Joe Lesjongard: «Le MMM est devenu un fan club»

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Pour Jean-Claude Barbier, Raffick Sorefan et Joe Lesjongard, Paul Bérenger est le principal responsable du malaise qui s’est emparé du MMM.

Pour Jean-Claude Barbier, Raffick Sorefan et Joe Lesjongard, Paul Bérenger est le principal responsable du malaise qui s’est emparé du MMM.

«Notre engagement aujourd’hui est envers les militants. Nous connaissons et nous comprenons leur souffrance.» Malgré sa démission, ce mardi 3 mars, des instances du MMM, Joe Lesjongard affirme garder le cœur militant. Raffick Sorefan a également soumis sa démission ce matin. Les députés ont expliqué les raisons de leur décision lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, cet après-midi. Ils étaient accompagnés de Jean-Claude Barbier, qui a récemment été exclu du parti.
 
Ils ont tous «présenté leurs excuses aux militants» pour la débâcle du MMM lors des dernières élections générales. D’après Joe Lesjongard, la direction du MMM a perdu ses valeurs d’autrefois. «La lutte contre la corruption est passée au second plan. Il y a un malaise profond au parti. Le MMM est devenu un fan club», a-t-il lancé.

«Communalisme scientifique»

Selon l’élu du n°14, les militants sont «fatigués de lutter avec Paul sans aucun résultat». Mais des deux, c’est Raffick Sorefan qui a été le plus hargneux envers son ancien leader. «Paul s’est entouré de sa clique en pratiquant le communalisme scientifique», a-t-il dénoncé. Il a aussi partagé son scepticisme face à la nomination de quatre leaders adjoints au MMM. La direction du parti, s’est-il exclamé, est un «Etat dans l’Etat», où il y a «zéro méritocratie».
 
Raffick Sorefan pense également que le patron des Mauves aurait dû présenter des excuses aux militants après la cuisante défaite du parti aux élections. «C’est la première chose qu’il aurait dû faire. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait? Par orgueil?» s’est interrogé le député. D’après lui, «l’orgueil n’a pas sa place en politique».

«Piétiné par Paul»

Prenant la parole à son tour, Jean-Claude Barbier a affirmé s’être fait «piétiner par Paul», alors qu’il a «donné quarante ans de sa vie au MMM». Il est revenu sur son exclusion, expliquant que celle-ci n’est «toujours pas claire». «Ils m’ont accusé d’avoir tenu une réunion chez moi. Ce sont des prétextes pour se débarrasser de ceux qui disent la vérité et pour que les autres aient peur de parler», a-t-il avancé. Selon Jean-Claude Barbier, le leader du MMM a «dévié de son combat initial», et cela aura des conséquences graves pour le parti.
 
Les trois dissidents mauves ont tous lancé un appel aux militants, leur expliquant que leur combat n’est pas terminé. «Rejoignez-nous pour rallumer la flamme du militantisme», s’est écrié Jean-Claude Barbier. Ce dernier prévoit d’ailleurs une «avalanche de démissions» au sein du parti.
 
Les mutins comptent-ils intégrer les rangs du Muvman Liberater d’Ivan Collendavelloo ou un autre parti ? Ils sont restés évasifs sur la question, mais précisent qu’ils n’ont discuté avec personne pour le moment. «Nous négocions avec les militants», soutiennent-ils.
 

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