Isabelle Jeannot, présidente de la fédération mauricienne de kick-boxing et disciplines assimilées (FMKBDA) : « Certains membres se sont sentis délaissés »

Avec le soutien de

Le 7 février dernier, Isabelle Jeannot a endossé la veste de président de la fédération mauricienne de kick-boxing et disciplines assimilées (FMKBDA). Elle mettra ses qualités de gestionnaire au service de la discipline jusqu’à 2019. Néanmoins, elle accède au poste alors que la fédération est jugée fragile. 
 
Quelle sera votre première démarche pour souder l’équipe ?
Un comité a besoin d’un guide qui a la capacité de réunir les points de vue de tout chacun dans la concrétisation d’un projet. Je pense apporter plus de dynamisme en impliquant tout un chacun dans les prises de décision. Pour y arriver, il faudra être à l’écoute de tout un chacun. L’important c’est de faire sentir au sein du comité que la fédération n’est pas l’affaire d’une personne mais d’un groupe de personnes ayant en commun la même passion. 
 
Avec les démissions successives de vos prédécesseurs, pouvons-nous qualifier la fédération comme instable?
Instabilité ne serait pas le qualificatif adapté. Je parlerai plus de démotivation éprouvée par certains membres. 
 
Avez-vous situé la source de cette démotivation ?
Par le passé, certains membres se sont sentis délaissés. Un manque d’organisation était peut-être à l’origine de ce malaise. Je souhaite aujourd’hui une meilleure structure. Pour cela, il faudra favoriser la communication. 
 
Dans un monde d’homme, il faudra surtout savoir vous affirmer…
C’est déjà peu commun d’avoir une femme à la tête d’un sport de combat. En tant qu’ancienne pratiquante et aussi ancienne juge-arbitre, je connais bien le sport. J’ai aussi une bonne maîtrise des affaires administratives. Je pense, également, avoir la capacité de développer le niveau relationnel. J’estime qu’une nouvelle manière de faire fera du bien à la fédération. Et je ne me fais aucun souci, je saurai m’affirmer. 
 
Beaucoup de vos prédécesseurs ont quitté le poste avant la fin de leur mandat. Sentez-vous que vous êtes sur un fauteuil éjectable ?
Je me suis engagé pour un mandat de quatre ans. Je ferai de mon mieux pour qu’en 2019, les 11 membres soient toujours ensemble pour faire le bilan. 
 
Quels sont vos projets pour la fédération?
On a déjà établi un calendrier pour cette année, on va essayer de réussir toutes les activités qui y sont proposées. La fédération a déjà fait ses preuves. 
 
Grâce aux résultats déjà réalisés, la fédération s’est vue offrir des opportunités sur le circuit professionnel. J’espère pourvoir concrétiser les attentes des tireurs en exploitant au mieux ces débouchées. 
 
Nous avons, aussi, un gros travail à faire au niveau de l’océan Indien. La discipline est très répandue dans les îles. Mon rêve sera de voir le kick un jour à l’affiche des Jeux des îles de l’océan Indien. 
 
Ce rêve, la fédération le caresse depuis longtemps. Que pensez-vous faire pour le réaliser ?
C’est vrai qu’on en parle depuis plusieurs années mais je pense que si on a le soutien qu’il faut on y arrivera. Il n’y pas de plan d’action établi mais je suis déterminée à ouvrir les négociations avec les instances concernées. Il ne faut pas oublier q u’en 2007, le kick était inscrit aux Jeux d’Afrique. Au niveau des pays francophones, il y a aussi une ouverture qui se crée vers les Jeux de la Francophonie. C’est avec plusieurs petits pas que nous arriverons à faire bouger les choses. 
 
La suspension du tireur, Facson Perrine fait couler beaucoup d’encre. Quelle est votre position ?
Sa suspension a été décidée par l’ancien comité et je ne souhaite pas commenter sur le sujet. Le comité disciplinaire l’entendra au plus vite. 
 
Néanmoins, vous étiez dans le groupe qui l’avait  sanctionné….
Effectivement. Sa suspension a été motivée par des faits. Maintenant, il sera convoqué pour s’expliquer. Le comité n’est pas là pour le pénaliser mais pour l’encadrer. 
 
Facson Perrine affirme que le comité directeur s’est laissé influencer par l’entraîneur national Judex Jeannot dans sa décision. Quelle est votre version ?
L’entraîneur national est celui qui est habilité à accompagner les tireurs. C’est lui qui suit et qui constate l’évolution des tireurs. C’est pour cela qu’il n’est pas possible de s’entraîner chez soi et prétendre faire partie de la sélection. Mais c’est le comité directeur qui a décidé de suspendre Facson Perrine suite à des faits transmis. 
 
La bête noire de Facson Perrine est votre oncle, Judex Jeannot. Pouvez vous assurer que vos liens de parenté n’influencent pas votre jugement dans ce litige ?
Ah non ! Judex le confirmera. A chaque fois que je ne suis pas d’accord avec ses idées, je n’hésite jamais à lui tenir tête. Il a ses connaissances au niveau technique et moi les miennes au niveau opérationnel. Personne n’empiètera sur les plates-bandes de l’autre. S’il y a divergences, nous saurons trouver des consensus.
Par ailleurs, je ne siègerai pas dans le comité disciplinaire qui entendra Facson Perrine.
 
Quand est-ce qu’il sera convoqué pour s’expliquer ?
Nous suivrons la procédure. Il sera convoqué par courrier. Il aura un délai pour s’y préparer à cette rencontre. Donc, la rencontre devrait se faire début mars. 
 
Le kick-boxing est un sport de combat. Y a-t-il encore des préjugés sur la présence des femmes dans ce milieu ?
La pratique des sports de combat par les femmes n’est pas encore dans les mœurs mauriciennes. Ils sont perçus comme violent. Mais si vous avez un entraîneur qualifié, il n’y a pas de danger. Quant à celle qui pratique le kick, c’est sa motivation qui l’aidera à faire la différence.  J’invite toutes celles qui aiment le sport de combat à nous rejoindre dans nos divers clubs à travers l’île.
 
Quel message souhaitez-vous faire passer aux licenciés ? 
La FMKBDA est avant tout une famille. S’il y a eu des fossés qui se sont créées, nous voulons désormais les combler. La nouvelle équipe sera à l’écoute des compétiteurs mais aussi des simples pratiquants. Si nous voulons que la discipline progresse d’avantage, c’est ensemble que nous y parviendrons. 
 
Qu’attendez-vous du prochain budget ?
Comme les précédentes années, nos attentes sont un plus gros financement. A la fédération, il y a des résultats qui parlent d’eux mêmes. Nos tireurs sont nombreux à avoir un très bon niveau. Maintenant, il faut les permettre de faire les divers déplacements au programme. Les billets d’avion coûtent chers. 
J’espère aussi pouvoir qu’on travaille pour une formule pour rémunérer l’entraîneur national, Judex Jeannot. Ce dernier qui malgré les résultats produits est un simple bénévole. Si l’état est prêt à payer de grosses sommes pour les directeurs techniques étrangers,  il faut aussi valoriser nos coaches locaux. 
 
En 1993, vous aviez assisté à la naissance de la fédération. Pensiez vous à l’époque qu’elle produirait deux champions du Monde ?
Oui. Pour nous c’était le but fixé. C’était même une évidence avec les bons kickboxers que nous avions. Nous étions convaincus qu’avec un bon suivi technique  et un bon encadrement, nos tireurs parviendront à briller sur le plan national. Cela nous a pris un peu de temps pour produire un champion du Monde mais avec l’aide du MJS et de nos partenaires, nous y sommes arrivés. Je suis fière de nos champions du Monde (NdlR : Fabrice Bauluck et James Agathe). Je suis sûre que nous en aurons d’autres. 
 
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