Selon un rapport de KPMG: le repeuplement des Chagos est possible

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Les Chagossiens se rendant dans l’archipel à bord du Trochetia le 30 mars 2006.

Les Chagossiens se rendant dans l’archipel à bord du Trochetia, le 30 mars 2006.

Légalement, rien ne s’oppose au relogement des Chagossiens dans leur archipel. C’est ce qui ressort d’une étude de faisabilité indépendante du cabinet conseil international KPMG, commandée par le gouvernement britannique l’année dernière.

Le rapport préliminaire de 82 pages, daté du 13 novembre 2014, a été mis en ligne sur le site Web du Foreign and Commonwealth Office, le vendredi 28 novembre. Trois options y sont détaillées pour la réinstallation des Chagossiens. Celle-ci pourrait se faire par groupe de 150, 500 ou 1 500 personnes.

KPMG se dit favorable à un repeuplement sur une base pilote avec 150 individus. Mais le cabinet conseil ne se dit pas non plus opposé au retour de 500 Chagossiens. Plus particulièrement sur la partie orientale de Diego Garcia, l’île où est installée la base militaire américaine du même nom.

Les Chagossiens pourront, entre autres, avoir accès à l’eau potable ainsi qu’à l’électricité de la base. S’ils sont réinstallés ailleurs, les autorités britanniques auront à construire une centrale électrique ainsi qu’une unité de dessalement. Diego Garcia a aussi la particularité de ne pas faire partie de la Marine Protected Area (MPA), ce qui permettra aux Chagossiens de pêcher à leur aise.

De plus, Diego Garcia est surélevée par rapport au niveau de la mer, comparée aux autres îlots de l’archipel. Deux autres îles semblent propices à un tel projet : Boddam et l’île du Coin. Elles sont toutefois inhospitalières. Et, vu qu’elles sont à seulement quelque deux mètres du niveau de la mer, elles pourraient représenter un danger pour la population en cas de fortes houles, de tsunamis ou de tremblements de terre.

La Constitution du British Indian Ocean Territory devra être revue pour le repeuplement des Chagos, note KPMG. Les lois environnementales, surtout celles régissant la MPA, devront également être modifiées pour permettre à la population de subsister grâce à la pêche, l’éco-tourisme et le tourisme haut de gamme.

CONDITIONS DE VIE MODERNES

La communauté chagossienne à Maurice, aux Seychelles et dans différentes villes de Grande-Bretagne a été consultée pour ce rapport. La grande majorité des personnes interviewées se disent en faveur de conditions de vie «modernes» comparables à celles existant au pays de Sa Majesté.

Ce qui fait que leur réinstallation dans l’archipel avec toutes les infrastructures nécessaires représentera une charge conséquente pour les contribuables britanniques. Reloger 150 d’entre eux reviendra à 62,9 millions de livres sterling, soit Rs 3,1 milliards. L’enveloppe s’élèvera à 106,9 millions de livres sterling, soit Rs 5,3 milliards, si 500 natifs sont concernés.

Si Londres opte pour le relogement de 1 500 personnes, la note sera astronomique : 413,9 millions de livres sterling, soit Rs 20,7 milliards. Et c’est sans compter les dépenses administratives et de maintenance année après année. Pour cette dernière option, la somme pourrait être réduite de 180,8 millions de livres sterling, soit Rs 9 milliards, si Londres n’investit pas dans un aéroport et un port. Cela dépendra de la décision de la base militaire américaine de permettre aux Chagossiens d’utiliser ses installations.

POURPARLERS

Si Londres décide d’aller de l’avant avec le repeuplement des Chagos, elle devra entamer des pourparlers avec Washington entre décembre 2014 et décembre 2016, période de discussion pour le renouvellement du bail de Diego Garcia. L’accord les liant depuis 1966 porte sur l’utilisation militaire d’un archipel inhabité.

Les Chagossiens sont donc invités à commenter ce rapport, d’autant que des questions ont été posées sur l’identité de ceux qui pourront s’installer dans l’archipel. Doivent-ils nécessairement détenir la nationalité britannique? Olivier Bancoult et Fernand Mandarin devront rencontrer, d’ici la fin de cette semaine, les membres de leurs associations respectives.

«Nous aurons une réunion samedi», explique Olivier Bancoult du Groupe réfugiés Chagos. Fernand Mandarin du Comité social des Chagossiens, de son côté, a des soucis de connectivité et espérait hier que le haut-commissariat britannique à Maurice lui remette une copie du rapport.

> Olivier Bancoult, du Groupe réfugiés Chagos, 
sur le rapport commandé par le gouvernement britannique.
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