Ces politiciens qui utilisent leur ancienne pièce d’identité

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Le Premier ministre sortant lors du dépôt des candidatures, le lundi 24 novembre, à Calebasses.

Le Premier ministre sortant, lors du dépôt des candidatures, le lundi 24 novembre, à Calebasses. 

Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais, dit-on. Alors que le gouvernement sortant s’évertue à encourager les Mauriciens à s'inscrire pour  l'obtention de la carte d’identité biométrique, Navin Ramgoolam préfère, lui, utiliser l’ancienne. Pas plus tard que le lundi 24 novembre, le Premier ministre sortant a eu recours à son ancienne carte d’identité pour se faire enregistrer lors du dépôt des candidatures pour les législatives. C’était à la Droopnath Ramphul SSS, à Calebasses.

Et depuis la diffusion d’une vidéo de lexpress.mu, des internautes n’ont eu de cesse de s’interroger sur la démarche de Navin Ramgoolam. Vidéo qui a été visionnée plus de 13 776 fois en trois jours. Alors, le Premier ministre sortant est-il détenteur de la carte biométrique ou pas? Si oui, pourquoi s’est-il servi de l’ancienne pour se faire enregistrer lors du «Nomination Day» lundi?

Une hypothèse serait qu’il ait déjà sa nouvelle carte et qu’il ait préféré utiliser l’ancienne. Dans ce cas, en fonction des photos que détient l’express, comment expliquer que la partie gauche de son ancienne carte ne soit pas perforée, comme le veut la procédure administrative? Ou bien l’est-elle sur la partie droite?

Interrogé, Rao Ramah, Senior Advisor et ancien directeur du projet du Mauritius National Identity Scheme (MNIS), maintient que le Premier ministre sortant figure bel et bien parmi les quelque 923 000 détenteurs de la nouvelle carte d’identité. Il n’a toutefois pas été en mesure de l’attester avec une preuve tangible.

«Je ne ressens pas le besoin de le prouver. Je réitère ce que j’ai dit devant une cour de justice sous serment. J’étais là le 6 mars en compagnie de plusieurs personnes quand le Premier ministre a donné ses empreintes digitales à l’officier de l’état civil», insiste Rao Ramah. Ce dernier a aussi tenu à préciser qu’il n’est plus le directeur du projet MNIS depuis fin octobre, date à laquelle le contrat de Rs 1,1 milliard entre le gouvernement mauricien et Singapore Cooperation Enterprise est arrivé à échéance. Avant cela, le handing over a été fait avec l’état civil qui, depuis, a pris la relève.

Parmi ceux qui ne sont pas encore détenteurs de la nouvelle carte d’identité figurent Paul Bérenger. Idem pour tous les membres du bureau politique du MMM qui ont reçu des instructions en ce sens.

Le leader du MMM, a eu recours à son ancienne carte d’identité pour le Nomination Day, lundi.

 

Le leader des Mauves dit attendre la fin du délai pour l’enregistrement, fixé au 31 décembre, pour prendre une décision. Tout en réitérant son affirmation que le projet MNIS, en général, n’est pas dramatique, l’ancien leader de l’opposition précise que le seul point de litige concerne le stockage des données dans un serveur central.

«Si demin lakour dir pena drwa, nou pou detrir server santral la. Si zizman dir gagn drwa ena enn server santral, mo pa krwar dimounn pou al ziska Privy council. Nou ava tir nou kart idantite me nou desizion pou sizet a rekour au Privy council», a déclaré Paul Bérenger à l’express, vendredi.

Le leader du Muvman Liberater, Ivan Collendavelloo, et celui du MSM, Pravind Jugnauth, ne détiennent pas non plus la carte biométrique.

Tout comme Paul Bérenger, Ivan Collendavelloo ne détient pas de carte biométrique.

 

Quant au leader du PMSD, il affirme qu’il s’est bel et bien fait enregistrer pour obtenir la nouvelle carte d’identité. Et ce, à l’époque où il était ministre. Mais il semblerait qu’il ait perdu cette carte. «Je ne la retrouve plus. Par contre, l’ancienne, qui est perforée, est là», a-t-il confié à l’express vendredi.

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