Hippisme: assemblée générale élective du MTC : J-1

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Mukesh Balgobin : «On n’a pas le droit de laisser mourir cette industrie qui fait partie du folklore mauricien»
Après quelques années passées loin de la chambre des administrateurs – son dernier mandat a été entre 2007 à 2009 – Mukesh Balgobin a décidé de revenir briguer les élections au Mauritius Turf Club. Il s’est dit, pendant longtemps, écoeuré par la façon dont les choses se déroulent au Champ de Mars.
Pourquoi, donc, se donner la peine de prendre part à des élections, pour ensuite, en compagnie d’autres administrateurs, tenir les rênes du MTC à un moment où l’industrie hippique vit un de ses moments les plus difficiles ? «Par passion et par amour pour la chose hippique. J’aime les courses hippiques et je ne pouvais rester les bras croisés et ne pas venir prêter main forte pour redresser la situation catastrophique dans laquelle se trouve le club aujourd’hui», tempête Mukesh Balgobin.
«La situation est très grave au MTC. Valeur du jour, le public a perdu confiance dans les courses après tout ce qui s’est passé l’année dernière. Ils en ont le ras le bol. J’ai senti que je pouvais apporter ma pierre à l’édifice», poursuit-t-il.

EN GUERRE CONTRE LES MAGOUILLES

Et comment remettre le navire à flot ? À cette question, Mukesh Balgobin est catégorique : «Il faut, avant tout, que le public puisse avoir confiance dans les courses, et cela à mon avis ne peut se faire qu’à travers des décisions fermes.
(i) Je suggère que, dorénavant, avec l’acceptation de la GRA (Gambling Regulatory Authority), le programme soit rendu officiel le vendredi, soit à moins de 24 heures de la journée de courses. Cela devrait permettre de diminuer considérablement les manoeuvres des brebis galeuses qui essaient de tirer les ficelles.
(ii) De plus, il serait souhaitable que les opérateurs de paris soient autorisés à afficher les cotes seulement le jour de la course, et ce, à partir de 7h30, ceci s’insère dans la même logique qui est de mettre les bâtons dans les roues des magouilleurs.
(iii) Il faudrait aussi que la Police des Jeux veille au grain sur tout ce qui se passe au Champ de Mars. Sa présence lors d’une journée de courses est indispensable, à mon avis, car elle pourra commencer ses enquêtes dès qu’un jockey est suspendu.
(iv) Aussi, je suis pour que tous les administrateurs, commissaires de courses déclarent leurs avoirs tous les ans et ce dans un souci de totale transparence.
Et (v) on devrait oeuvrer pour l’avenir des courses. On doit travailler sur une formule qui puisse permettre à l’industrie de progresser un peu à la manière de l’Afrique du Sud ou pourquoi pas Dubaï», laisse entendre Mukesh Balgobin.
Ce passionné de courses a connu des moments de gloire au Champ de Mars, notamment lorsqu’il a été membre chez l’écurie Philippe Henry ou celle du défunt Serge Henry avec de nombreuses victoires classiques. Il n’y a aucun doute pour lui que le Club joue demain son va-tout.
«Travailler ensemble pour faire avancer la cause hippique ne serait pas trop demander. On doit avoir une bonne équipe pour mener à bien cette industrie. On n’a pas le droit de laisser mourir cette industrie qui fait partie du folklore mauricien.»
Naseeb KOREEAWA
Pierre A. de Chasteigner du Mée : «Je souhaite fédérer tous les membres du club
La commission d’enquête instituée par l’ancien gouvernement est une «claque magistrale à l’encontre du MTC» selon Pierre A. de Chasteigner du Mée. Membre du club depuis 1982 et ancien administrateur de la sucrerie de Constance pendant 20 ans, désormais retraité, ce dernier dit vouloir redonner à l’industrie hippique «ses lettres de noblesse».
Pour ce faire, notre interlocuteur souhaite surtout oeuvrer pour «fédérer tous les membres du club». Il estime que le club doit travailler dans «la même direction» afin de ramener le public au Champ de Mars, de revaloriser les propriétaires de chevaux, lesquels «sont un maillon essentiel» au fonctionnement des courses, et de regagner la confiance de tous les stakeholders, dont «la presse».
Âgé de 61 ans, Pierre du Mée n’a jamais été propriétaire de chevaux et fait ressortir qu’il s’intéresse à la chose hippique que par amour pour le cheval. «Je ne suis pas non plus un zougader», a-t-il ajouté. Pour lui, un administrateur doit avoir à coeur «l’avancement de l’industrie avant toute chose».
«Des décisions collégiales doivent être prises. Ce n’est qu’ensemble qu’on pourra se pencher sur les finances du club et la politique à adopter pour rétablir l’intégrité du sport roi mauricien. Autant dire qu’il y a un long chemin à parcourir au vu de la situation actuelle. Reste que la commission d’enquête pourrait bien aider à corriger les erreurs du passé», a déclaré notre homme.

«TROP DE CAS EN APPEL, PERDUS»

D’autre part, il se dit «dubitatif» quant aux nombreux cas perdus en appel par les Racings Stewards, l’année dernière. «Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans le Stewards’ Room. Ce n’est pas normal de perdre autant d’appels ! La logique, elle est toute simple : si un jockey ne respecte pas les Rules Of Racing, il doit être puni. Si ces Rules of Racing sont claires et sans ambiguïtés, you can’t loose on paper. Les conséquences doivent être à la mesure de la faute. Point barre», s’est offusqué le candidat du Mée. Pour remédier à cette situation, il propose d’offrir «plus de ressources et de soutiens aux Racing Stewards».
Les réclamations de la MRA faites aux entraîneurs, l’année dernière, ont également été abordées : «En tant qu’institution régissant les courses hippiques, le MTC a une responsabilité de clarifier cette situation.»
Il est intéressant de noter que Pierre du Mée plaide pour un rapprochement plus étroit avec le gouvernement. «On a besoin du gouvernement pour réussir dans notre tâche. Il est primordial de rétablir de bonnes relations avec un partenaire économique aussi important. De son côté, l’État doit assumer son rôle de facilitateur», devait-il concéder.

Jonathan CHATIGAN


Jean-Noël Fayolle : «Le dialogue doit primer»
Ancien Factory Manager de la compagnie usinière de Mon Loisir (CUML), ayant toutefois repris du service dans l’immobilier, Jean-Noël Fayolle souhaite «redorer le blason du MTC». À 65 ans, cet amoureux de la chose hippique dit vouloir rétablir la crédibilité de l’institution bicentenaire de la rue Eugène Laurent.
«J’ai toujours voté en mon âme et conscience pour le meilleur candidat que je pensais valable pour mon club, et ce, même si certains ‘clans’, me contactent tous les ans pour obtenir mon vote», a précisé Jean-Noël Fayolle.
Sa participation à ces élections découle du fait que la situation du club est dans le rouge. «Je ressens le besoin de me porter candidat dans le but d’aider mon club dans la mesure de mes moyens à sortir de l’impasse où il se trouve», a-t-il avancé.
Pragmatique, notre interlocuteur se passe de grands discours. Il avoue toutefois qu’il n’a «pas encore lu le rapport sur les finances du MTC», mais annonce d’ores et déjà la couleur : «Le nouveau conseil des administrateurs se dirigera sûrement vers une politique d’austérité et un contrôle rigoureux des finances.»
«Le dialogue doit primer», estime le candidat. «Il faut écouter les suggestions des entraîneurs, des membres du club et du public turfiste en vue d’améliorer l’état de la situation du MTC. Ce n’est que par l’écoute et le dialogue que les administrateurs pourront redonner confiance au public turfiste et à tous les stakeholders afin d’améliorer l’image du MTC», a-t-il ajouté.
Jonathan CHATIGAN
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