Elections 2014: les grands battus

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Ils étaient tous plus ou moins sûrs de se faire élire, mais l’électorat en a décidé autrement. 

Ils étaient considérés comme indétrônables. Ces candidats de l’alliance PTr-MMM ainsi que quelques-uns de l’alliance Lepep pensaient que leur élection serait un jeu d’enfant. Mais l’électorat en a décidé autrement, à leur grand étonnement. 

Razack Peeroo : le Speaker ne sera pas la voix du n° 2

Il est très réputé de par sa carrière dans le judiciaire. Il n’avait pas à se présenter dans la circonscription n° 2 (Port-Louis-Sud-Port-Louis-Centre), puisqu’il bénéficiait déjà de sa notoriété obtenue durant les deux ans pendant lesquels il a occupé le fauteuil de Speaker à l’Assemblée nationale.

Pourtant, il semblerait qu’occuper des postes importants dans le pays ne soit pas suffisant à s’assurer d’être élu. Razack Peeroo,qui a défendu les couleurs du PTr-MMM, a obtenu 5 949 voix, se faisant devancer par son colistier Reza Uteem de la même alliance. Celui-ci, qui est sorti en tête de liste avec 7 911 voix, est suivi par Roubina Jadoo-Jaunbocus de l’alliance Lepep, qui a récolté 7 686 voix, et le novice en politique Osman Mahomed.

Ce dernier, connu pour avoir été à la direction de la commission Maurice île durable, s’en est sorti avec 7 553 voix. Malgré son manque d’expérience, il est parvenu à évincer Razack Peeroo.

Kalyanee Juggoo : la chute de la dame au sari rouge

Elle n’est ni au rang des trois premiers, ni à la quatrième place ni même à la cinquième place. Etonnant score pour Kalyanee Juggoo qui semblait très populaire et appréciée de ses mandants. Elle a raflé 11 839 voix.

Un score la positionnant à la sixième place, loin de celle qui est en tête du classement, Aurore Perraud de l’alliance Lepep (20 043 voix). Pourtant, les deux dames se sont souvent affichées ensemble dans la circonscription lorsque leurs deux partis étaient encore en alliance.

Navin Ramgoolam : Triolet se débarrasse du Lion

Personne ne s’attendait à ce que Navin Ramgoolam soit éjecté de son bastion de manière si brutale. Le Premier ministre sortant était le premier étonné, lui qui au début de la journée du dépouillement, se disait encore confiant dans la victoire. Avec 20 093 voix, le leader du PTr n’avait aucune chance de se faire élire.

L’écart entre lui et le troisième candidat élu de l’alliance Lepep, Sharvanand Ramkaun, était beaucoup trop important : plus de 3 000 voix l’éloignaient de celui-ci. Navin Ramgoolam en est à sa première défaite politique depuis son baptême en 1991. Un coup qui restera, sans doute, gravé dans l’histoire.

Lormus Bundhoo trop sûr de lui

A Grand-Baie-Poudre-d’Or, les activistes de l’alliance PTr-MMM s’attendaient à voir percer Lormus Bundhoo. Cet ancien ministre de la Santé avait, en effet, la cote à la circonscription n° 6. Pour lui, depuis le début de la campagne, aucun autre résultat ne pouvait déboucher de cette élection, si ce n’est que celle offrant la victoire à l’alliance PTr-MMM. Son score était de 15 044 voix, alors que les trois candidats de l’alliance Lepep ont récolté plus de 21 000 voix.  

Satish Faugoo : l’ex-ministre de l’Agro-industrie fait chou blanc

Comme Lormus Bundhoo, le candidat du PTr-MMM Satish Faugoo est lui aussi une grosse pointure qui ne voyait pas venir la défaite. Il a décollé politiquement en 1998 en battant sir Anerood Jugnauth dans la circonscription n° 9 (Flacq-Bon-Accueil). Avocat de profession, il a aussi servi comme magistrat dans les années 2000, ce qui a ajouté à sa notoriété. L’ancien ministre de l’Agro-industrie s’est récemment chargé du poste d’Attorney General suite à la démission de Yatin Varma.

Ashok Jugnauth : l’oncle courbe l’échine devant le neveu

Même les supporters de l’alliance Lepep s’attendaient à le voir élire dans la circonscription n° 8 (Quartier-Militaire-Moka). Ashok Jugnauth, l’oncle de son principal adversaire politique Pravind Jugnauth, a laissé les activistes rouges sur leur faim. Dès le deuxième pointage, il n’y avait plus de surprise.

L’on savait que les trois candidats de l’alliance Lepep seraient élus, laissant un Ashok Jugnauth hébété devant la progression de ses adversaires. Au final, l’oncle Jugnauth a été battu à plate couture avec un score de 15 507 voix, alors que Leela Devi Dookhun s’en sortait avec 20 149 voix devant Pravind Jugnauth (20 080) et Yogida Sawminaden (17 127).

Anil Bachoo : le vieux routier a fait fausse route

Considérée comme étant le fief d’Anil Bachoo, la circonscription n° 9 (Flacq-Bon Accueil) s’est tournée vers l’alliance Lepep. Une surprise pour le vieux routier de Bachoo. Durant la campagne électorale, l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques n’avait pas cessé de rappeler les gros chantiers enclenchés et complétés sous sa tutelle de 2010 à 2014. En quatrième position, «le roi de l’Est» récolte 17 960 voix. Devant lui figurent les trois candidats de l’alliance Lepep : Raj Dayal (25 365), Rajcoomar Rampertab (22 252) et Prithviraj Roopun (21 418).

Arvin Boolell sommé de rendre sa couronne

Première défaite électorale également pour Arvind Boolell. Le politicien «le plus aimé du pays» n’a pu transformer cet amour en votes tangibles en sa faveur. Sa circonscription, Vieux-Grand-Port-Rose-Belle, où il a fait son baptême politique en 1987, lui était restée fidèle durant toutes ces années. Cela ne l’a pas empêchée de lui tourner le dos cette année.

Arvin Boolell a été détrôné par les trois candidats de l’alliance Lepep, Mahen Seeruttun, Sandya Boygah et Prem Koonjoo. L’ancien ministre des Affaires étrangères a obtenu 15 389 voix alors que ses adversaires touchaient les 20 000 voix. Pour certains activistes de l’alliance PTr-MMM, il se pourrait que la campagne contre Sandhya Boygah ait eu l’effet contraire, en attirant la sympathie des partisans.

Maya Hanoomanjee : l’abeille a été piquée

Tout s’est joué en moins de 400 voix. À la circonscription n° 14, Savanne-Rivière-Noire, ce sont les candidats de l’alliance PTr-MMM qui ont dominé. Ceux de l’alliance Lepep, dont Maya Hanoomanjee, pur sang du MSM qui semblait avoir ratissé les coins et recoins de la circonscription, ont été surpris de constater leur défaite alors que les autres candidats de leur alliance avaient brillé ailleurs. Les autres candidats, y compris le leader du MSM, ont exprimé leur sympathie à l’encontre de la candidate, qui était ministre de la Santé avant sa démission en 2011.

Sheila Bappoo défaite après une longue carrière ministérielle

L’ex-ministre de la Sécurité sociale est la femme qui compte la plus longue carrière en tant que membre de l’Assemblée nationale. Elle a servi 18 années en tant que ministre, passant du portefeuille de la Sécurité sociale à celui de la Femme et du développement de l’Enfant.

A Vacoas-Floréal, on prévoyait l’élection de l’ex-ministre. Comme la grande majorité des grosses pointures du PTr, Sheila Bappoo a quitté l’enceinte du centre de dépouillement du n° 16 une fois que la défaite se profilait.

Michael Sik Yuen battu par des novices

Au n° 17, Michael Sik Yuen a été au centre de plusieurs démêlés. Le jour du vote, ses adversaires de l’alliance Lepep Adrien Duval et Stéphane Toussaint ont porté plainte contre lui. Selon eux, l’ancien ministre du Tourisme a eu recours à un pot-de-vin électoral.

Une situation qui a provoqué des affrontements entre les activistes des deux camps en face du poste de police de Curepipe. Au n° 17 aussi, la victoire des trois «novices» de l’alliance Lepep, Adrien Duval, Stéphan Toussaint et Malini Sewocksingh, ont étonné. D’autant plus que ces derniers faisaient face à des seniors en politique, dont Steven Obeegadoo et Satish Boolell.

Eric Guimbeau : la dégringolade

Eric Guimbeau, populaire dans la circonscription n° 17, a fini en septième position alors qu’en 2010, en 2005 et en 2000, il était sorti en tête de liste. Encore une fois, le tsunami de l’alliance Lepep a balayé la candidature des membres de l’alliance PTr-MMM, mais aussi celle d’Eric Guimbeau. Ce dernier a terminé sa course avec 7 643 voix seulement. Ce score semble dérisoire comparé aux 18 541 voix obtenues par Adrien Duval, qui est sorti en tête d’affiche.

Nita Deerpalsing s’incline

Nita Deerapalsing n’a pas été élue. Pour les membres de l’alliance Lepep, ce n’est pas une surprise. Ils prévoyaient qu’elle ne tiendrait pas la route face à Xavier-Luc Duval. Mais dans la région, la travailliste est réputée pour avoir la cote. Nita Deerpalsing a attiré 11 358 voix, et s’est placée en cinquième position.

Ramalingum Maistry : celui qui a fait trembler Paul Bérenger

Au n° 19 (Stanley-Rose-Hill), c’était le coup de théâtre. Cette circonscription, connue pour être un bastion des mauves, a détrôné celui que l’on croyait indéboulonnable, Paul Bérenger. Pire, ce dernier s’est vu disputer la troisième place avec Ramalingum Maistry. On se souviendra de lui comme étant celui qui a fait trembler Bérenger. Ramalingum Maistry, de l’alliance Lepep, s’en est sorti avec un score de 11 910, juste derrière Paul Bérenger qui a obtenu 12 239.

Rama Sithanen : défaite collective et individuelle

Il avait un pronostic pour les élections. L’alliance PTr-MMM devait remporter un cinglant 60-0. Pour Rama Sithanen, la défaite a eu un double effet. Non seulement l’alliance rouge-mauve n’a pas résisté à la vague de Lepep mais en plus, au n° 13, circonscription dans laquelle il s’est porté candidat, il a été coiffé au poteau.

Durant la campagne électorale, les activistes n’ont pas manqué de faire ressortir l’arrogance de celui qu’ils soutenaient. Il a terminé sa course avec 11 727 voix, derrière Soondrassen Murday de l’alliance Lepep, qui en a recueilli 11 931. Mais au final, ce sont Maneesh Gobin (13 474) de l’alliance Lepep, Zouberr Joomaye (12 867) de l’alliance PTr-MMM et Bashir Jahangeer (12 063) de l’alliance Lepep qui se sont imposés.

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