Femmes agents: au four, au moulin et sur le terrain

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(Photo d'archives) Meetings des deux principaux blocs politiques, le 12 octobre. En cette période de campagne électorale, les femmes agents enchaînent les réunions et les meetings.

(Photo d'archives) Meetings des deux principaux blocs politiques, le 12 octobre. En cette période de campagne électorale, les femmes agents enchaînent les réunions et les meetings.

Derrière chaque politicien ou politicienne, il y a des femmes. Dans l’univers encore machiste des agents politiques, certaines parviennent à s’imposer. Elles n’hésitent pas à arpenter le terrain, quitte à prendre des coups… littéralement parlant.

A l'instar de Premita Gokul, qui travaille pour le MSM depuis 26 ans. Elle avoue qu’elle a déjà frôlé la mort en raison de ses activités politiques : «J’ai pris des coups lors des dernières élections générales. On les avait perdues et certaines personnes sont devenues folles.» Qu’à cela ne tienne, ce n’est pas cela qui va décourager cette activiste du parti soleil. Et si elle admet qu’elle pense souvent à cette mésaventure, elle continue malgré tout à faire du porte-à-porte le soir pour aider les candidats de son parti. Tout en étant à l’affut de toute actualité qui a trait à la politique, afin d’avoir toutes les cartes en main et s'en servir pour promouvoir le parti orange.

Dans le camp d’en face, nous rencontrons Marjolaine Joseph. Voilà 27 ans qu’elle défend, avec ferveur, les couleurs du Parti travailliste. Elle affirme qu’elle passe tant de temps sur le terrain que celui-ci n’a plus de secret pour elle. Et depuis que le coup d’envoi de la campagne électorale a été donné, elle enchaîne les réunions . Son rôle: «Nou al tir dimounn dan lakaz e nou asiste tou reinion.» Pour cette activiste rouge, il n’y a pas d’heure pour le travail: elle «mars lor koltar» à 1 ou 2 heures du matin. Car elle se doit de montrer l’exemple: «Beaucoup de femmes marchent avec moi. J’ai parlé à leurs époux pour qu’ils comprennent qu’il est important que les femmes soient sur le terrain», explique Marjolaine Joseph.

En effet, les femmes ont une place de choix sur le terrain, à en croire certains témoignages. Nathalie Gopee, agent PMSD, est d’avis que les gens sont plus respectueux envers une femme agent. «C’est plus facile pour une femme de les aborder.» Elle admet que malgré tout, certaines personnes peuvent se montrer brutales ou impolies. Mais «il suffit de les laisser parler, elles finiront par se calmer d’elles-mêmes».

Tout n’est cependant pas rose pour les femmes agents. Kim Mungly, par exemple, confie qu’elle a de la peine à s’imposer dans ce milieu où le machisme est prédominant. «Certains hommes ne voient pas d’un bon œil que les femmes aillent seules sur le terrain, ils disent qu’il faut qu’un homme nous accompagne.» Sans oublier les jaloux, ceux qui ont peur que les femmes aient «plus la cote» et qui trouvent qu’on met trop en avant la gent féminine.

Mais ces femmes agents continuent malgré tout à travailler. En attendant que les leaders finalisent les listes de candidats, elles labourent le terrain et enchaînent les réunions, histoire de rallier les partisans et de convertir les indécis à leur cause. Peu importe l’heure ou les dangers.

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