MMM: la crise bat son plein

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Les démissionnaires contestent l’autorité du leader des mauves. Le MMM peut-il exister sans Paul Bérenger ?

Les démissionnaires contestent l’autorité du leader des Mauves. Le MMM peut-il exister sans Paul Bérenger ? 

Raffick Sorefan ne part pas seul, semble-t-il. Suivant la démission du MMM du député correctif du n° 15, Vacoas-Phoenix, le comité régional de la circonscription compte lui aussi claquer la porte. C’est du moins ce qu’a annoncé Joe Lesjongard lors d’une conférence de presse hier, vendredi 20 mars.

«Cela inclut les membres de l’exécutif : le président, le secrétaire et d’autres membres, ainsi que les branches de la circonscription», précise le député de la circonscription n° 14, Savanne–Rivière-Noire.

Sollicité par l’express, un membre du comité régional devait préciser que «quelques personnes partent. Ce qui ne veut pas dire que c’est un départ généralisé au niveau des branches». Du reste, hier soir, le comité régional du n° 15 s’est réuni. «Nos membres sont présents», a indiqué notre interlocuteur.

Face aux démissionnaires, d’autres membres du comité régional prévoient d’organiser une conférence de presse, eux aussi. L’objectif : afficher leur soutien au parti.

Est-ce la fin du MMM ?

En attendant, les spéculations vont bon train en ce qui concerne l’avenir du parti, surtout suite aux sorties de Steve Obeegadoo et Kavi Ramano contre la direction. Ces derniers ne font face pour le moment à aucune sanction, mais Paul Bérenger a affiché sa désapprobation en condamnant leur attitude. 

L’historien politique Jocelyn Chan Low rappelle que ce n’est pas la première fois que les Mauves font face à une telle crise. Dès ses jeunes années, le parti a en effet été le théâtre de batailles internes qui ont résulté en de nombreuses démissions. «D’ailleurs, très peu d’élus mauves de 1976 font encore partie du MMM», souligne-t-il.  

Personnalisation des partis

Selon notre interlocuteur, le contexte, après la défaite aux dernières élections, est fortement propice à une telle crise. Mais cela veut-il dire pour autant que Paul Bérenger risque de perdre sa place de leader ? «Aujourd’hui, au sein du MMM, je ne vois personne qui pourrait remplacer Bérenger, répond-il. Ce que nous voyons, ce sont des gens qui montent au créneau tout en disant que Bérenger doit rester là

L’historien estime qu’à Maurice, il existe un phénomène de «personnalisation des partis politiques». Ces derniers « tournent autour d’une personne », avance Jocelyn Chan Low, «comme le PMSD de Gaëtan Duval ou le PTr de SSR». «A Maurice, un parti politique a un leader incontesté et incontestable», ajoute-t-il.

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