Constructions sauvages : les esprits s’échauffent à Saint-Hubert et Saint-Hilaire

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Le passage d’un drain obstrué par des constructions et des déchets, à Saint-Hilaire. Les habitants de la région estiment que telle est la cause des récentes inondations.

Le passage d’un drain obstrué par des constructions et des déchets, à Saint-Hilaire. Les habitants de la région estiment que telle est la cause des récentes inondations.

Inondations riment avec peur,frayeur. Mais aussi avec colère : c'est le cas à Saint-Hubert et à Saint-Hilaire, Grand-Port. Les récentes grosses pluies et les accumulations d’eau subséquentes ont été à l’origine de querelles de voisinage dans beaucoup de quartiers. En cause : des constructions sauvages entreprises par certains, résultant en des drains bouchés.

La situation a dégénéré

Indranee Soobrayen, une habitante de Kanhye Lane, explique qu’elle vit dans ce quartier depuis 1980. Et que lors des averses d’il y a deux semaines, c’était la première fois que la route a été aussi inondée. Elle montre du doigt le mur construit par un des résidants de cette impasse. Ce mur empiète sur l’emplacement qui servait de drain.

«Toute l’eau s’est accumulée sur le chemin. Nos cours ont été inondées. C’est lorsque nous avons fouillé un trou devant le mur que l’eau s’en est allée», dit Indranee Soobrayen. La situation, ajoute-t-elle, a fini par dégénérer en querelle, les autres habitants s’en prenant au voisin en question.

Sollicité, ce dernier fait ressortir que le mur se situe «dans les limites de son terrain».

L’accès à des drains bloqué

À Saint-Hubert, des cours ont aussi été inondées parce que l’accès à un drain naturel qui  déverse ses eaux dans la rivière a été bouché. Madhooree Doolub, dont le domicile se situe à deux maisons de la rivière, indique que c’est un mur construit par un des voisins qui a bloqué l’accès à ledit drain.

«Nous avons laissé un espace à l’arrière de nos maisons pour que l’eau de pluie puisse s’écouler. Me voizin inn ferm kot li ar miray e tou inn res kot nou lamem, inn monte inn rempli dan lakaz.»

Du côté du conseil de village, on se dit conscient du problème. La présidente Deepuntee Cureemsingh concède que les constructions sauvages sont en train de causer des problèmes de voisinage. «Personne ne veut plus collaborer. Il serait temps d’y mettre bon ordre.»

Contacté, le président du conseil de district de Grand-Port, Vinaye Harcharan, laisse entendre que toute personne entreprenant une construction doit respecter le passage des drains naturels. «Or, souvent ces personnes l’omettent dans leur plan et c’est bien après qu’on découvre qu’ils ont bloqué les passages naturels d’eau», déplore-t-il.

Selon lui, une concertation entre différentes instances, telles que la Water Resources Unit, qui détient les plans des canaux et ruisseaux, le ministère des Collectivités locales et aussi le gouvernement central est nécessaire afin de refaire des plans détaillés des villages. Ce qui permettrait  aux autorités d’être plus avisées en accordant des permis de construction.

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