François Eynaud: l’île Maurice en héritage

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S’il consent à vendre du rêve, c’est à la seule condition qu’il ne soit pas si éloigné que ça de la réalité. Portrait de François Eynaud, un pragmatique passionné qui a transformé en profondeur l’une des marques phares du tourisme mauricien.

Le tourisme et François Eynaud ont, pendant longtemps, fait deux. Non pas qu’il ait été insensible aux charmes de cette industrie dans le giron de laquelle il a toujours navigué et vu l’émergence. Mais cet esprit cartésien, rigoureux, logique, s’accommodait mal, à la sortie du Lycée Labourdonnais – où il a fait d’ailleurs un bac mathématiques – de plages immaculées, de slogans ronflants et de touristes enrobés de crème solaire.

Le textile, entre-temps, avait tissé sa toile jusqu’à lui et pendant 17 longues années François Eynaud, à la tête de Tropic Knits (CIEL Textile), fut une des voix les plus écoutées de cette industrie. «J’ai été très marqué par mon passage dans le textile. C’est un domaine où Maurice n’avait que ses idées, ses hommes et ses femmes et où on est parvenu à briller dans le monde. Mes 17 années dans le textile ont réellement été passionnantes. Ce métier-là m’a formé et m’a apporté des valeurs professionnelles et personnelles que j’ai apportées dans le tourisme.»

Ce que le textile va perdre au début des années quatre-vingt-dix, le tourisme le doit avant et surtout à l’amour que François Eynaud, qui se définit comme un «Mauricien très patriote», porte à son pays. «L’appel du pays a toujours été très fort chez moi. Mon petit village, mes amis, la famille me manquaient de plus en plus. Je pense aussi que cet appel-là est encore plus puissant et pressant quand on se sent prêt à fonder une famille et qu’on a envie que nos enfants vivent la même enfance qu’on a vécue.»

Une enfance pleine d’insouciance et de liberté que François – la quatrième génération des Eynaud implantés à Maurice – a vécue dans le cocon familial, entre Cap-Malheureux et Belle-Mare, avec ses amis et cousins. Là où les valeurs, fortement matinées de culture française, de partage, de vivre ensemble, d’ouverture, de solidarité se sont installées et où le goût de l’aventure est né.

C’est ce goût inné pour l’aventure et son caractère déterminé qui l’amèneront à prendre le défi du groupe Veranda à une époque charnière de son histoire, au moment où Bel-Ombre prend son envol et Heritage Le Telfair tombe dans l’escarcelle du groupe.

De Mapou, à l’ombre d’arbres centenaires qui disputent leur ancienneté aux pierres de son bureau, François Eynaud imprime au tourisme mauricien sa griffe à travers son groupe qui caresse désormais une expansion régionale. VLH et François Eynaud se sont, en fait, trouvés pratiquement les yeux fermés. Les valeurs essentielles du groupe – l’esprit de famille, le respect des traditions mauriciennes et le professionnalisme – sont aussi les siennes. Depuis toujours.

François Eynaud est habité par son métier et le produit qu’il défend. «Le potentiel de Maurice est illimité. Le Mauricien, de par son histoire, sa richesse, son appétit de découverte né de sa condition d’îlois, est aussi porteur d’un produit touristique unique. Je suis un fervent partisan d’une identité mauricienne forte dans le produit touristique que nous vendons à nos visiteurs et c’est ce que nous mettons en oeuvre à travers tous les produits qui tombent sous les marques Heritage et Veranda Resorts. Je suis plus que convaincu, par ailleurs, que notre savoir-faire peut et doit s’exporter», martèle-t-il en verrouillant son interlocuteur de ses yeux bleus expressifs.

C’est la même conviction que l’on retrouve chez lui quand il évoque l’AfrAsia Bank Mauritius Open at Heritage Resorts, le premier tournoi de golf réunissant les European, Sunshine et Asian Tours qui va faire battre le coeur golfique de Maurice à Bel-Ombre du 7 au 10 mai 2015. «Comment ne pas être fier d’abord de donner une audience mondiale à Maurice à travers ce tournoi de golf unique et ensuite de constater que l’Afrique, l’Asie et l’Europe, les trois pays de peuplement de Maurice, sont représentés dans ce tournoi. Ce clin d’oeil à mon pays est pour moi essentiel et à VLH (Veranda et Heritage Resorts) nous en tirons une grande fierté».

Exigeant avec lui-même autant qu’avec ses équipes, bosseur impénitent – «Je suis totalement différent professionnellement et socialement. À tel point que j’essaie d’améliorer mon intelligence émotionnelle au travail, mais ce n’est pas gagné !» – François Eynaud avoue avoir retrouvé dans le tourisme la flamme qui commençait à lui manquer dans le textile.

«Le textile fut une école formidable. Mais le tourisme est plus un métier de rencontre, de transmission, de partage, de richesse humaine inépuisable. J’y ai de nouveau trouvé la passion, l’envie de créer et je pense que ça m’accompagnera jusqu’à la fin de ma carrière dans ce secteur d’activité qui m’a procuré jusqu’ici beaucoup de satisfaction et permis de faire prospérer autour de moi des hommes et des femmes tout aussi passionnés. Notre devoir, en tant que Mauricien, est de transmettre le pays que nous aimons en héritage aux futures générations», dit-il.

Et quand sonnera l’heure de la retraite, il enfourchera son vélo avec ses copains pour parcourir le triple des kilomètres (150) qu’il couvre chaque semaine pour continuer à explorer, hors des sentiers battus, son cher pays auquel il reconnaît «tout devoir» et se consacrer entièrement au socle sur lequel il a tout construit : la famille.

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