Proposition électorale: les jours fériés, la question qui gêne

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Célébration de la fête Thaipoosam Cavadee. La coalition MSM-PMSD-ML a indiqué qu’elle comptait modifier la liste des «congés publics».

Célébration de la fête Thaipoosam Cavadee. La coalition MSM-PMSD-ML a indiqué qu’elle comptait modifier la liste des «congés publics». 

La mesure figure dans le programme électoral de l’alliance Lepep. «Les jours fériés seront revus après concertation avec les organisations religieuses et socioculturelles», est-il indiqué. Voilà une nouvelle qui ne plaît pas à tout le monde. Le président de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation, Somduth Dulthumun, impute la proposition de l’alliance Lepep à un «jeu politique». Il prévient que «si rant ladan, nou kapav bles bann sansibilite». Il comprend d’autant moins cette idée que, estime-t-il, durant toutes ces années, tous «nous avons été satisfaits». Alors «kifer bizin tou sa la?»

Le vicaire général et administrateur du diocèse de Port-Louis, Jean Maurice Labour, est d’avis que l’alliance Lepep cherche à s’attirer des votes en faisant plaisir à un maximum de dénominations religieuses. Trahissant ainsi «peu de réflexion pour construire une nation». Il ajoute que «les religions n’ont pas besoin de jours fériés pour se faire connaître» et qu’il est plus important de chercher ensemble «comment faire de ces fêtes des moments forts de vrai dialogue interreligieux».

Pour l’instant, ces «fêtes dites nationales sont trop souvent l’occasion de célébrations incestueuses de la politique et de la religion, chacune se servant de l’autre pour obtenir des avantages», lance le vicaire général, sans mâcher ses mots. Si Jean Maurice Labour n’est pas contre l’idée d’augmenter le nombre de jours fériés pour une «population stressée», il met en garde contre le danger de faire de nous «une nation paresseuse».

Il se réfère aussi aux conclusions de la Commission Justice et Vérité, regrettant que «nous sommes restés sur le slogan île Maurice, miracle de la coexistence pacifique. Nous coexistons. Nous rencontrons-nous vraiment?»

De son côté, Nissar Ramtoola, le président de la Jummah Mosque, met en avant son devoir de réserve en campagne électorale: «Par principe, nous évitons de faire des commentaires.» Cependant, il précise que même si «nous revendiquons l’image de nation arc-en-ciel, nous oublions que dans l’arc-en-ciel, les couleurs se mélangent pour donner un effet magnifique». Il déplore que «notre concept de l’arc-en-ciel, c’est de diviser les couleurs».

Pour le chef religieux, la construction de la nation ne doit pas rester au niveau des paroles, mais doit se traduire en actes: «Tous les citoyens devraient avoir le sentiment d’appartenir à la nation mauricienne.» Il est surtout d’avis qu’il y a d’autres sujets prioritaires comme «le chômage, l’ordre public, la drogue, la corruption, l’éducation et les jeux de hasard». Et que le développement économique ne doit pas se faire au détriment des valeurs.

Quant à Mario Hung, le président de la Fédération des sociétés chinoises, il estime que les jours fériés, «c’est quelque chose de sensible». Mais dans tous les cas, il faut que la Fête du printemps reste jour férié car c’est le jour le plus important du calendrier chinois, et «il n’est pas férié partout dans le monde. Ici à Maurice, nous avons cette chance».

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