Législatives: qui surveille quoi?

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Dans une lettre adressée à l’Electoral Supervisory Commission (ESC) le 19 novembre, le syndicaliste Atma Shanto avait exprimé des inquiétudes quant au déroulement des élections et de la campagne. La réponse reçue vendredi est plutôt vague: «[...] the matter is receiving consideration by the Commission», a déclaré, en substance, l’ESC. Mais en quoi consiste cette «consideration» et que peut faire cette commission, ainsi que d’autres institutions, pour s’assurer qu’il n’y ait aucun abus pendant la campagne? Tour d’horizon.

«Vu les craintes exprimées dans notre missive, j’espère que le mot ‘consideration’ utilisé par la commission électorale indique qu’elle va mener une enquête», fait valoir Atma Shanto, de la Fédération des travailleurs unis (FTU). Cette enquête, dont l’existence n’a pu être confirmée auprès de la commission électorale, devrait déterminer si les élections se déroulent effectivement de manière free and fair.

«Une forme de corruption»

En attendant, que reproche Atma Shanto aux deux principaux blocs, en cette période de campagne électorale? Pour faire court, leur manière de faire en général. Les baz installées n’importe où, les bus que l’on loue pour attirer les foules aux congrès, la location de salles luxueuses pour les conférences de presse, les contrats alloués aux entrepreneurs chargés de coller les affiches... «Tout cela représente des dépenses qui dépassent de loin les limites autorisées par la Commission électorale», estime le syndicaliste. À noter que la limite en question est fixée à Rs 150 000 par candidat pour les partis politiques et à Rs 250 000 pour les indépendants.

Et qui s’assure que les règles sont respectées? D’autant plus que le commissaire électoral, Irfan Rahman et Yousouf Aboobaker, président de l’ESC, affirment, pour leur part, que ce n’est pas de leur ressort. «La loi nous autorise à ‘supervise the conduct of the general elections’, pas de ‘supervise the elections’. Il y a une différence», a déclaré Irfan Rahman dans une interview accordée à un hebdomadaire dimanche dernier. En gros, cela veut dire que l’ESC s’occupe de l’organisation des élections mais pas de les surveiller.

Pour ce qui est des pots-de-vin ou du dépassement du seuil des dépenses, ce sont des problèmes qu’il incombe à la police de résoudre. Quant au code de conduite qui interdit, entre autres, la mise sur pied des baz, il n’a pas force de loi. Raison pour laquelle ils pullulent actuellement à travers le pays.

Autre institution montrée du doigt par Atma Shanto: l’ICAC. «Il est clair pour tout le monde que les partis politiques sont financés par le secteur privé. Il s’agit pour moi d’une forme de corruption, ni plus, ni moins et l’ICAC devrait intevenir», estime le syndicaliste.

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