Au Parlement: le discours de Lutchmeenaraidoo jaugé par les députés

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Le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo lors de son grand oral hier, lundi 23 mars à l’Assemblée nationale.

Le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo, lors de son grand oral hier, lundi 23 mars, à l’Assemblée nationale.

Plus de deux décennies d’écart entre ses passages au ministère des Finances. Au Parlement, le lundi 23 mars, Vishnu Lutchmeenaraidoo a présenté le premier budget de l’alliance Lepep. Que relever de son «body language» ? D’abord, l’orateur aborde son discours sans relever son micro. Ce que son collègue Pravind Jugnauth s’empresse de faire pour lui. Il démarre avec une précision: «There are two bills.» Le ton est posé, Vishnu Lutchmeenaraidoo prend son temps, articule, bute sur quelques mots et expressions, dont ceux de «caring government».

La sobriété de son costume égale celle de son attitude. Vishnu Luchmeenaraidoo tourne les pages sans faire de bruit. À peine s’il lance un «wow» en citant l’augmentation vertigineuse du nombre de spots Wi-Fi. Et quand il saute une page, c’est avec un léger «excuse me, I have to start again» qu’il se rattrape.

Tout en ponctuant son discours de mots-clés en français. Si on les met bout à bout, on peut suivre le raisonnement de Lutchmeenaraidoo, comme sur une carte : «Notre économie est dans une phase d’essoufflement (…) un vaste chantier de développement (…) gradués chômeurs (…) poches de pauvreté (…) nation zougader (…) Un pays sans culture est un pays sans âme.»

Les premiers applaudissements arrivent à l’annonce de la création de la banque des PME. Nous sommes au tout début d’un discours qui durera presque une heure et trente minutes. Ils seront plus fournis à l’évocation des mètres cubes d’eau gratuits. Dans l’hémicycle, il y a les enthousiastes qui tapent sur la table à toute force, comme Raj Dayal, hilare, à l’annonce de la création d’une académie de police. Et le Premier ministre qui se contente de hocher du chef.

À la gauche du grand argentier : les diplomates – la France, l’Inde, Madagascar, l’Amérique. Au milieu, un mélange de représentants du secteur privé, de Sudhamo Lal de la Mauritius Revenue Authority. Et à sa droite, un carré d’épouses : la sienne, Suzanne, drapée dans un sari rouge à motifs, lady Sarojini Jugnauth en vert bouteille. Derrière elles : Aruna Collendavelloo et Sandhyana Sinatambou.

Dans l’hémicycle, il y a aussi ceux qui notent assidûment, des deux côtés de la Chambre, comme Aurore Perraud, Reza Uteem ou Alan Ganoo. Il y a ceux qui griffonnent quelques mots. Il y a Paul Bérenger qui triture son stylo sans rien noter mais qui ne se prive pas d’expressions faciales de mécontentement.

Xavier-Luc Duval, lui, alterne régulièrement entre son portable et sa tablette. Provoquant des sourires et des commentaires des députés mauves à l’annonce de l’abolition de la taxe de 10 sous sur les SMS. Plus tard, en conférence de presse, Paul Bérenger, leader de l’opposition, ne manquera pas de rappeler que celui qui avait institué cette taxe, c’était bien Xavier- Luc Duval.

Cela fait déjà une heure que le grand argentier tient le crachoir. C’est l’heure de la gorgée d’eau. Ce sera la seule.

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