Tourisme chinois : S’inscrire dans la durée…

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Que veulent au juste ces touristes qui nous ont sauvé la mise l’année dernière et qui vont continuer à doper les arrivées ?

Il faut déjà s’accorder sur un point : on s’éloigne de plus en plus du profil de touristes chinois quelque peu tapageurs qui avaient débarqué à Maurice il y a quelques années et qui avaient réussi à mobiliser contre eux l’hôtelier soucieux de la tranquillité de sa clientèle européenne, le tour-opérateur étranger inquiet pour l’image de la destination et le personnel des hôtels qui rebutaient à servir une clientèle… non européenne.

Maurice n’est pas encore totalement immunisée contre le comportement intempestif de certains des touristes chinois que les autorités chinoises, elles-mêmes, ont d’ailleurs rappelés à l’ordre à travers une directive de plusieurs pages et en encadrant leur séjour et leur comportement à l’étranger.

Il y a un mieux général dans la mesure aussi où Maurice et ses hôtels notamment ont enfin presque tous fait ce qu’il fallait – à travers leurs représentations à l’étranger et leur dispositif local – pour mieux encadrer la clientèle chinoise. Des hôtesses d’accueil au menu en passant par des soirées à thème pour les divertir, le touriste chinois ne parlant pas une langue internationale est de mieux en mieux encadré. Ce respect – essentiel – est largement répercuté sur les réseaux sociaux internes (Webo, etc.) que les Chinois affectionnent et qui jouent – plus que les sites marchands – un rôle clé dans leurs intentions de voyage.

Pour accompagner le développement attendu et souhaité, le touriste chinois – le plus dépensier au monde selon l’Organisation mondiale du tourisme – a besoin maintenant  de prestations plus en rapport avec son statut nouveau.

Et cela passe par une attention plus soutenue à ses besoins réels qui peuvent se résumer en cinq points : dépaysement, exotisme, romantisme, culture et shopping. Si on peut émettre quelques réserves sur l’intérêt réel que représenterait le shopping à Maurice pour un touriste chinois, sur les autres points le potentiel de séduction est bien réel.

Sur ce marché prometteur et stratégique, il va falloir, une fois pour toutes, débrider son imagination. Une danse du lion et quelques pétarades ne peuvent suffire à attirer une clientèle chinoise de plus en plus éduquée et informée.

La culture joue de plus en plus un rôle important dans les intentions de voyage des nouveaux touristes chinois, ces fameux «China Millennials», nés au début des années quatre-vingt et dont le quart a connu l’université ou d’autres institutions d’études supérieures. Ils sont au nombre de 300 millions et vont influer fortement sur la tendance générale des voyageurs chinois selon les analyses d’AllianceBernstein.

Maurice a une longue, très longue histoire avec la Chine (l’immigration chinoise à Maurice a débuté peu avant et après l’Abolition de l’esclavage en 1835 selon les historiens) et la manière dont les membres de la diaspora ont pu et su briller à des milliers de kilomètres de leur patrie est en soi un élément d’intérêt pour le voyageur chinois.

Maurice a, comme le disent les économistes, un avantage comparatif en matière de tourisme par rapport à ses concurrents directs. Pour profiter réellement de la manne touristique chinoise, il va falloir sérieusement s’y mettre. Loin d’être une clientèle de seconde zone, le tourisme chinois se mérite. Tout comme le tourisme européen.

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