Tunisie – Guinée équatoriale: l’arbitre mauricien Seechurn malmené par les Tunisiens

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Rajindraparsad Seechurn (3e à dr.) est escorté par les forces de l’ordre pour pouvoir rejoindre les vestiaires.

Rajindraparsad Seechurn (3e à dr.) est escorté par les forces de l’ordre pour pouvoir rejoindre les vestiaires.

Rajindraparsad Seechurn a passé un sale quart d’heure lors du quart de finale entre la Tunisie et le pays organisateur de cette Coupe d’Afrique des Nations, la Guinée équatoriale, samedi soir. La cause de ce tourment: un penalty litigieux offert au pays hôte.
 
Il ne reste effectivement que trois minutes de temps additionnel. La Tunisie semble filer tout droit vers les demi-finales après avoir ouvert la marque par Ahmed Akaichi (70e). Mais c’est sans compter sur la naïveté de Hamza Mathlouthi. Le latéral tunisien se fait piéger par son vis-à-vis Ivan Bolado Palacios qui s’effondre à son contact dans la surface. On joue la 91e minute. Rajindraparsad Seechurn, l’arbitre mauricien, n’hésite pas et siffle un penalty très généreux au vu des images. 
 
Le penalty est transformé par Javier Balboa et les deux équipes doivent jouer les prolongations. À la 102e minute, les Nzalang – qui signifient éclair – héritent d’un coup franc et Balboa, encore une fois, envoie le ballon au fond des filets pour mettre la Tunisie KO.
 
Dans la foulée du coup de sifflet final, une altercation entre les Tunisiens et l’arbitre, fini par éclater. Il doit être escorté par les forces de l’ordre pour rejoindre les vestiaires. Dans cette cacophonie générale, Francisco Pascual Obama, le ministre des Sports de Guinée équatoriale, est même contraint de descendre sur la pelouse. «Nous demandons le calme ! Nous demandons le calme !» martèle-t-il, micro en main à l’assistance, visiblement galvanisée par le scénario. Les joueurs tunisiens, après quelques échauffourées, quittent eux-aussi la pelouse sous assistance. Les photos de ces incidents font d’ailleurs le tour des réseaux sociaux.
 
C’est avec les yeux rougis que les joueurs tunisiens sont apparus à la sortie des vestiaires. Certains, comme Ahmed Akaichi, avaient même du mal à retenir leurs larmes. «C’est dommage, ce n’est pas normal de jouer comme cela», a-t-il déclaré la gorge serrée et d’enchaîner : «L’arbitre a tout fait pour que la Guinée gagne !»
 

Décisions incompréhensibles

 
Pour les Tunisiens, ces décisions de l’arbitre, déjà accusé d’avoir truqué une rencontre entre le Maroc et l’Algérie en 2011, sont tout à fait incompréhensibles. «Lors de Gabon-Guinée équatoriale, il y a eu un penalty litigieux. Aujourd’hui encore. Je ne sais pas ce qui se passe en dehors du terrain, mais ce n’est pas du football. On méritait de gagner 100 fois, mais l’arbitre était contre nous», a regretté le milieu de terrain Wahbi Khazri.
 
Au coup de sifflet final, une altercation fini par éclater entre l’arbitre mauricien (2e à g.) et les joueurs tunisiens.
 
Depuis le début de la compétition, les Tunisiens estiment en effet avoir été handicapés par de graves problèmes d’organisation, notamment lors de leurs premiers matches à Ebebiyin, dans l’est du pays. «Quand on voyait les hôtels des autres équipes, confortables, avec un écran géant et nous on n’avait ni la TV, ni l’électricité, ni l’eau. On nous a déplacés dans des minibus sans climatisation pendant trois heures avec de toutes petites places, mais on acceptait», raconte le défenseur Bilel Mohsni. «On s’est dit pour ce soir qu’on allait jouer contre le pays organisateur et qu’il y aurait du monde et de l’ambiance, mais on est tombé sur un arbitre qui était avec eux et cela a détruit la fête.»
 
Pour ce joueur de l’équipe écossaise des Glasgow Rangers, les footballeurs qui évoluent en Europe vont désormais réfléchir à deux fois avant de venir jouer en Afrique. «C’est ma première CAN. C’est à cause de ce genre de match que l’Afrique n’avance jamais», a-t-il souligné. «Cela ne sert à rien de venir en Coupe d’Afrique si c’est pour être volé sur un match qu’on mérite de gagner». Un avis partagé par Wahbi Khazri, membre des Girondins de Bordeaux, qui estime que c’est une très mauvaise image pour le continent : «C’est censé être une grosse compétition comme le championnat d’Europe ou la Coupe du monde, mais cela n’a pas le même niveau du tout, quand je vois de l’arbitrage comme ce soir.»
 
Ahmed Akaichi a même demandé la démission du président de la Confédération africaine de football, Issa Hayatou. «Ce n’est pas normal, a dit Akaichi après la rencontre. Tout le monde a vu ce match. C’est un point d’interrogation pour la CAF, pour Issa Hayatou. Il ne peut plus rester dans le foot africain, il faut qu’il parte !»
 
Nous avons voulu avoir la réaction de Rajindraparsad Seechurn mais du côté de la MFA on nous a fait comprendre que les communications ont été verrouillées jusqu’à la finale de la CAN.
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