Diraj Gooneadry: De Savanne jusqu’au sommet mondial

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Pour l’arbitre mauricien, Diraj Gooneadry, ce mois de février aura une saveur particulière. En effet, le Comité Régional de Badminton de Savanne fêtera ses 35ans d’année d’existence à la fin du mois courant. Un évènement qui sera célébré par une compétition historique regroupant les badistes mauricien et ceux de La Réunion. Un évènement qui a tout particulièrement marqué les débuts de Diraj Gooneadry dans le giron du badminton mauricien et qui s’affirme désormais comme l’un des meilleurs arbitres au monde. 
 
Dans les années 80, le badminton commence à prendre l’essor dans la région de Savanne notamment dans le collège du Swami Vivekananda SSS de Souillac. Voyant évoluer Ishwarduth Sawaram, un des pionniers du badminton mauricien, Diraj Gooneadry, étudiant du collège de Souillac à l’époque, décida de d’attraper sa première raquette et de taper dans le volant avec ses amis. « On a fini par entrer dans l’équipe nationale à une certaine époque mais on a vite du prendre une pause à cause de nos travaux respectifs. » Vouant une passion indéfectible à cette discipline, il décide d’intégrer la filière de l’arbitrage dans les années 90. L’ascension prendra du temps mais les sacrifices ne seront pas vaines car en 2002, « je suis devenu un arbitre accrédité par la Badminton World Federation (BWF). Par la suite, j’ai été certifié en Afrique en 2010. A l’époque, le premier arbitre mauricien avait été Hassen Hyderkhan. Ce fut le premier arbitre international accrédité en Afrique au niveau de la BWF » indique Diraj Gooneadry 
 
Pour tout arbitre international, le graal demeure les Jeux Olympiques. « J’ai fait trois Jeux Olympiques dans ma carrière. La première était en 2004 à Athènes en Grèce et la seconde en 2008 à Beijing où j’avais le rôle de juge de ligne. En 2012, je fus le premier et seul africain à être aux JO de Londres au niveau de l’arbitrage. » Le moment le plus marquant de sa carrière selon ses dires. « C’est un grand plaisir d’avoir pris part à cette compétition. J’ai fait les Championnats du Monde, la Thomas & Uber Cup et même la finale des Super Series mais les Jeux Olympiques, c’est la cerise sur le gâteau pour un arbitre. Je suis triste pour mes camarades arbitres en Asie ou Europe qui sont déjà des arbitres certifiés mais qui n’ont pu connaître cette expérience des JO car la retraite pour un arbitre est à 55ans » regrette le Mauricien. « C’était quelque chose de fort, d’ailleurs l’arbitre en charge du tournoi qui présidait aussi la commission technique avait dit devant tous les collègues que voilà, un africain entre dans l’histoire des Jeux Olympiques et c’était de moi qu’il parlait. Ce fut très émotionnel tout comme l’a été mon premier match à Londres. Toutefois, je ne me souviens pas très bien de ce premier match (rires) mais le match qui m’a marqué fut le quart de finale entre Chen Jin, médaillé de bronze en simple homme en 2008 à Beijing et Marc Zwiebler, l’un des rescapés européens sur le simple homme. Ce match avait duré 80 minutes » se souvient-il.
 
En 2014, il gravit encore un échelon en succédant à Thevarajen Ponambalum, juge-arbitre accrédité  de la BWF dont le mandat de quatre ans arriva à terme, en tant que Chairman de la Technical Official Commission pour le continent africain sur le panel de la BWF. « Tous les aspects techniques passent par cette commission. L’une des responsabilités que la Confédération Africaine de Badminton m’a conférée ainsi qu’à mon collègue sud-africain, Lawrence Bester, c’est l’entrainement et l’évaluation des arbitres en Afrique. Nous choisissons les arbitres à certifier et à accréditer et quels sont les arbitres que l’on peut envoyer pour aller faire des examens au niveau international. »
  
« C’est beaucoup de travail pour arriver à ce stage car chaque arbitre certifié doit faire au moins 100 matches nationaux et internationaux par an. Je ne prends pas beaucoup de tournois, je prends seulement des tournois principaux comme les Championnats du Monde. Pour avoir un tel parcours, il faut commencer dès un jeune âge. Nous donnerons justement des cours aux aspirants arbitres lors du mois de juin ou de juillet. Le travail est dur mais il faut faire beaucoup de sacrifices pour y arriver » explique Diraj Gooneadry qui est prêt à aider tous ceux qui feront ces sacrifices pour arriver au sommet.
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