Elodie Poo Cheong, meilleure sportive junior 2014: « Il m’arrive de douter de moi »

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Elodie peut compter sur le soutien de son père Ah Sing qui l’encourage toujours à donner le maximum.

Elodie peut compter sur le soutien de son père Ah Sing qui l’encourage toujours à donner le maximum.

Deux semaines après la récompense obtenue aux National Sports Award 2014, Elodie Poo Cheong nous parle – en toute simplicité - des doutes qu’elle ressent parfois. Ainsi que de ses appréhensions pour les Jeux des Iles à la Réunion. Et bien sûr, de la manière dont elle gère tout cela.
 
Est-ce qu’une compétitrice comme vous arrive à douter d’elle-même ?
Cela m’arrive très souvent. (Brève hésitation). Non, tout le temps ! Il y a des jours où je suis en forme et d’autres, non.
 
Comment cela se traduit-il chez vous ?
A l’entraînement, cela se voit. Des fois, je rentre chez moi en pleurs parce que je ne suis pas satisfaite de ma prestation et de mes chronos à l’entraînement.
 
Que faites-vous alors pour retrouver le moral ?
Quand je revois ma famille, je parle à mes sœurs. Je leur confie mes peines et elles me réconfortent. Mes parents m’écoutent aussi. Ils arrivent toujours à trouver les mots justes dans n’importe quelle situation. Ils ne me laissent jamais seule.
 
Vous sentez-vous en forme après les mois de révision et les examens du Higher School Certificate ?
Il m’a fallu diminuer la fréquence de mes entraînements pendant trois mois. Et aux championnats nationaux d’été à la piscine du Pavillon à Quatre Bornes, je n’étais pas au mieux de ma forme mais cela s’est quand même bien passé. A force de nager, j’ai quelque peu retrouvé le moral.
 
Qu’est-ce qui vous a vraiment permis de remonter la pente ?
J’ai continué à avoir le soutien du Trust Fund for Excellence in Sports (TFES). Il y a aussi Philippe Pascal, mon entraîneur, qui m’a aidé à reprendre le dessus. 
 
Que vous a-t-il dit ?
Il m’avait conseillé de faire attention à mon alimentation pendant les examens. Pour que ce ne soit pas difficile à la reprise. Car on a souvent tendance à manger plus dans ces moments-là. 
 
Mais par rapport à votre préparation à la piscine, qu’a-t-il fait ?
Il m’a beaucoup encouragé à l’entraînement. Et aujourd’hui encore, il me réprimande beaucoup mais il sait aussi dire me dire les choses avec douceur. Il sait me mettre en confiance.
 
Justement, êtes vous confiante face à la forte concurrence qu’il y aura aux JIOI en août ?
Je suis consciente du fait que les adversaires que j’affronterai – si je suis sélectionnée - seront très fortes. Cela me fait peur. Mais je m’entraîne pour leur faire face. Et je ne me mets pas de pression. Je fais mon maximum et c’est ce qui compte.
 
Pensez-vous arrêter la natation après les JIOI ?
Non, cela reste ma passion. Je continuerai aussi longtemps que je le pourrai.
 
Quelle sera votre réaction si vos records sont battus un jour ?
Je serai peut être nostalgique mais les records sont faits pour être battus.
 

PROFIL :
Nom – Elodie Poo Cheong
Age : 18 ans
Nages : 50m, 100m, 200m nages libres, 50, 100 et 200 brasse, 50 et 100 papillon. 
Palmarès : 
13 médailles d’or aux championnats d’Afrique zones 3 et 4 en Ouganda (24 au 27 avril 2014). Elue meilleure nageuse de la compétition chez les 17 ans. 
4 médailles d’argent aux Jeux Africains de la Jeunesse au Botswana en mai 2014. 
Première nageuse à se qualifier pour participer aux Jeux Olympiques de la Jeunesse du 16 au 28 août 2014 à Nanjing. 
Records : dans toutes les nages précitées, dans plusieurs catégories d’âge dont junior et senior.
 

Ah Sing Poo Cheong, père d’Elodie: « Depuis petite, elle est responsable !»
 
On ne souligne jamais assez le rôle des parents auprès des sportifs. Comme Bernadette, son épouse, Ah Sing Poo Cheong a toujours encouragé Elodie à faire son maximum en natation. Tout en accordant de l’importance au côté académique en dehors de la piscine. 
 
Ah Sing Poo Cheong est quelqu’un de très calme et discret lorsqu’on le rencontre lors des compétitions de natation. Lorsqu’il embrasse le poste d’officiel près d’une piscine, il met de côté son rôle de parent. Mais il sait aussi laisser éclater sa joie lorsque sa fille se voit remettre le trophée de meilleure sportive junior aux National Sports Awards le 30 janvier dernier. « Dans la salle (J&J Auditorium, ndlr), j’ai crié. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit récompensée. C’était un cri de libération » lance-t-il.  Conscient de la difficulté de pouvoir concilier les études et le sport, il affirme avoir responsabilisé ses enfants à cela depuis le début : 
 
« Avant que les entraînements ne commencent, ma femme et moi avons abordé cette question avec nos 4 enfants dont 3 ont disputé les championnats d’Afrique. Nous leur avons dit qu’ils devaient être performants à la fois sur le plan académique que sportif. Il faut être constant dans ce que l’on fait et ce n’est pas à la veille des examens que l’on révise. D’ailleurs, les enfants sont disciplinés et on n’a pas besoin d’être derrière eux» affirme-t-il. 
 
S’agissant d’Elodie, Ah Sing dit lui avoir toujours dit de faire son maximum tout en restant fair-play. C’est-à-dire d’accepter le fait que ses adversaires puissent la battre parce qu’ils sont plus forts qu’elle. « Ce n’est pas un drame si quelqu’un la bat. Au contraire, cela doit l’encourager à s’améliorer ; et on ne lui a jamais demandé de battre des records », ajoute-il.
 
Concernant les compétitions et la vie d’Elodie en dehors des piscines, Ah Sing déclare que son épouse et lui n’ont aucune appréhension. « Depuis petite, elle est responsable » martèle-t-il, tout en reconnaissant, sans fausse modestie, qu’ils sont fiers d’elle et « que ses sacrifices aient payé ». 
 
Enfin, en tant que parents, Ah Sing et Bernadette ont en tête l’avenir de leur fille maintenant qu’elle a eu les résultats du HSC. « Nous en avons déjà discuté avec Elodie. On est en train de penser à des universités où il y a des études avec la natation pratiquée à un haut niveau. On essaie de voir s’il y a une possibilité qu’Elodie aille aux Etats-Unis où elle se verrait offrir une bourse par une université américaine. On est en train de chercher. Après les Jeux des Iles, elle pourrait y commencer ses études. En septembre ou alors en février » conclut-il.
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