Les circonscriptions poudrières

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Les deux blocs en lice pour le scrutin du 10 décembre ont beaucoup à faire pour obtenir les faveurs de l’électorat. Surtout l’alliance PTr-MMM qui pourrait être en difficulté dans certaines régions.
 
Un 60-0 pour l’alliance PTr-MMM est-il toujours du domaine du possible? Non, à en croire les informations obtenues auprès des membres de ce bloc et du service de renseignement. Lequel aurait donné une majorité de 38 voix à l’alliance de l’Unité et de la Modernité, il y a à peine deux semaines. À 24 jours du scrutin, les deux principaux blocs dans la course électorale disposent déjà d’une liste des régions où leurs représentants risquent fort de mordre la poussière. 
 
Si le résultat dans beaucoup de circonscriptions demeure incertain, au n° 12 notamment, la tension est à son comble. En effet, le gendre du président de la République passe mal auprès de l’électorat rouge. Nombreux sont ceux qui voient en Ritish Ramful un «traître» qui a poignardé dans le dos le député sortant Vasant Bunwaree. Ce dernier l’ayant installé dans son comité de campagne et présenté ses principaux agents aux dernières législatives. 
 
De plus, les activistes travaillistes déplorent le fait que Ritish Ramful fasse cavalier seul en cette période cruciale, ce qui pourrait jouer en défaveur du candidat MMM Tony Apollon. Le protégé de Navin Ramgoolam est accusé de ne labourer le terrain que d’un côté spécifique de l’électorat. Avantageant du coup les candidats du MSM, en l’occurrence le bouillant Mahen Jhugroo qui veut pêcher dans le bassin des mécontents de l’alliance PTr-MMM, surtout ceux qui étaient pro-Vasant Bunwaree.
 
Et le remplacement, en cours de route, de trois candidats de l’alliance rougemauve, alors que leur présentation avait déjà été faite, n’arrange en rien les choses auprès des mécontents.
 
C’est ainsi qu’au n° 3, l’avocat Raouf Gulbul pourrait profiter du départ forcé d’Abdallah Goolamallee. L’ex-candidat rouge n’appartient pas au même courant religieux que la majorité des électeurs de cette circonscription, d’où le retour en grâce du député Shakeel Mohamed.
 
D’où, également, le remplacement de Jayshree Mohabeer au n° 8 par une ex-transfuge du MSM, Pratibha Bholah. Dans ce cas précis, il est reproché à la femme entrepreneur qui habite pourtant cette région de ne pas pratiquer les mêmes rites religieux que ses mandants, un argument également utilisé par l’alliance Lepep contre Raj Busgeeth au n° 5.
 
Indira Seeburn a, elle, été rappelée en renfort pour remplacer Rajendra Mungur au n° 10. Ce dernier a été remercié parce qu’il n’a pas obtenu le meilleur des accueils sur le terrain. L’ancienne ministre de la Femme n’a que trois semaines pour réactiver son réseau, ce qui n’est pas une sinécure. D’autant plus que les trois députés sortants de cette circonscription, à savoir Rajesh Jeetah, Cader Sayed-Hossen et Jim Seetaram, un ex-transfuge du MSM, n’ont pas obtenu de ticket. L’absence de ces trois ministres pourrait fort bien jouer en faveur des
candidats de l’alliance Lepep même si Paul Bérenger a présenté le candidat mauve Ajay Gunness comme le futur ministre de l’Éducation, voire de l’Enseignement supérieur.
 
Au sein de l’écurie rouge, l’on regrette amèrement l’absence de Christian Rivalland, le spin-doctor de Navin Ramgoolam. «S’il était encore en vie, jamais il n’y aurait eu ce genre de cafouillage», souffle, pour sa part, un membre de l’entourage de la direction mauve. Mais seuls les leaders décident et personne n’a le courage de faire preuve d’esprit de contradiction.
 
Dans les autres circonscriptions également, la joute semble serrée. Comme au n° 11. Malgré l’assise du fidèle lieutenant rouge Arvin Boolell, le MSM Mahen Seeruttun grignoterait sur son terrain. Tout comme sa colistière Sandhya Boygah. Le travailliste Sanjeev Ghurburrun, lui, est davantage perçu comme un gosse de riche coupé de la réalité de cette circonscription rurale.
 
Il y a bien la militante Sundee Beedassy mais le bagout de Prem Koonjoo, chassé du n° 5, pourrait plaire à l’électorat. C’est donc kif kif à Vieux-Grand-Port-Rose-Belle et l’alliance de l’Avenir et de la Modernité a bien intérêt à sortir l’artillerie lourde.
 
Au n° 6, le MSM Ashit Gungah et le travailliste Lormus Bundhoo seraient à armes égales. L’ancien Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, est pressenti pour être élu en tête de liste au n° 7. S’il y a un glissement de l’électorat, Vishnu Lutchmeenaraidoo pourrait alors être le deuxième élu de l’alliance Lepep.
 
Le MSM Bobby Hurreeram devra composer avec le MMM Madan Dulloo, déplacé du n° 6 au n° 12. Le maillon faible dans le groupe est le cousin de Xavier-Luc Duval, Thierry Henry. Tony Apollon ayant, en effet, l’avantage d’être un natif de Mahébourg.
 
Au n° 13, le technocrate Rama Sithanen est en mauvaise posture. Et le bruit court, au sein du MMM, qu’une partie de l’électorat souhaite qu’il morde la poussière afin que Reza Uteem soit propulsé ministre des Finances, étant déjà le futur responsable du dossier économique…
 
Au n° 14, le duel opposera définitivement la MSM Maya Hanoomanjee à l’architecte de l’alliance PTr-MMM, Alan Ganoo. Le leader adjoint mauve pourrait payer le prix de la campagne menée en solo par son ancienne colistière, Josique Radegonde. Laquelle serait en ballottage défavorable au n° 15.
 
Pour sa part, Nando Bodha, le secrétaire général du MSM, est certain de refaire son nid au n° 16. Tout comme la ministre Sheila Bappoo, qui dispose d’un bon réseau de centres communautaires où ses agents ont été postés par grappe.
 
L’alliance PTr-MMM est «confortable» au n° 17, sauf si Éric Guimbeau vient jouer les trouble-fête, ce qui va diviser les votes. Le n° 18 est surveillé de près : Xavier-Luc Duval et Roshi Bhadain de l’alliance Lepep ont la cote, poussant ainsi la travailliste Nita Deerpalsing à redoubler d’efforts. Kavi Ramano, lui, est assuré du soutien des militants.
 
Paul Bérenger reste indétrônable au n° 19. Mais les militants déçus de ses gymnastiques, dont ses écarts de langage et ses positions somme toute contradictoires sur certains sujets précis, pourraient les pousser à mettre une croix, sur leur bulletin de vote, à côté du nom de son ancien adjoint Ivan Collendavelloo, le seul qui a osé dire ce que beaucoup pensent tout bas.
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