Chagos: le verdict qui a tout changé

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Le coup de frein du tribunal permanent de la Haye au projet britannique aux Chagos pourrait ouvrir de nouvelles opportunités par rapport aux revendications de Maurice sur l’archipel.

 Le coup de frein du tribunal permanent de la Haye au projet britannique aux Chagos pourrait ouvrir de nouvelles opportunités par rapport aux revendications de Maurice sur l’archipel.

On pensait l’espoir des Chagossiens définitivement abandonné. Mais, comme l’a titré The Guardian hier, vendredi 20 mars, «UN Ruling raises hope of return for exiled Chagos islander». D’après le journal britannique, le jugement rendu par les Nations-Unies sur le parc marin établi par la Grande-Bretagne «jette le doute sur l’affirmation britannique d’absolue souveraineté sur les Chagos». 
 
Et pour cause : la République de Maurice a désormais son mot à dire sur tout souhait de développement sur ces îles venant des britanniques… ou des américains. Ce qui signifie que la base navale de Diego-Garcia ne devrait pouvoir être agrandie sans l’aval de Port-Louis. Voilà qui ne ferait pas du tout les affaires de l’oncle Sam…
 
«Total mépris»
 
The Guardian souligne que deux des cinq juges de l’UN ont souligné que «la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont placé leurs intérêts de défense au-dessus des droits de Maurice». L’excision de ce territoire de Maurice, exercé trois ans avant l’Indépendance, est pour rappel en contradiction avec les règlements de l’UN à ce sujet. «L’excision de 1965 montre un total mépris de la Grande-Bretagne pour l’intégrité territoriale de Maurice», estiment ainsi les deux juges. L’établissement d’un parc marin sans l’accord mauricien l’est également, ajoutent-ils.
 
A Port-Louis, on jubile déjà. Le verdict de La Haye, qualifié d’«historique», devrait ouvrir de nouvelles voies pour l’Etat mauricien. Et c’est beaucoup plus fort qu’il s’assoira à la table des nouvelles négociations souhaitées par l’UN. «Ce jugement marque un pas important pour Maurice, pour l’Afrique et pour l’état de droit international», souligne Philippe Sands QC, avocat du gouvernement mauricien dans cette affaire. 
 
Et après ?
 
Mais qu’implique légalement ce jugement ? Répondant à la PNQ du leader de l’opposition au Parlement hier, vendredi 20 mars, le Premier ministre a expliqué que le gouvernement constituera un comité pour étudier avec minutie le document et voir comment il pourrait aider la cause chagossienne. Et c’est sir Anerood Jugnauth qui le présidera. 
 
La bataille continuera, et n’en sera pas moins rude. Les intérêts défensifs des Etats-Unis et l’importance géostratégique de la base sont trop grands. Une chose est toutefois certaine : britanniques et américains ne pourront désormais avoir la même « condescendance» (dénoncée d’ailleurs par La Haye) face au gouvernement mauricien lorsqu’ils discuteront de l’avenir de l’archipel. 
 
 
 
 
 
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