Anne-Brigitte Spitzbarth, directrice générale de Lafarge Mauritius: Un caractère en béton

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Être à l’écoute constante des besoins de la clientèle pour lui proposer les réponses les plus adaptées, c’est le défi que relève Anne-Brigitte Spitzbarth, Managing Director de Lafarge depuis deux ans et demi. Portrait d’une femme d’action et d’innovation.
 
 
Cette Française de 39 ans, détentrice d’un doctorat en histoire et ancienne chargée de cours en la matière, est entrée chez Lafarge presque par hasard. Ce sont ses études approfondies en vue d’un Masters in Business Administration qui lui ouvrent les portes de ce groupe pour un stage de fin d’études initial de six mois au siège parisien. Six mois qui deviendront dix ans à ce jour…
 
 
Si elle accepte la proposition qui lui est faite par la suite d’être chargée des affaires publiques européennes, c’est d’abord pour le secteur et l’aspect très concret des produits – parce que le ciment est un produit stratégique et qu’il offre des solutions durables. C’est aussi l’interface public privé qui l’a séduite. Elle passe sa vie entre Paris, Bruxelles, Strasbourg et les capitales européennes, «examinant les législations en préparation» et faisant notamment la promotion des positions du groupe sur nombre de questions.
 
 
Après quatre ans de ce régime, c’est à Kuala Lumpur en Malaisie qu’elle est affectée, soit à la direction du bureau d’audit du groupe qui est alors présent dans 70 pays. En trois ans, Anne-Brigitte Spitzbarth effectue 23 missions dans le monde, vérifiant entre autres que les risques soient bien gérés, que les processus et procédures soient bien mis en place et que les bonnes pratiques du groupe puissent s’échanger.
 
 
Lorsque le groupe Lafarge revoit son mode d’organisation en 2012 et supprime les barrières entre ses lignes de produits avec un seul patron pour les chapeauter, elle est nommée Managing Director à Maurice où Lafarge opère depuis 1960. Elle est frappée par «la densité du tissu économique et les forces de réinvention des acteurs».
 
 
Après avoir initié les transformations internes avec son équipe, elle s’attaque au marché. Si le secteur a connu une année 2013 relativement facile, 2014 marque un recul inégalé tant en termes de ventes du ciment que du béton. «Le ciment a reculé d’environ 12 % et le béton d’un peu moins de 20 %. C’est inédit sur les 15 dernières années», avoue-t-elle.
 
 
Situation qui s’explique par une saturation dans certains segments tels que les complexes commerciaux et les incertitudes sur le plan politique, notamment avec la tenue d’élections.
 
 
Comme on ne peut plus guère miser sur le volume à Maurice pour créer de la valeur, Lafarge table sur l’innovation. C’est ainsi qu’en trois ans, cette compagnie lance quatre nouveaux types de béton chez Premix dont Artevia, le béton décoratif afin de «casser l’image du béton gris et rendre le produit plus attrayant».
 
 
Produits qui commencent à convaincre. Anne-Brigitte Spitzbarth et son équipe ne vont pas s’arrêter là et misent sur une écoute accrue des clients pour répondre à leurs besoins, petits et grands. «Nous continuerons cette année à fournir des solutions simples pour améliorer le quotidien mais nous travaillons aussi à deux innovations béton et ciment qui devraient répondre à des besoins majeurs. Il est toutefois un peu tôt pour tout dévoiler.»
 
 
Bien que les contrats des expatriés du groupe oscillent entre trois à cinq ans, Anne-Brigitte Spitzbarth estime qu’il y a encore de «belles transformations» à mener à Maurice…
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