Lysie Ribot: «Pas question de rejoindre un autre parti pour accéder au pouvoir»

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Elle ne digère pas la décision de Paul Bérenger de mettre sur pied une «intelligence collégiale». Lysie Ribot, qui était présidente de la commission des femmes du MMM, a soumis sa démission le mardi 10 mars.

Que reprochez-vous à Paul Bérenger ?

Je lui reproche d’avoir dévié de ses principes et de prendre toutes ses décisions de manière unilatérale. Deux raisons principales expliquent mon départ du Mouvement militant mauricien (MMM).

D’abord, le MMM a dévié de ses principes de base : la lutte contre le communalisme et la méritocratie entre autres. Il y a un malaise profond au sein du parti et l’électorat est en colère.

Ensuite, cette décision de mettre sur pied une «intelligence collégiale» n’apparaît pas dans les règlements du parti et c’est une insulte au Bureau politique (BP) qui devient une farce. Nous ne savons même pas quels sont les critères pour être membre de ce «super BP».

Paul Bérenger dit qu’il n’a plus confiance dans le BP et je trouve choquant qu’il dise qu’il y a des fuites du BP à la presse et que donc, il y a des traîtres dans le BP. S’il sait qui sont ces traîtres, pourquoi ne pas les dénoncer?

S’il y avait un malaise, pourquoi ne pas avoir démissionné plus tôt ?

J’espérais que les choses allaient changer avec les propositions de relance du parti et j’y ai cru jusqu’à la dernière minute  mais je n’ai plus ma place au MMM. J’envisageais depuis quelque temps déjà de démissionner et cela, avant même les élections du comité central et du BP.

Ma décision n’a rien à voir avec les démissions de Joe Lesjongard, Jean- Claude Barbier et Raffick Sorefan. Je ne suis pas une suiveuse aveugle et j’ai pris ma décision seule.

J’ai été active dans le parti pendant les cinq ans où j’ai été députée, et je suis au MMM depuis encore plus longtemps. Cette façon de faire du leader m’a encouragée dans ma décision de quitter  le parti et la mise sur pied d’une «intelligence collégiale» a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Paul Bérenger parle d’«intelligence collégiale» mais ce qu’il propose ne correspond pas à la défi nition du terme car il reste le leader et prend les décisions.

Je n’ai aucun regret quant à cette décision que j’ai prise car je suis une vraie militante, même si je suis triste car le MMM, c’est mon parti.

Ce n’est donc pas le fait de ne pas avoir été élue au comité central et au BP qui vous a poussée à démissionner ?

Il est vrai que je n’ai été élue ni au comité central ni au BP mais j’ai été cooptée, comme j’étais la présidente de la commission des femmes. Je respecte la décision des militants de ne pas m’avoir choisie mais cette élection n’a pas été faite de manière juste. De toute façon, je pensais à la démission avant ces élections et les résultats n’ont pas influencé mon choix. Toutes ces démissions sont motivées par les mêmes raisons et on va réfléchir ensemble à ce qu’on va faire. Mais il est hors de question de rejoindre un autre parti pour accéder au pouvoir.

Quelle est votre réaction après que Paul Bérenger a confié qu’il avait eu tort de s’allier au Parti travailliste ?

Je trouve que c’est très bien, mais ilaurait dû le faire plus tôt, c’est-à-dire justeaprès la défaite de l’alliance PTr-MMMaux dernières élections. Son geste est bienvenu,mais c’est trop tard. C’est un peu du réchauffé car les gens ont déjà expriméleur colère.

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