Dieudonné assure devant la justice ne pas être antisémite

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Dieudonné, poursuivi pour provocation à la haine raciale et injure après des propos à l'égard notamment du journaliste de France Inter Patrick Cohen, a assuré mercredi ne pas être antisémite, "parce que ça n'est pas drôle" de l'être.

Le polémiste de 48 ans devait répondre de différents propos tenus en 2013 dans son spectacle "Le Mur" interdit dans plusieurs villes de France début 2014 sur impulsion de Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur.

"Je ne suis pas antisémite, parce que ça n'est pas drôle d'être antisémite", a-t-il dit devant le tribunal correctionnel de Paris, estimant que si son public riait, c'est qu'il décelait une "distance". "L'instrumentalisation de l'antisémitisme à outrance (...) fait qu'à un moment les gens ont besoin de rire."

Le parquet a requis 300 jours d'amende à 100 euros à son encontre, soit 30.000 euros d'amende.

"La question n'est pas de savoir si (Dieudonné) est antisémite ou pas", a dit le procureur. "Ce n'est pas la pensée antisémite qui pose problème, c'est l'attaque."

Les propos tenus par Dieudonné et visant Patrick Cohen étaient restés confidentiels jusqu'à leur diffusion dans un magazine sur France 2. La direction de Radio France les avait alors signalés au procureur de la République.

"Moi, quand je l'entends parler, Patrick Cohen, j'me dis, tu vois, les chambres à gaz... Dommage", disait-il.

A la barre mercredi, Dieudonné a expliqué s'être senti "insulté" par Patrick Cohen quand il a évoqué à la télévision une liste de personnalités au "cerveau malade" qu'il ne souhaitait pas inviter dans ses émissions. Dieudonné y figurait.

"CHARLIE COULIBALY"

Cerveau malade, "ça fait référence à des vieux poncifs caricaturaux sur l'homme noir", a dit Dieudonné.

"J'ai été insulté par Monsieur Cohen, je lui réponds sur le terrain de l'humour", a-t-il ajouté. "Il faut être malhonnête pour essayer de trouver dans cette réponse une incitation à la haine.

Dans ce même spectacle, le polémiste disait "ne pas avoir à choisir entre les Juifs et les nazis."

Se sentant "traqué dans chacune de ses répliques", il a estimé que le Premier ministre Manuel Valls, qui l'a qualifié de "récidiviste de la haine", "s'acharnait" contre lui pour "l'empêcher de travailler."

Il encourt un an de prison et 45.000 euros d'amende.

Célèbre pour sa "quenelle", geste interprété comme un salut nazi inversé par des associations mais qu'il présente comme une manifestation "antisystème", Dieudonné a été condamné à plusieurs reprises pour provocation à la haine raciale.

Il devra répondre le 4 février prochain d'apologie d'actes de terrorisme en raison d'un message posté sur Facebook après les attentats qui ont fait 17 morts début janvier.

Il avait écrit qu'il se sentait "Charlie Coulibaly", détournant le slogan "Je suis Charlie" en référence à l'un des trois auteurs des attentats, Amedy Coulibaly, qui a tué une policière et quatre juifs.

D'après son avocat, Me Sanjay Mirabeau, cette phrase traduisait le sentiment de quasi "schizophrénie" que ressentait son client, qui s'estime victime de censure, alors que des millions de personnes défilaient pour la liberté d'expression.

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