayant choisi d’émigrer au Canada dans l’espoir d’un avenir meilleur, il s’inscrit dans une école de Vancouver grâce à une aide du gouvernement fédéral.

Quatre ans durant, Robin Appaya brave la rigueur hivernale. Éreinté, il finit par abandonner écharpe, gants et manteau pour retrouver le soleil mauricien. Tout comme ses vieux parents qui n’arrivent pas à s’acclimater. Il postule donc pour un emploi d’apprenti-pilote auprès de la compagnie nationale d’aviation avec ses 60 heures de vol au compteur. Air Mauritius n’embauchant que des pilotes qualifiés, il est recruté comme personnel navigant.

 

Après une décennie à bourlinguer dans les airs, le steward estime qu’il est temps pour lui de troquer son uniforme contre une robe. Ce sont des amis rencontrés sur certains vols qui le poussent à entamer des études de droit. Il se tournera vers l’université de Londres à partir de 2000. Cela ne l’empêche pas non plus de militer pour la sécurité routière aux côtés de son ex-Senior Flight Pursuer Alain Jeannot. Onze ans plus tard, il prête serment et rejoint Erriah Chambers pour ses premières armes au barreau mauricien.

Un an pour effectuer un «nettoyage»

Trois ans après, le Mouvement militant mauricien et le Parti travailliste ayant décidé de faire alliance dans l’espoir que Paul Bérenger soit Premier ministre et Navin Ramgoolam président, il se rapproche du Mouvement socialiste militant. Une de ses proches en est déjà membre mais c’est un appel du leader, Pravind Jugnauth, en quête de nouvelles têtes, qui le pousse à sauter le pas. Il devient un des Campaign Managers de l’alliance Lepep dans la circonscription n° 1, considérant que le futur ne peut se bâtir sans le parti orange.

À l’issue du scrutin du 10 décembre, une opportunité s’offre à Robin Appaya : être le Senior Legal Adviser du n° 3 du gouvernement, Showkutally Soodhun. Son job : se pencher sur les transactions douteuses de terres de l’État sous les deux derniers mandats de Navin Ramgoolam. Plusieurs des dossiers qu’il a traités ont fini sur la table du State Law Office. D’autres sont en passe de connaître le même sort.

Bien que ce travail soit moins rémunéré, l’avocat se donne un an pour effectuer un «nettoyage» au ministère du Logement et des Terres. Ainsi qu’au sein de la National Housing Development Company où il a été nommé président d’un comité disciplinaire chargé de se pencher sur certaines maldonnes. Notamment autour de la construction de maisons aux plus démunis.

La suite de son parcours dépendra du prochain challenge qu’il se sera fixé.

1966. Le 5 janvier, à l’ancien hôpital Civil, Robin Appaya pousse ses premiers cris. Il est le dernier d’une lignée de cinq soeurs et quatre frères. Seetamah, son père, est responsable des stores portlouisiens du CEB. Lutchmee, sa mère, est femme au foyer.

1990. Il a 24 ans lorsqu’il rejoint Air Mauritius. Les voyages forment la jeunesse mais il pense que le droit va l’aider à mieux faire travailler son cerveau. Par souci de toujours repousser ses limites et d’assouvir sa soif d’apprendre.

2003. Il épouse l’avouée Anju Ghose, nièce de Maya Hanoomanjee, ancienne ministre de la Santé et aujourd’hui speaker de l’Assemblée nationale. C’est à travers des amis du barreau qu’ils ont fait connaissance. Le couple habite la rue Shand, à Beau-Bassin.

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