Future présidente: les confidences d’Ameenah Gurib-Fakim

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Pour Ameenah Gurib-Fakim, le poste de présidente de la République est une «belle reconnaissance pour sa riche carrière».

Pour Ameenah Gurib-Fakim, le poste de présidente de la République est une «belle reconnaissance pour sa riche carrière».

Une question : Kailash Purryag restera-t-il en poste en tant que président de la République avec un nouveau gouvernement au pouvoir ? Après la démission du Premier ministre samedi, il se trouve cependant dans une situation particulière : le Parlement ne siège pas et ne compte pas non plus de speaker. Ainsi, Kailash Purryag est dans l’impossibilité constitutionnelle de soumettre sa démission. Son mandat doit du reste s’achever en juin 2015. Mais son remplaçant est déjà tout trouvé : il s’agit d’Ameenah Gurib-Fakim. C’est l’alliance Lepep qui lui avait proposé ce poste durant la campagne électorale. Et elle a dit oui…

A 5-plus qui l’a rencontrée, elle livre son univers. Et si c’était l’alliance PTr-MMM (sans le projet de IIe République) qui lui avait proposé ce poste ? «La présidence reste un poste constitutionnel et apolitique. Je me suis engagée pour la fonction et non pour une alliance», lâche, catégorique, la scientifique internationalement reconnue.

En attendant de faire son entrée au Réduit, elle poursuit, tout naturellement, ses activités au Centre de phytothérapie et de recherche (Cephyr), à Phoenix, dont elle est le Managing Director : «J’ai parlé à Ivan aujourd’hui (NdlR : vendredi 12 décembre). Je pense être tranquille pour encore une semaine.»

Comment s’est-elle sentie lorsqu’on lui a proposé ce poste? Quelques jours avant la première conférence de presse de l’alliance Lepep, récemment constituée, elle reçoit un appel du leader du Muvman Liberater, Ivan Collendavelloo, qui lui fait une proposition qu’elle ne peut refuser : «Je n’étais pas vraiment surprise. Je l’ai pris avec simplicité, comme une décision à prendre. J’en ai parlé à mes proches et je leur ai fait part de ce que je voulais faire.» Une belle reconnaissance pour sa riche carrière : «Mais il ne faut pas s’arrêter là. C’est un début. Il faut construire maintenant, pour avancer.»

Donc, Ameenah Gurib-Fakim, 52 ans, n’a pas tergiversé. Elle voulait s’investir à un autre niveau pour son pays : «Je l’ai toujours dit. J’ai travaillé pour mon pays, mais de manière indirecte. Néanmoins, je ne voulais pas faire de la politique kes savon. Je suis heureuse d’avoir pu m’engager différemment.» Bien sûr, dès l’annonce de son engagement, on la met en garde : «Personne ne croyait en cette alliance il y a deux mois. On a dit qu’il s’agissait d’une formation hétéroclite qui n’avait aucune chance.»

Mais la docteur honoris causa de l’université Pierre-et-Marie-Curie (Sorbonne) salue le choix de l’alliance Lepep : «C’est une décision politique de mettre une personne apolitique à un poste politique.» Ameenah Gurib-Fakim le précise : elle n’a aucune couleur politique. D’ailleurs, elle n’a pas fait campagne pour la formation menée par sir Anerood Jugnauth. Un choix délibéré : «Le poste de président de la République est un poste constitutionnel et apolitique. Celui qui l’occupe doit être au-dessus de la mêlée. Être président, c’est l’être pour tous les Mauriciens. D’où le besoin de rester neutre pendant la campagne électorale. Surtout pendant la campagne électorale.»

A découvrir dans l’édition de 5-plus du dimanche 14 décembre.

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