Ritish Ramful, élu travailliste au n° 12: Un député de proximité

Avec le soutien de

Sur papier, Ritish Ramful et les trois autres élus du PTr font pâle figure face aux 47 députés du MSM-PMSD-ML. Mais lui se moque des nombres. Il compte être un parlementaire constructif, sans pour autant perdre son sens critique.

Relativiser, c’est ce qu’a appris à faire l’avocat Ritish Ramful au lendemain des résultats du scrutin national qui a vu le rejet massif de l’alliance PTr-MMM au profit de l’alliance Lepep. «Je ne suis pas découragé. Hors Parlement, je sais pouvoir compter sur le soutien des anciens du parti.» Et pour ce qui est de l’Assemblée nationale ? «Même au Parlement, on va se débrouiller. Nous sommes un petit groupe serein. N’oubliez pas que dans le passé, il est déjà arrivé que le PTr ne fonctionne qu’avec six ou même trois députés au Parlement. Il n’y a pas de quoi jeter l’éponge.»

Ritish Ramful était quasi-assuré d’être élu, lui dont les parents habitent et ont une boutique à Grand-Sable et qui, depuis l’âge de trois ans, et ce jusqu’à ce qu’il aille étudier pour devenir avocat en Grande-Bretagne, a grandi à Mahébourg. Autant dire qu’il connaît ce village comme sa poche. Si la politique l’a intéressé, c’est parce qu’il a eu sous les yeux son père qui prenait régulièrement part aux élections villageoises en tant que candidat indépendant et se faisait élire. Et puis, il a toujours eu la parole facile.

Si l’idée de faire de la politique active un jour est présente dans sa tête, elle ne se précisera que des années plus tard. En effet, en tant que Pupil de l’avocat-politicien Anil Gayan, il lui prête main-forte lorsque celui-ci est candidat à Mahébourg. Son passage de deux ans à l’Independent Commission against Corruption en tant que conseil légal lui permet de mieux se familiariser avec le droit.

Ritish Ramful retourne à la pratique privée en 2010. La même année, Vasant Bunwaree, qui connaît bien sa famille, lui demande un coup de main pour lui, Mahen Jhugroo et Thierry Henry, les trois candidats aux élections générales. Et Ritish Ramful apporte son aide. Et même si au départ Vasant Bunwaree est en mauvaise posture, il réussit grâce au soutien de tous les activistes dont celui de Ritish Ramful, à se faire élire à Mahébourg–Plaine-Magnien.

Ayant pris goût au contact avec les électeurs du n° 12, Ritish Ramful, qui a épousé Anurada, la fille de Kailash Purryag, président de la République, continue à faire du travail social et à assurer une forme de permanence sur le terrain. Il laisse d’ailleurs entendre à Vasant Bunwaree qu’il voudrait faire de la politique active et ce dernier lui conseille d’être patient.

«Mais un jour, alors que j’étais hors du pays, on m’a rapporté que Bunwaree a convoqué le ConstituencyLabour Party et demandé aux activistes de me tenir à distance. Par la suite, il m’a dit que je suis et resterai toujours une personne-ressource. Cela veut dire quoi ? Qu’il allait m’utiliser pour mieux me jeter comme un mouchoir en papier usagé par la suite ! C’est lui qui a ouvert les hostilités. Moi, je n’ai jamais eu de problèmes relationnels avec lui», affirmeRitish Ramful.

Ce dernier décide alors de court-circuiter l’ancien ministre de l’Éducation qu’il a aidé à faire élire. En 2011, il demande l’autorisation à Navin Ramgoolam, leader du parti, de continuer à assurer une présence dans la circonscription n° 12 et l’obtient. Était-il donc si sûr d’avoir un ticket au détriment de Vasant Bunwaree ? «Non, je n’étais pas sûr. Il faut d’abord être éligible et pour cela, il faut être populaire, avoir les mains propres, être sincère, à l’écoute de ses mandants et être accepté des habitants.»

Il affirme n’avoir jamais voulu voler la place de personne. «Moi je travaille dans l’intérêt du parti. Posez-vous la question : pourquoi est-ce que tous les colistiers de Bunwaree ont eu des relations conflictuelles avec lui ? Même Jhugroo et Henry se plaignaient de lui. L’enfer, cela ne peut pas toujours être les autres tout de même !»

Si le ticket censé aller à Vasant Bunwaree lui est revenu, dit-il, c’est parce que le leader du PTr s’est sans doute rendu compte qu’il avait plus de chances d’être élu que l’ancien ministre de l’Éducation. «Le leader aurait pu décider d’aligner deux candidats du PTr à Mahébourg–Plaine-Magnien. S’il ne l’a pas fait, il doit bien y avoir une raison, non ?»

Il avance toutefois que la partie n’a pas été facile pour lui sur le terrain et que certains agents de l’ancien ministre de l’Éducation ont envoyé des textos aux habitants de la circonscription pour leur demander de «donn enn koreksion Ramful. J’ignore si ces messages étaient téléguidés mais toujours est-il que cette campagne de dénigrement n’a heureusement pas porté ses fruits. Je sentais que les gens me soutenaient sur le terrain».

Il n’y a pas que les gens à l’avoir fait. N’a-t-il pas reçu un petit coup de pouce de son beau-père qui n’a pas manqué, à chaque occasion, de faire allusion au secteur éducatif ? «Non, je ne le crois pas. Kailash Purryag a toujours considéré l’éducation comme un secteur de prime importance. Et même dans son message du 25 décembre qui, je vous le rappelle, était après les élections, il fait référence à l’importance d’une éducation de qualité. C’est qu’il y croit tout simplement.»

Ritish Ramful pense que sa proximité avec les gens a été déterminante. «J’ai fait non seulement du travail social mais j’ai aussi aidé en tant qu’avocat. Et ça, les gens ne l’oublient pas. L’électorat travailliste ne m’a pas laissé tomber.»

Il résume les causes de la défaite au projet de IIe République aux périodes de ON et OFF avant la concrétisation de l’alliance PTr-MMM et à l’usure du pouvoir. «Sur papier et statistiquement parlant, la victoire nous apparaissait facile. Mais on sentait sur le terrain qu’il n’y avait pas de vraie fusion entre les militants et les activistes du PTr. Et puis, il y avait une telle désorganisation durant la campagne. Toutes ces raisons ont contribué à la défaite.»

Le fait que les quatre élus du PTr soient jeunes n’est-il pas indicateur que les électeurs veulent d’un rajeunissement dans les instances du parti ? «C’est vrai que le peuple veut de sang neuf mais ce n’est pas la principale raison pour expliquer notre défaite.»

Maintenant qu’il a les deux pieds dans l’auguste Assemblée nationale, comment compte-t-il se comporter ? «J’espère être un parlementaire constructif. Je féliciterai le gouvernement s’il prend de bonnes décisions dans l’intérêt du public mais sans toutefois me départir de mon sens critique.»

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