PTr: la guerre de succession est lancée

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Se recueillant sur le Samadhi de son père, Navin Ramgoolam s’apprête à affronter une traversée du désert qui pourrait lui être fatale politiquement.

Après s'être recueilli sur le Samadhi de son père, Navin Ramgoolam s’apprête à affronter une traversée du désert qui pourrait lui être fatale politiquement.

Un lion blessé, même moribond, est extrêmement dangereux, dit-on. Terrassé lors des dernières élections, Navin Ramgoolam a-t-il toujours suffisamment de force pour mettre au pas ceux qui veulent sa peau au sein même de son parti ? Quelques jours à peine après la débâcle du 10 décembre, tandis que les Rouges pansent encore leurs plaies, l’odeur du sang frais n’a pas tardé à attirer les prédateurs…

En effet, certains se sont précipités pour réclamer que le «roi lion» renonce à diriger le Parti travailliste, tandis que d’autres ont ouvertement affiché leurs ambitions, à l’image d’Arvin Boolell. Ce dernier, longtemps considéré comme le prince héritier du trône, est toujours auréolé par sa réputation de politicien le plus aimé du royaume, même s’il a goûté pour la toute première fois à l’amère saveur de la défaite lors des dernières législatives. Il est sans aucun doute le prétendant dont devra se méfier le plus Navin Ramgoolam.

Et alors que le PTr s’apprête à affronter l’un des hivers les plus rudes de son existence, avec seulement quatre députés à l’Assemblée, certains attendent avec impatience que souffle le vent du changement. Vasant Bunwaree, de son côté, avait quitté le navire juste avant le naufrage. Ce qui ne l’a pas empêché de réclamer avec véhémence la tête de celui qu’il appelait encore tout récemment, avec une grande affection, «mo leader».

D’après l’ancien ministre de l’Education, «le problème du PTr a toujours été Navin Ramgoolam». «En de nombreuses occasions, je l’ai prié de se ressaisir. La direction n’a pas été en mesure de ramener Navin Ramgoolam à la raison», a-t-il ajouté durant la conférence post-élections de son nouveau parti, le Mouvement travailliste militant. Parti qui est désormais le «vrai PTr», selon ses dires.

Autre remous : aujourd’hui, après avoir démissionné «par principe» de son poste de président de la National Empowerment Foundation juste avant les législatives, Kadress Pillay n’a pas tardé à se retirer de toutes les instances du parti. Il n’a, semble-t-il, pas apprécié que le capitaine du bateau ne tienne pas rigueur de ses remontrances codées dans sa lettre de démission. Entendez par là qu’il laisse le Bureau politique décider de qui dirigera le PTr.

Le vieux lion ne se laissera pas faire aussi facilement. Déjà, sa traditionnelle sortie du 15 décembre au Samadhi de son père, au jardin de Pamplemousses, a pris des airs de contre-attaque. Légitimé, encore une fois, par le sang du «père de la Nation», le fils n’a pas manqué de rasseoir son autorité et de clamer qu’il est encore soutenu par «de nombreux partisans».

S’il n’est pas nouveau que beaucoup veulent être calife à la place du calife depuis belle lurette, la «cuisante défaite» électorale de l’ancien «maître du jeu» apporte de l’eau au moulin des mutins. Et augure une guerre de succession qui risque de faire des ravages dans les hautes sphères du parti…

Ce qui plutôt tombe bien, puisque les ténors rouges n’auront guère plus d’occupations politiques durant les cinq prochaines années.  

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